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"L'agrivoltaïsme est plus qu'une fusion entre agriculture et solaire"

La troisième conférence consacrée à l'agrivoltaïsme s'est tenue à Bordeaux, en fin d'année dernière. Un point d'étape pour une filière régionale qui se structure.

Bien régulés, les projets agrivoltaïques peuvent jouer un rôle dans l'autonomie énergétique nationale.
Bien régulés, les projets agrivoltaïques peuvent jouer un rôle dans l'autonomie énergétique nationale.
© Myriam Robert

La salle de conférence du Crédit Agricole d'Aquitaine était comble, le 14 novembre, à Bordeaux. Élus, dirigeants de sociétés spécialisées et agriculteurs étaient venus faire le point sur une filière qui suscite encore beaucoup de débats et d'interrogations. Depuis trois ans, l'Institut national de l'énergie solaire (Ines), en collaboration avec la région Nouvelle-Aquitaine, donne rendez-vous aux acteurs de la filière agrivoltaïque pour réfléchir au développement de cette nouvelle source d'énergie. Avec un rappel fondamental : la définition de l'agrivoltaïsme.

1 % de la SAU est égal à 900 gigawatts

"L'agrivoltaïsme ne se résume pas à une simple fusion entre agriculture et énergie solaire. Il s'agit d'une démarche intégrée qui contribue à la transition énergétique, tout en garantissant l'aménagement concerté des territoires et en protégeant l'activité agricole".

Ceci posé, Benoît Philippeau, du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies renouvelables - l'organisme public dédié à la recherche fondamentale et appliquée), pointait le développement exponentiel de l'énergie solaire. "Le marché mondial de l'énergie solaire a été multiplié par trois. En Europe, on va passer de 250 gigawatts produits en 2022 à 700 en 2027. La France doit installer 4 gigawatts de production par an si elle veut atteindre les objectifs du Green Act en 2050. Et 50 % des installations seront des installations au sol".

A lire aussi : Juguler son coût énergétique avec le photovoltaïque

Et de donner un ordre d'idée : 1 % de la surface agricole utile (SAU) peut produire 900 gigawatts, ce qui est l'objectif français pour 2030. Tout l'enjeu est de préserver l'équilibre, sur ces surfaces, entre agrivoltaïsme et culture... et d'en assurer l'acceptabilité, tant sociétale qu'économique.

Une volonté politique

Pour le chercheur, avec les avancées technologiques du secteur (modules biface, outils numériques de pilotage, panneaux éco-conçus et fabriqués en Europe), le challenge est atteignable. La région, dans le cadre de la feuille de route Néo Terra, pousse cette énergie, parmi d'autres, pour assurer une souveraineté énergétique au territoire. Et la banque verte a indiqué, lors de cette journée, sa volonté d'accompagner les entrepreneurs, malgré des taux d'intérêt toujours élevés.

L'agriculture d'abord

Guillaume Riou, le vice-président du Conseil régional, indiquait : "Avec Alain Rousset, le président de Région, nous n'avons pas beaucoup de certitudes, mais beaucoup de conviction". Et de rappeler que la Nouvelle-Aquitaine compte 65 % d'énergie fossile dans son mix énergétique pour une consommation de 155 térawatts/heure.

"Il nous faut reconquérir le flux énergétique et repenser la réindustrialisation régionale avec une filière complète pour les panneaux solaires, de leur conception à leur démembrement".

Guillaume Riou a également évoqué le cas de l'agriculture, "au cœur du sujet avec 4 000 ha de zones artificialisées, 1 500 ha de toitures dans les exploitations et quelques friches", en posant la question des conditions d'utilisation de la SAU. Peut-être pour assurer le renouvellement des générations ?

Partager la valeur

Le vice-président a évoqué la "redistribution de ces richesses nouvellement créées. Il faut penser mutualisation. Pourquoi un agriculteur bénéficierait-il d'une rente d'un côté du chemin et pas l'autre ? Pour autant, les quelques milliers d'euros générés par l'agrivoltaïsme peuvent-ils sauver un élevage ? Pour le Conseil régional, c'est un schéma collectif qu'il faut envisager, plus que des aventures individuelles".

A lire aussi : Terra Solaire : chacun son projet photovoltaïque

Pour Bernard Layre, le vice-président de la chambre régionale d'agriculture, l'agriculteur doit être au cœur du système. "Chaque fois que l'agriculteur peut investir, c'est lui qui doit le faire. Pour le partage de la valeur, cela demande un travail de réflexion pour un développement harmonieux du territoire".

Le vice-président évoquait aussi les freins - notamment l'acceptabilité des projets par les riverains - et s'élevait contre l'intégration de ces revenus dans les revenus agricoles,"car je veux que les Egalim jouent leur rôle".

Avant de revenir à l'essentiel : avoir un cadre législatif clair et définir un bail rural dédié à cette production d'énergie pour ne pas bloquer l'investissement. Le chantier est ouvert.

 

De l'agrivoltaïsme dans Farming simulator

Créer sa ferme agrivoltaïque dans Farming simulator, c'est désormais possible grâce à la société bordelaise GLHD. "À travers cette simulation, l'objectif est de montrer comment un système agrivoltaïque peut s'adapter aux productions agricoles et permettre de récolter entre et sous les structures", explique Florian Fillon, chef de projets chez GLHD. Cette expérience virtuelle sera également mise à contribution dans les modules de formation de la société.

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