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Les zones intermédiaires s'invitent au Sia

Le Crédit Agricole de la Touraine et du Poitou proposait lundi une table ronde au Sia, sur les zones intermédiaires.

Comme une vingtaine d'autres départements, la Vienne fait partie des "zones intermédiaires", une bande diagonale en France, qui va de la Charente-Maritime à la Lorraine. Dans ce territoire,  les conditions agronomiques sont peu favorables. "Avec l'évolution du climat, la hausse des charges, la situation se complique " estime Odet Triquet. Le président de la caisse régionale de la Touraine et du Poitou ajoute que "si la Pac peut apporter des choses aux zones intermédiaires, tant mieux, mais c'est aussi à nous, OPA de trouver des solutions. Aide-toi, et le ciel t'aidera". C'est ce qui a poussé la banque à se pencher sur le sujet, avec une réunion qui s'est tenue il y a quelques jours en Touraine, et une table ronde organisée au Salon de l'agriculture, avec David Boutillier, directeur de l'Agriculture du groupe Crédit Agricole, Denis Raguin, éleveur à la coopérative de la Laiterie de Verneuil,  Frédéric Cadieu, président de la FRCuma Centre Val de Loire, Benjamin Bichon, directeur de la Tricherie, et Philippe Largeau, président de la FNEDT et EDT dans la Vienne. "Dans les zones intermédiaires, ça a toujours été dur agronomiquement, et les aléas climatiques rajoutent des problèmes. Depuis 2016, c'est compliqué presque tous les ans" estime Benjamin Bichon, qui rappelle que la Tricherie a justement fait le choix d'aller sur les "céréales premium" pour la valorisation qu'elles permettent. "Il faut évidemment mettre en place des partenariats avec l'aval. Les primes filières représentant +10 à +12% de rémunération en plus pour les céréaliers". Et d'ajouter que ce choix permet aussi de se couper des variations des marchés internationaux. De son côté, Philippe Largeau rappelle que les charges de mécanisation sont très élevées, et que le recours aux EDT peut être une solution pour baisser ses coûts de production. "Les prix du matériel agricole a augmenté de 40 % en 5 ans, et je ne pense pas qu'il va descendre". Alors qu'acheter un tracteur est parfois vu comme un moyen de défiscaliser ou se fait par goût du machinisme et des nouvelles technologiques (qui progressent très vite dans ce secteur), il se demande "quel métier, en dehors de l'agriculture, investit autant dans du matériel qui ne sert que 2 mois par an?". À un moment où l'élevage, qui se porte actuellement bien mieux que les céréales, est souvent cité comme solution dans ces zones intermédiaires, plusieurs éleveurs présents à la table ronde sont intervenus. "La production d'énergie peut aussi être un moyen de ramener de l'économie. Ça ne vient pas en concurrence de l'élevage, mais c'est complémentaire" estime Laurent Lambert, éleveur à Jaunay-Marigny, qui a des panneaux photovoltaïques et une unité de méthanisation sur son exploitation laitière. "Ça permet d'allonger les rotations et de diminuer les produits phytosanitaires." Lui qui fait du lait, des céréales et des semences estime aussi que c'est aussi cette diversification qui permet un maintien de son EBE. Patrick Soury, éleveur ovin en Charente et président du GIE ovin rappelle, lui, que "les marchés restent ouverts. Il faut répondre aux besoins. En zones intermédiaires, il y a une vraie complémentarité en élevage et céréales. Actuellement, on sait aussi qu'il faudrait ouvrir plus de 200 poulaillers en France. Ça se prête à nos zones !". Des projets qui demandent évidemment un accès au financement. Le fait que cette discussion se soit tenue à l'initiative d'une banque pourrait être un signal intéressant. "La solution est forcément collective" insiste Odet Triquet. 

Challenge master boucher

L'Intermarché de Gençay décroche cette année le 1er prix du challenge master boucher, organisé par le GIE ovin pour récompenser les professionnels de la boucherie qui misent sur l'Agneau Poitou-Charentes. Le prix a été remis à Damien Germain (en photo), pendant le Salon de l'agriculture, mercredi.

Fonds d'urgence

Aurélie Fleury et Christophe Puisais, respectivement présidente et secrétaire général de la FNSEA de la Vienne, se sont rendus au Sia, pour "soutenir l'agriculture" de leur département, et pour évoquer l'organisation du syndicat départemental avec leurs homologues. Mais aussi pour se renseigner sur la mise en place du fonds d'urgence annoncé il y a quelques jours suite aux épisodes de pluie. "On a l'impression que l'aide va être peu élevée, et va concerner peu de personnes" regrette Aurélie Fleury, qui annonce avoir obtenu un rendez-vous avec la DDT de la Vienne en fin de semaine.

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