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Canicule
Face aux rythmes agricoles bouleversés, adaptation et inquiétudes

Le lundi 18 juillet, un nouveau pic de chaleur intense a frappé la façade Atlantique. Éleveurs et cultivateurs s’adaptent, mais jusqu’à quand ?

© Chloe Poitau

Mi-juin n’était finalement qu’une répétition générale. Un mois pile après, une nouvelle canicule a frappé l’ouest de la France le 18 juillet. Les Deux-Sèvres n’y ont pas échappé, avec des températures atteignant localement 41 °C. Anormalement nombreux cet été, d’autres feux d’espaces naturels sont venus allonger la liste, avec notamment les incendies impressionnants de Mauléon et Bressuire, le 18 juillet toujours, où 205 ha sont partis en fumée et des habitations ont dû être évacuées.

Aménagements nécessaires

Dans les exploitations, éleveurs et animaux sont mis à rude épreuve. « On voit bien que les chèvres ne font pas les folles comme d’habitude, a noté Séverine Le Pigeon, de la ferme Loujeanne à Brûlain. Une fois leur ration ingérée, ses 160 Alpines s’allongent.

Si la canicule de juin s’est accompagnée d’une rupture du groupe froid de la ferme, celle de juillet s’est déroulée avec moins de tracas : « En juin, un élément du groupe froid, en plastique, a fondu, on a dû jeter au fumier des centaines de fromages. Les assureurs sont débordés avec ces types de problèmes. En attendant, on a investi pour protéger notre groupe froid avec des pièces plus résistantes à la chaleur. Sinon, les animaux ont maintenu leur rendement et qualité de lait. On leur a apporté des bassines d’eau (les tuyaux et abreuvoirs étant brûlants) qu’on changeait toutes les deux heures. Les ventilateurs et extracteurs d’air installés dans le bâtiment ont fait leur job ».

On veut installer des gens, mais on ne pourra pas le faire sans eau, estime Stéphane Juin, maraîcher aux Saveurs de Gâtine à Secondigny

Séverine, qui aimerait à terme faire sortir ses chèvres au pré, s’interroge sur la pertinence de le faire avec ces chaleurs : « Dans ces cas-là, je pense qu’elles sont mieux en bâtiment », témoigne l’éleveuse, qui se renseigne en parallèle sur l’installation de brumisateurs.

Le végétal en mode survie

Si les chaleurs ont pu impacter les rendements des moissons, elles mettent aussi en péril les cultures de printemps. Avec des pics autour de 40 °C, même le maïs et le tournesol souffrent. Le bulletin irrigation de la chambre d’agriculture le précise : « Le maïs freine sa croissance dès 31 °C. À 40 °C, la croissance s’arrête et l’évapotranspiration est nettement plus élevée ».

Autres cultures, autres souffrances. Stéphane Juin, maraîcher depuis 2007 à Secondigny compose comme il peut avec le climat : « Je dois faire des choix dans mes cultures. Mon étang n’a jamais été aussi bas aussi tôt, le vent séchant n’arrange rien, j’ai donc arrêté d’arroser les pommes de terre. Les tomates, haricots et d’autres s’abîment : on perd en qualité et en calibre. Il y a aussi plus de ravageurs, et pas de protection assurantielle ou d’indemnités en face de ces aléas. On est en première ligne face au changement climatique. On veut installer des gens, mais on ne pourra pas le faire sans eau ».

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