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Les secrets du changement climatique 8/12
Les élevages, eux aussi, devront s'adapter !

En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de jours en sol sec de mars à octobre devrait augmenter d'une vingtaine entre 1990 (à gauche) et 2050 (à droite).
En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de jours en sol sec de mars à octobre devrait augmenter d'une vingtaine entre 1990 (à gauche) et 2050 (à droite).
© Source : DRIAS.
Réalisation : Frédéric Levrault.

En cette fin de journée, de retour de la parcelle où elle est allée jeter un œil sur son troupeau, Virginie, éleveuse de limousines en Haute-Vienne, s'interroge. S'il ne lui a pas échappé que les mois écoulés de l'année 2025 ont été chauds et secs dans son département, Virginie se demande à quel point cette situation a été exceptionnelle en comparaison des années précédentes. Et surtout, si cela préfigure ce que seront à l'avenir les hivers, les printemps et les étés dans son secteur, sous l'influence du changement climatique.

Eté 2025 : 2e été le plus chaud en Haute-Vienne depuis le début des mesures

Chaudes et sèches, les trois saisons écoulées (hiver 2024-2025, printemps et été 2025) l'ont incontestablement été en Haute-Vienne. Chacune d'entre elles a été plus chaude que la normale : de 1,3°C pour l'hiver et pour le printemps, et de 2,5°C pour l'été. Ce dernier s'est même avéré le deuxième été le plus chaud depuis le début des mesures, juste derrière l'été 2022. Ces trois saisons ont aussi été plus sèches que la normale, avec un déficit de pluie de 15% pour l'hiver, 22% pour le printemps et 37% pour l'été. Prises comme un tout, elles ont été la 2e période la plus chaude et la 6e période la plus sèche en Haute-Vienne, en soixante-cinq années de mesures. Ce qui - pour répondre à la première question de Virginie - en fait sans conteste une période de neuf mois remarquablement chaude et sèche, en comparaison des données historiques.

Heureusement, cette séquence chaude et peu arrosée, Virginie l'avait bien anticipée. D'abord en ajoutant un point d'abreuvement pour ses animaux au pré, et en en renouvelant l'eau plus fréquemment qu'elle ne le faisait par le passé. Ensuite, en organisant l'entretien de ses haies de telle sorte que plusieurs zones ombragées demeurent accessibles à ses animaux quelle que soit l'heure de la journée. Enfin, en affourageant régulièrement ses animaux au pré, dès les premiers signes de sécheresse, grâce au stock qu'elle avait constitué à cette fin l'automne précédent.

Sécheresses et canicules estivales : plus fréquentes et plus sévères à l'avenir

Reste la seconde question de Virginie : cette séquence chaude et sèche de 2025 préfigure-t-elle l'avenir ? La réponse est oui. Les modélisations climatiques montrent qu'en raison de l'augmentation à venir des températures et de la baisse attendue des pluies estivales, ces situations de sécheresse (concernant essentiellement le printemps, l'été et l'automne) iront en s'accentuant. Sans advenir tous les ans, elles deviendront plus fréquentes (davantage d'années concernées), dureront plus longtemps au sein de chaque année, et atteindront des intensités plus fortes. En conséquence, la pousse de l'herbe - exprimée en moyenne sur plusieurs années - sera fortement ralentie en été et légèrement accrue en début de printemps et fin d'automne. Les modifications déjà mises en place par Virginie constituent donc un premier niveau pertinent d'adaptation au changement climatique. Mais que devra-t-elle faire de plus face à un climat dont l'évolution va se poursuivre ? Plusieurs choses. Pour ce qui est de l'alimentation de son troupeau, elle pourra accroître son stock fourrager pour l'été afin de pallier à des déficits de pousse estivale devenant chroniques. Elle pourra aussi modifier la composition spécifique de ses prairies (semis d'espèces prairiales plus résistantes à la sécheresse), ou diversifier ses ressources fourragères (méteils, feuillages d'arbres), sans exclure occasionnellement un approvisionnement extérieur. Pour ce qui est du confort thermique de ses animaux, elle pourra s'intéresser aux travaux sur l'amélioration génétique de tolérance à la chaleur des bovins (et en espérer des retombées rapides).

2025 : bientôt une année moyenne

Des marges de manœuvre existent donc bel et bien pour que Virginie puisse continuer à produire dans son secteur de Haute-Vienne. Et ce d'autant mieux qu'elle intégrera que l'année 2025 représentera une année presque fraîche et moyennement humide en comparaison des années à venir.

 

→0,5°C /10 ans

→C'est la vitesse à laquelle se sont réchauffés les étés en Haute-Vienne de 1970 à 2025.

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