Aller au contenu principal

Cessation d'activité
La transmission, il n’est jamais trop tôt pour s’en préoccuper

Chambre d’agriculture, Jurifor, Civam : ces organismes proposent des sessions pour préparer au mieux les agriculteurs à transmettre leur patrimoine. Le processus prend du temps, autant anticiper bien avant la retraite.

Lors d’une rencontre Civam en juin, Damien Merceron (au bout de la table en noir) guide un groupe de cédants dans l’estimation de leur patrimoine.
© Chloé Poitau

« Sur l’ex Poitou-Charentes, selon Vivéa, 54% des exploitants ont plus de 50 ans et 17% plus de 60 », pose d’emblée Anne-Laure Lenoir, chargée de mission chez Jurifor, l’organisme de formation créé en 2011 par l’union des Fnsea départementales de Nouvelle-Aquitaine. Face à ce constat, le besoin de préparer la transmission des fermes n’a jamais été aussi criant.

Et de nombreux acteurs du monde agricole insistent sur la nécessité d’anticiper les choses, de mûrir sa réflexion, lever les blocages, rencontrer différents repreneurs et envisager plusieurs solutions. « Notre formation annuelle (dates en encadré) se fait ainsi en plusieurs rencontres, en petits groupes de 12-14 personnes, afin de favoriser l’échange sur tous les sujets : fiscaux, sociaux, fonciers, juridiques, psychologiques, etc.

L’idée est que les futurs retraités comprennent qu’il y a tout un tas d’étapes à planifier dans le temps et qu’ils ne se retrouvent pas au pied du mur lors de leur cessation d’activité ». Jurifor propose des formations en Nouvelle-Aquitaine et Centre Val de Loire essentiellement, mais aussi nationalement. Le module « transmission », dont le coût est entièrement pris en charge par Vivéa, est dispensé en Deux-Sèvres depuis trois ans et « nul doute qu’il va prendre de l’ampleur » face à la population vieillissante des exploitants agricoles, certifie la chargée de mission.

Evaluer et promouvoir sa ferme

A la chambre d’agriculture 17-79, des temps dédiés à la transmission sont aussi organisés chaque année (dates en encadré) pour accompagner les agriculteurs dans cette phase délicate à multiples enjeux. Des enjeux qui se sont complexifiés au fil du temps, selon Anne-Laure Lenoir : « on transmet de moins en moins à ses enfants, il s’agit donc de promouvoir sa ferme auprès d’inconnus ».

Conseiller en investissement financier chez DM Conseils, Damien Merceron ne renie pas ce dernier point. En tant qu’intervenant pour le Civam Haut-Bocage lors de rencontres transmission, mais aussi dans le cadre de son activité indépendante, il aide les agriculteurs à estimer la valeur de leur patrimoine : « Il faut repérer les atouts que peuvent avoir une ferme et son environnement pour des repreneurs qui n’auront probablement pas du tout le même projet. Cela nécessite aussi de distinguer les différentes valeurs des biens : actuelle, comptable et économique ».

« On transmet de moins en moins à ses enfants, il s’agit donc de promouvoir sa ferme auprès d’inconnus », pointe Anne-Laure Lenoir, de Jurifor.

Valeur affective

En agriculture se surimpose un autre questionnement : faut-il quitter la maison où l’on vit ? Sièges d’exploitation et maison d’habitation sont souvent localisés au même endroit. Toutes les formations transmission convergent vers la même idée : partir et faire une vraie coupure lève des freins chez les repreneurs.

« Là encore la décision ne se prend pas en deux heures, souligne Damien Merceron. Tout un éventail de dispositifs peut en tout cas accompagner la transition : emprunts (les taux étant en plus très bas en ce moment), vente à terme avec prêt entre particuliers, portage financier… ».

Les formations prennent en compte ces aspects d’ordre plus psychologique, le Civam Haut-Bocage ayant même consacré une de ses rencontres thématiques Transmission aux échanges avec un psychologue. La clé d’une transmission réussie réside dans la parole et le temps. Alors autant s’y prendre vraiment en amont : cinq à dix ans avant la retraite restant le meilleur timing.

Des dates de formations à venir

Jurifor : à Parthenay le 25 novembre, le 2 et le 9 décembre. A Prahecq le 2, le 9 et le 12 décembre.
Contact et inscription : Christelle Nicodème, 0549771668 christelle.nicodeme@as-pc.fr
Chambre agriculture : à Bressuire les 4,18 ,25 novembre et 2, 9,16 décembre. A Vouillé les 9, 16, 23, 30 novembre et 7,14 décembre. A Parthenay les 4, 11, 18, 25 janvier et 1, 8 février. A Thouars : 6, 13, 20, 27 janvier et 3,10 février. A Saintes (17) les 6, 13, 20, 27 janvier et les 3, 10 février.
Contact et inscription : Rachel Pons, 05 46 50 95 01 formatoin@charente-maritime.chambagri.fr
Civam Haut-Bocage : Transformer sa ferme d’élevage en ferme de production végétale, le 14 décembre, lieu à définir, inscription au 06 40 59 19 25.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

L'atelier des 6 Vallées réunit des producteurs de la Vienne et des Deux-Sèvres.
L'Atelier des Vallées prend forme
L'atelier collectif de découpe et de transformation de produits locaux des Vallées devrait voir le jour début 2026 à Coulombiers…
Les membres du syndicat de la race Limousine des Deux-Sèvres ont acté une présidence partagée entre Bruno Valadeau et Killian Girault.
Deux présidents pour la Limousine

La présidence du syndicat deux-sévrien de la Limousine est désormais partagée entre Bruno Valadeau et Killian Girault, un…

Laurette Didière vient de créer son agence Charentes In Flow.
Découverte touristique sur-mesure des Charentes
Laurette Didière créé une agence de tourisme réceptive : Charentes In Flow.
Baptiste Conreaux amène les commandes de fruits, légumes, jus et œufs à la porte de ses clients.
Des produits locaux livrés à domicile

Si la demande de livraison de fruits et légumes locaux était forte pendant la crise sanitaire, elle s'est bien estompée ces…

La Chambre d'agriculture de Charente (représentée par son président Christian Daniau) a porté le dossier pour tout le Poitou-Charentes. Aux manettes : le service Environnement, dirigé par Audrey Triniol.
La MAEC zone intermédiaire financée en intégralité
Tous les agriculteurs éligibles à la mesure agro-environnementale et climatique "zone intermédiaire en Poitou-Charentes", qui en…
Guillaume Roux et Cassandra Bœuf veillent sur leurs escargots.
Nouveaux anges gardiens pour les cagouilles
Cassandra Bœuf et Guillaume Roux ont repris la Cagouille charentaise, à Mons. L'exploitation hélicicole va déménager dans les…
Publicité