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Les secrets du changement climatique 10/12
Températures en 2100 : un petit air de tango...

Soja, arachide, olivier,... Ces dernières années, les campagnes de Nouvelle-Aquitaine ont vu apparaître de nouvelles cultures, jusqu'à présent réservées à des climats plus chauds que le nôtre. Certes, ces nouvelles espèces restent encore confidentielles, "essayées" sous forme de tests sur des surfaces limitées. Mais elles témoignent bien de la volonté de certains agriculteurs et agricultrices d'identifier des cultures compatibles avec le climat plus chaud qui prévaudra demain dans leur territoire.

Ces essais sont-ils prématurés ? Le réchauffement à venir sera-t-il suffisant pour autoriser dans la durée de telles productions ? Une façon de répondre - au moins partiellement - à cette question consiste à comparer les températures attendues à la fin du siècle en différents lieux de notre région, aux températures historiquement observées dans des localisations beaucoup plus méridionales, à savoir en Espagne.

Biarritz "proche" de Valence en 2100 !

Le résultat obtenu est tout à fait instructif. Historiquement (en moyenne sur les années 1981 à 2010), Poitiers, Bordeaux et Biarritz connaissaient des températures moyennes annuelles respectivement de 11,9°C, 13,7°C et 14,6°C, gamme représentant assez complètement les valeurs rencontrées dans les plaines de notre région à cette période. À la fin du 21e siècle et compte tenu des perspectives d'émissions de gaz à effet de serre dans le monde (trajectoire dite "TRACC", recommandée par Météo France pour ce type d'analyse), les températures moyennes annuelles atteindront 15°C à Poitiers, 16,4°C à Bordeaux, et 17,2°C à Biarritz. Des valeurs qui chevauchent en partie la plage de température moyenne annuelle que l'on rencontrait historiquement entre Saragosse et Valence.

Que signifie un tel résultat, quant à la possibilité de nouvelles cultures évoquées plus haut ? Il confirme que le réchauffement va se poursuivre, et que l'augmentation attendue de température d'ici la fin du siècle correspond à un déplacement vers le sud de plusieurs centaines de kilomètres.

Mais pour analyser finement la possibilité de cultiver du soja, de l'arachide ou de l'olivier au cours des prochaines décennies dans notre région, ce seul résultat n'est pas suffisant.

Doit notamment être étudiée, l'évolution à venir des gelées (en termes d'intensité et de date d'apparition), les phénomènes gélifs étant vite rédhibitoires pour la faisabilité des cultures originaires des régions chaudes. Doit également être caractérisée l'évolution des conditions hydriques, qui conditionneront largement le rendement des cultures envisagées.

Une première image non suffisante

L'analyse des températures moyennes annuelles à venir nous donne donc une première image - intéressante mais non suffisante - de l'ampleur du réchauffement à attendre en un lieu donné. Pour accompagner un agriculteur intéressé par de nouvelles cultures dans son territoire, l'analyse de l'évolution climatique doit aller plus loin, au moyen d'indicateurs propres à chacune des espèces envisagées. Les conseillers agricoles des Chambres d'agriculture de la région ont été formés à ces méthodes d'analyse, et peuvent donc être sollicités par les agriculteurs à cette fin.

Essais terrain et modélisations climatiques : la bonne recette

Retenons que, si les essais terrain demeurent indispensables pour confirmer définitivement la faisabilité d'une nouvelle culture en un lieu donné, l'analyse fine des projections climatiques fournit une première prospective qui éclaire - à l'échelle locale - la viabilité à venir d'un grand nombre de productions agricoles, non encore cultivées en région. Combiner ces deux approches, c'est la bonne recette pour l'adaptation au changement climatique !

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