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Influenza aviaire
Oubliés des aides : « On monte des dossiers tous les mois pour rien »

Les conséquences de la grippe aviaire n’en finissent pas de se faire sentir.

Les élevages de canards tardent à reprendre, faute de canetons. Certains ont reçu en attendant des canes, ce qui implique des différences dans la production.
© Y. Kerveno

En aviculture, la reprise de l’activité n’est pas uniforme. Certains volaillers n’ont des perspectives que très lointaines de remplissage de bandes, et peu de visibilité sur la concrétisation des aides. C’est le cas des gaveurs et pré-gaveurs de canards, qui font face à une pénurie de canetons.

« Nous sommes à l’arrêt depuis mars, et sans possibilité de reprendre avant plusieurs mois, évoque Marie-Christine Bernardin, gaveuse à St Martin de Sanxay. Je suis à deux ans de la retraite, un jeune voulait reprendre la ferme, on a tout mis en stand-by. On a reçu une aide sociale de 300€ de la MSA, sans savoir à quoi ça se rattache, ni si elle sera reconduite ».

Lire aussi : Influenza aviaire : de meilleures indemnisations à suivre, de nombreuses échéances à noter

Quid du RSA dérogatoire ?

Sylviane Landeau, salariée du RESA* alerte sur les volaillers qui, à l’instar de Marie-Christine, passent sous les radars des aides : « Le conseil départemental a annoncé un RSA dérogatoire, mais certains dossiers restent bloqués ».

Dans le cas des Bernardin, les ressources du foyer n’ont pas été neutralisées, comme le prévoyait ce RSA spécial, car le mari de Marie-Christine touche une pension de retraite agricole. « Au final, il y a des gens en souffrance sans revenus ni activité depuis six mois, et qui relancent la MSA et le conseil départemental (CD) sans succès ! ».

Contacté, le conseil départemental a répondu que la plupart des aviculteurs impacté par l’influenza a bénéficié du dispositif consistant au versement du RSA pendant trois mois (598 €/mois pour une personne seule, variable ensuite selon la composition familiale).

Un réexamen d'une dizaine de dossiers, en raison des revenus des foyers, a permis de clarifier déjà des situations. Les exploitants concernés ont été informés par la MSA de leur éligibilité au RSA. 

Marie-Christine Bernardin, elle, reste impuissante face à l’absurdité des faits : « On monte des dossiers tous les mois pour rien, on paye des comptables pour nous aider à le faire en plus. Si on veut une relève demain en agriculture, il faut être à l’écoute des agriculteurs d’aujourd’hui. Il y a trop de formulaires informatiques, trop de cases où on ne rentre pas. Ma colère, elle est là ».

Au final, il y a des gens en souffrance sans revenus ni activité depuis six mois, et qui relancent la MSA et le conseil départemental (CD) sans succès ! 

* Réseau d'écoute et de solidarité en agriculture.

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