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Réunis sur les ronds-points, ils dénoncent ce qui ne tourne pas rond

Les ronds-points sont devenus les lieux stratégiques accueillant la contestation agricole depuis la semaine dernière. Tracteurs et agriculteurs à bout y ont pris place. Les citoyens et les décideurs n'ont pas pu passer à côté des messages qui leur étaient adressés.

© Chloe Poitau

s le 23 janvier, la Fnsea 79 et JA 79 avaient invité les agriculteurs à rejoindre six ronds-points de Niort. Opérant une pause jeudi dernier, ils ont remis le couvert les 30 et 31 janvier à Melle, Champdeniers et Bressuire, estimant les annonces faites par le gouvernement insuffisantes.

Lire aussi : La mobilisation agricole s'étend en Poitou-Charentes

Trop de problèmes

À Melle comme ailleurs, beaucoup de non-syndiqués, pas coutumiers des "manifs", ont rejoint le mouvement ". "Trop, c'est trop", témoignent Gaylord et Pamela Sarrazin, éleveurs de canards gras à Rom, avant d'ajouter : "Chaque jour, c'est dix courriers dans la boîte aux lettres, et que des problèmes. C'est pareil dans toutes les productions".

À Bressuire, plusieurs gérants d'ETA sont présents, une pancarte affichant à leurs côtés "Agri, ETA, même combat". "Le prix du GNR, on le sent passer, indique l'un d'entre eux. Et la baisse du nombre d'agriculteurs aussi, ce sont nos clients "!

Des œufs portugais pour fabriquer des brioches vendéennes

Les manifestants ont, en plus de distribuer des tracts résumant leurs revendications, été particulièrement attentifs aux provenances des camions transportant des denrées alimentaires.

"On a vu des choses aberrantes, comme des œufs venus du Portugal pour entrer dans la composition de brioches en Vendée", témoigne-t-on à Bressuire. Des camions avec des porcs allemands ont aussi été croisés. Pour les agriculteurs présents, cela traduit le manque d'élevages porcins sur les territoires locaux, mais aussi combien les projets d'élevage de grande ampleur, qui pourraient répondre à la demande, sont durs à mener et à faire accepter.

Démoralisés par les promesses non tenues

Le discours de Gabriel Attal, mardi après-midi, n'a pas fait mouche chez les agriculteurs, épuisés par les promesses pas ou mal tenues.

Victor Charles, installé avec 80 vaches laitières à Périgné le résume au micro, à Melle : "Un an après mon installation, nous avons perdu l'ICHN. Les élus nous ont promis de nous soutenir. Nous sommes en 2024, et on nous a laissé à l'abandon. Le projet des réserves de substitution n'est pas réalisé, il est source de tensions. On nous a imposé des ZNT, on a durci Natura 2000. On nous a laissé les contraintes, sans proposer de solutions. Je suis juste déçu".

Syndiqués et non-syndiqués mobilisés

Le mouvement agricole est généralisé et rejoint par l'ensemble des syndicats. La Confédération paysanne des Deux-Sèvres s'est rendue à la sous-préfecture de Bressuire, le 29 janvier. Ses représentants ont remonté les doléances récoltées lors d'un regroupement préalable, auprès d'une soixantaine d'agriculteurs, syndiqués ou non. "Les revendications se rejoignent autour de la simplification administrative, pour laquelle le gouvernement a déjà engagé des réponses, résume le porte-parole Benoît Jaunet. La place du revenu est aussi au centre des préoccupations". Le syndicat réclame l'arrêt des accords de libre-échange, qui "empêchent de rémunérer [les agriculteurs français] au juste prix" et l'interdiction de l'achat de produits agricoles en dessous de leur prix de revient. "Egalim doit aller plus loin, avec une réglementation plus stricte, précise le porte-parole. L'augmentation de notre revenu ne doit pas se faire sur le dos des consommateurs, ajoute-t-il, visant les intermédiaires transformateurs et distributeurs, et ne doit pas non plus être aux dépens de l'environnement". La Confédération paysanne plaide pour une convergence des différents syndicats pour trouver une position commune sur ces points. Les actions se sont poursuivies mardi, par un rassemblement sur la place Notre-Dame de Bressuire et mercredi matin, où le syndicat a occupé le rond-point d'Hyper U à Parthenay. La Coordination rurale 79 a quant à elle rassemblé ses forces autour du rond-point sud de Parthenay, pour une opération de barrage filtrant, lundi 29 à la mi-journée. Le syndicat avait été reçu à la préfecture de Niort le 25 janvier, devant laquelle plusieurs tracteurs avaient été stationnés. Le président Michel Germond se dit solidaire de ses collègues arrivés à Paris. La Coordination rurale réclame la sortie des traités de libre-échange, l'application réelle des clauses miroirs, l'arrêt de la surtransposition des normes et la régulation des marchés européens.      M. G.

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