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Miniatures agricoles : petite échelle mais grande passion

À l’approche de Noël, les concessions de matériels agricoles mettent les jouets à l’honneur sous le sapin. Les tracteurs et machines miniatures constituent un cadeau recherché pour les enfants certes, mais surtout pour les adultes !

Plusieurs sortes de miniatures cohabitent : au premier plan, une miniature standard ; au second, sa version limitée, plus chère, avec pot chromé. Au fond de l’image, un tracteur Bruder, plus solide, pour les enfants.
© CH.P.

Magasinier à l’agence Ballanger Claas de Mazières-en-Gâtine, Kevin Pot n’avait pas d’attrait particulier pour les miniatures. Mais au contact de sa clientèle passionnée, le jeune vendeur s’est pris au jeu. « J’en ai trois ou quatre maintenant et ça a l’air contagieux : ma demi-sœur commence à s’y intéresser ».
 

Des jouets de grands
 

Dans le magasin Ballanger, que des miniatures Claas – « les plus demandées du marché », certifie-t-il –, et pour tous les goûts : « Il y a plusieurs degrés de finition selon les fabricants », explique-t-il. Marge Modeles, Siku ou Wiking sont les marques de référence du milieu. À la concession Migaud de Celles-sur-Belle, on les retrouve aussi, proposant cette fois-ci des modèles réduits de Case IH. « Nous commercialisons aussi des modèles plus gros (généralement de la marque Bruder), ou à pédales. C’est moins fragile pour les enfants », note Victorien Griseau, qui tient le magasin.

Si les concessions offrent parfois des miniatures en cadeau lors de l’achat d’une machine en taille réelle, ces répliques sont surtout un marché florissant, qui prend de l’ampleur chez les jeunes actifs. Les éditions limitées sont particulièrement recherchées. « Parfois, les fabricants lancent un modèle à seulement quelques centaines d’exemplaires au niveau mondial. Je connais des clients qui se lèvent à 5 h du matin pour les obtenir », raconte Kevin.

Il faut être initié pour connaître la différence entre un modèle normal (autour d’une cinquantaine d’euros) et une édition limitée (plusieurs centaines d’euros) : « Dans le cas de ce tracteur Arion, le modèle d’exception est reconnaissable à son pot chromé, donne en exemple le magasinier. Le numéro inscrit sur le tracteur, aussi, n’est pas le même : 660, au lieu de 650 sur le modèle standard ».
 

Tombé dedans quand il était petit

© Fabyan Moine

 

Ce genre de détails, Fabyan Moine, ouvrier agricole à Matha (17), est en capacité d’y faire attention. « Dès mes cinq ans, j’étais passionné de miniatures. J’ai laissé ça de côté à l’adolescence mais c’est revenu à plein il y a quatre ans ». Fabyan est ainsi devenu collectionneur, un de ceux qui poussent loin la passion : « Je vais jusqu’à faire faire certains modèles à des artisans qui ont des mains d’or et qui peuvent retranscrire tous les détails de la machine réelle. Je fais surtout ça pour les outils du sol et les bennes ».

Fan de Claas et de « tout ce qui est à chenilles », Fabyan garde pour l’instant sa collection en boîte, mais compte dédier une pièce de sa maison à celle-ci dès qu’il sera propriétaire. Il reste en veille sur les modèles échelle 1/32 qui sortent, et s’autorise quelques achats pas toujours très raisonnables, dès lors qu’un prototype a une réelle plus-value à rejoindre ses vitrines. Cet art de la collection, semblable à ceux qui remplissent leurs intérieurs de tableaux d’artistes, Fabyan y est venu par lui-même, mais il n’est pas le seul à l’expérimenter (lire encadré) : « Mon père était chef de culture, je lui offre parfois une miniature, en souvenir de son métier. Proche de chez moi, je connais une vingtaine de personnes qui collectionnent » !

 

Toute une communauté de collectionneurs

La famille des passionnés de miniatures est plutôt en expansion, en tout cas du point de vue du magasin Claas de Mazières, qui voit ses ventes évoluer à la hausse depuis quelques années. Elle constitue en tout cas une vraie communauté, qui se retrouve lors de salons (celui de Chartres par exemple, photo ci-contre). Localement, l’exposition « L’agriculture en miniatures », à Exoudun, donne la part belle aux dioramas, ces reconstitutions complètes d’environnements et paysages agricoles, dans lesquelles sont intégrées les machines réduites.

Internet booste aussi l’engouement : « De nombreux groupes Facebook nous permettent de discuter, d’échanger ou vendre nos modèles », expose Fabyan Moine (au centre de la photo), lui-même animateur de la page « Miniature passion 1 32 ». Certains vont même jusqu’à la spéculation, acquérant des modèles dans l’idée de les revendre plus tard, une fois qu’ils ont pris plus de valeur.
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