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Les secrets du changement climatique 7/12
Vagues de chaleur : de plus en plus fréquentes ?

Il y a quelques jours à peine, notre pays - et tout particulièrement la Nouvelle-Aquitaine - suffoquait sous sa deuxième vague de chaleur (voir définition) de l'année. L'occasion de faire un point sur ces phénomènes. Et aussi de répondre à quelques questions sur leur évolution passée et à venir, ainsi que sur leurs conséquences pour l'agriculture régionale.

Vagues de chaleur : plus fréquentes qu'autrefois ?→

Assurément, les épisodes chauds sont plus nombreux, et ce quelle que soit la façon de compter ! Depuis 1947 (début du dénombrement de ces phénomènes), la France a connu 51 vagues de chaleur. Mais celles-ci sont clairement devenues de plus en plus fréquentes. En effet, jusque dans les années 1970, le nombre de vagues de chaleur en France n'a pas dépassé 2 par décennie, alors que depuis les années 2010 il frise la vingtaine par décennie, soit une multiplication par presque 10 ! Si le décompte est fait en nombre de jours en vague de chaleur (une vague de chaleur comptant 3 jours ou plus suivant la durée du phénomène), l'évolution n'est pas moins impressionnante : notre pays est passé de 8 jours en vague de chaleur dans les années 1950 (donc moins de 1 jour par an en moyenne) à 102 jours dans les années 2010, et même 141 jours entre 2016 et 2025 (donc 14 jours par an en moyenne). Ainsi, non seulement les vagues de chaleur sont de plus en plus nombreuses, mais elles sont également de plus en plus longues !

Et à l'avenir ?

Ce sont les modélisations climatiques qui nous permettent de répondre à cette question. Les vagues de chaleur vont hélas devenir de plus en plus fréquentes. Et pas qu'un peu ! En 2050 (avec un réchauffement en France estimé à + 2,7 °C), le nombre de jours de vague de chaleur en France sera multiplié par 5 par rapport à la fin du XXe siècle. Et en 2100 (avec un réchauffement en France estimé à + 4,0°C), il sera multiplié par 10. À cet horizon de temps, il n'y aura plus aucun été sans vague de chaleur dans notre pays, et celles-ci pourront apparaître dès le mois de mai, et survenir jusqu'au mois d'octobre. Ce qui dessine des saisons estivales extrêmement chaudes, au sujet desquelles on s'interroge évidemment sur la nature de l'activité agricole.

Quelles solutions pour l'agriculture ?

Ces très hautes températures - jusqu'à présent occasionnelles, mais à l'avenir de plus en plus fréquentes - sont extrêmement préjudiciables à la production agricole, en tout cas en l'état actuel de notre panel de productions régionales. Avortements d'organes floraux, blocage du remplissage des grains, blocage de la photosynthèse, grillure des feuilles, altération de la qualité gustative des fruits : les impacts négatifs des hautes températures sont nombreux et déjà bien connus des agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine. Alors comment faire à l'avenir si les vagues de chaleur deviennent quasi-systématiques à la "belle saison" ?

Les réponses dépendent du type de culture considéré. Pour les cultures annuelles d'hiver (blé, colza...), la meilleure parade consistera à éviter la période où les vagues de chaleur peuvent apparaître (principalement de juin à septembre), en tardifiant les semis et en raccourcissant les cycles culturaux par l'adoption de variétés à cycle court. Pour les cultures annuelles de printemps et d'été (maïs, tournesol, maraîchage), l'évitement ne sera évidemment pas possible. Il ne restera que l'utilisation de nouvelles variétés tolérantes aux températures très élevées. Mais il est peu probable que les généticiens parviennent à des résultats significatifs pour les températures supérieures à 35°C. Enfin, pour les arbres fruitiers, c'est probablement à un remplacement progressif des espèces que l'on assistera, certaines d'entre elles étant réputées pour leur tolérance aux hautes températures, comme le pistachier par exemple. À quiconque trouverait ces évolutions agricoles inenvisageables, rappelons qu'un réchauffement de + 2,7°C en France (envisagé en 2050) apparaît quasiment inévitable compte tenu des trajectoires probables d'émissions de gaz à effet de serre. Par contre, un réchauffement à + 4,0°C en France (envisagé en 2100) est encore évitable, à condition que nous réduisions comme il se doit nos émissions de gaz à effet de serre.

 

Soyons précis

Une vague de chaleur est une période d'au moins trois jours consécutifs, pendant lesquels la température moyenne journalière (Température moyenne journalière : moyenne de la température sur l'ensemble d'une journée (24 h)) sur l'ensemble de notre pays atteint au moins une fois 25,3°C et ne redescend pas en dessous de 23,4°C.

 

Retrouvez les autres épisodes de cette série dans notre dossier

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