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Bovins
Mettre en place des relations positives avec ses animaux

À Landrais, Samuel Caillon bichonne des vaches laitières et ses veaux. Pour lui, si l'éleveur est bien, l'animal aussi... Et réciproquement.

Lorsque Samuel Caillon va voir ses vaches laitières dans les prairies, on ne peut pas dire qu'elles sont stressées... bien au contraire ! Elles avancent tranquillement vers lui et n'attendent qu'une chose : la séance de grattage ! Avec son gant à picots, il frotte ses vaches et elles aiment ça. Même s'il avait déjà une forte sensibilité au bien-être de ses animaux avant de passer en bio en mai 2018, cela s'est renforcé depuis que sa salariée Tifaine a été formée sur cette thématique avec la Frab. « Elle a participé à la formation en février et en avril. Par la suite, j'ai acheté des brosses (pour le bâtiment paillé), des gants à picots. » Les veaux, eux, ont des jouets, notamment des ballons percés afin qu'ils ne s'ennuient pas. Ils sont jeunes, donc curieux : le but est aussi de les exposer à des situations diverses et variées, comme le bruit, la texture afin qu'ils ne soient pas peureux. 

« L'investissement n'est pas énorme », tient à préciser l'éleveur bio.

Les veaux comme les vaches ont droit au gant à picots. Pour l'éleveur, « c'est top ». « Cela permet d'avoir une relation encore plus proche avec l'animal. On peut ainsi soigner une vache plus tranquillement », précise Marion Andreau, conseillère Élevage à la Frab, qui s'occupe de cette formation (lire encadré).

Le pâturage, des haies et l'agroforesterie

Pour Samuel Caillon, le bien-être de ses 50 vaches laitières (des croisées Prim'holstein Montbéliarde, Normande, Simmental) passe aussi par le pâturage. Elles ont un accès au champ toute l'année. D'ailleurs, les conditions météo lui ont permis dès le mois de janvier de les mettre dans les prairies à raison de quelques heures par jour. Il remarque que la production de lait augmente dès la mise au pâturage. « Grâce à des échanges de parcelles, des regroupements parcellaires mes vaches peuvent pâturer 27 ha en pâturage tournant », souligne l'éleveur qui est heureux de montrer les plantations de haies et d'arbres en agroforesterie interparcellaire réalisées depuis 5 ans. Sur 20 ha, 16 parcelles ont des lignes d'arbres. Entre chaque parcelle, on trouve une haie. Il travaille avec Prom'haies, qui collabore avec des entreprises privées. D'ailleurs certaines de ses haies ont été financées par Léa Nature ou Hennessy. 

« Les haies et les arbres offrent de nombreux avantages pour mes vaches, notamment comme coupe-vent et ombre l'été, mais aussi une source d'alimentation avec les feuilles. Certes, cela ne va pas les nourrir, mais c'est un complément. »

Se former sur la conduite alimentaire

L'alimentation est aussi un point central pour lui, en lien avec le bien-être animal. Il participe avec sa salariée à la formation Obsalim, sur la conduite alimentaire, basée sur l'observation. « Cela permet de sensibiliser aux signes extérieurs de la vache. On va regarder par exemple le poil, les yeux, les bouses, le nez, le comportement du troupeau. On compte aussi les ruminations. Si elle rumine bien, c'est signe de bonne santé », explique-t-il. Marion Andreau précise que cette méthode repose sur les mêmes principes que l'homéopathie. « On peut avoir des symptômes sur les animaux qui sont corrélés avec un excès ou un manque d'énergie, d'azote ou bien un changement de la fibrosité dans la ration. L'objectif est de proposer un réglage alimentaire sur le troupeau en l'observant. » Cette méthode ne fait pas de prévision de ration. « On regarde à un instant T, en fonction des changements apportés lors des dernières 48 heures C'est une méthode assez réactive », complète la conseillère. Par la suite, des ajustements peuvent être réalisés comme l'ordre de distribution du fourrage, les quantités, les horaires de distribution. Le principe est simple : tout est question d'équilibre. « Cette formation permet d'échanger avec les autres éleveurs, de voir d'autres bovins. Si la vache mange bien, elle se porte bien et va bien produire », indique Samuel Caillon, dont la production est de 6 000 L/vache/an. Il travaille avec Terra Lacta et fait aussi de la vente directe de lait avec sa femme qui l'a rejoint en début d'année sur l'exploitation.

Pour ses prairies, l'éleveur sème un mélange de légumineuses graminées, à base de luzerne, trèfle violet et ray-grass hybride, sous un couvert de méteil. Face au réchauffement climatique, il a souhaité avoir des prairies plus résistantes. Il a donc semé du dactyle, de la chicorée (très lactogène), du plantin (favorable à la digestion) et de la luzerne. « Et ça marche pas mal ! », reconnaît-il avec satisfaction. Il réalise ses semences de luzerne et de méteil, récupère des drèches à la brasserie bio Les Brasseurs Cueilleurs à Landrais, soit à 2 km de la ferme. Sur l'exploitation, zéro concentré acheté, tout est autoconsommé.

 

Le bien-être des animaux intéresse de plus en plus

Voilà maintenant 4 ans que cette formation sur le bien-être des animaux existe. Elle est dispensée par Pauline Garcia, comportementaliste en bovin, caprin et équin, elle-même éleveuse de Salers et d'Aubrac dans le Cantal. " L'objectif est de donner des approches pour développer des techniques, des méthodes un peu éducatives pour avoir des troupeaux plus calmes, plus coopératifs. Cela signifie revenir à des fondamentaux sur le fonctionnement des sens chez les bovins. En passant par leur bien-être à eux, cela amène un confort de travail pour l'éleveur ", explique Marion Andreau de la Frab (fédération régionale agriculture biologique).

Si au début la conseillère avait peu de participants, ce n'est plus le cas maintenant. Le public est diversifié : femmes, hommes, jeunes, moins jeunes. Certains viennent par curiosité, ont eu des expériences négatives avec des troupeaux assez vifs, d'autres viennent avec une réflexion sur le confort au travail. Parmi les participants, on trouve aussi des éleveurs qui concourent et sont sensibles à l'éducation des animaux. " C'est aussi un argument commercial supplémentaire d'avoir des animaux calmes. "

Depuis quelques temps, la conseillère note une tendance : la présence de salarié(e)s novices en élevage, notamment des jeunes femmes. Pour la conseillère, c'est une bonne entrée en matière pour maintenir ou conforter ce public-là dans leur choix de travailler sur des exploitations. Ce succès reflète aussi l'évolution de l'état d'esprit des éleveurs.

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