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Installation
« En quatre ans de transmission, on voit toute la gestion : le bon et le mauvais »

Victor Pret est officiellement agriculteur, en individuel, depuis un an. Avec ses cheptels ovin et caprin, à Pompaire, il accomplit un rêve de gosse. Son projet de reprise s’est inscrit dans le temps long, un atout selon lui pour mieux comprendre son environnement.

En plus de sa casquette d’éleveur, Victor Pret est administrateur à la caisse du Crédit Agricole de Parthenay. Une fonction qui lui permet de soutenir des initiatives en faveur du monde rural et agricole.
© Chloe Poitau

Ses parents ne sont pas agriculteurs, ses grands-parents non plus, et pourtant Victor Prêt, 29 ans, a toujours eu l’agriculture comme fil rouge : « Enfant, c’est le matériel qui m’a attiré, je me suis dit qu’il me fallait au moins le brevet pour aller en lycée agricole ».

Ce que le jeune homme a fait, validant un BEP agricole à Melle puis un bac CGEA. « C’est lors d’un stage chez un éleveur laitier que je suis tombé amoureux de l’animal, puis par extension, des cultures. La productivité, la technicité, le fait de s’adapter pour réussir un bon fourrage et soigner ses animaux, c’est passionnant », décrit-il.

Au terme d’un parcours très diversifié, Victor a été recommandé auprès d’un cédant, chez qui il a commencé par faire un remplacement. L’entente est au rendez-vous, il devient alors salarié, puis parrainé, puis chef d’exploitation employant son ancien patron.

« Cette ferme était la bonne, avec une gestion saine, des outils de travail en état mais pas surestimés. Il y avait le juste équilibre : de quoi travailler tout de suite et de quoi améliorer un peu pour l’avenir », témoigne le jeune éleveur.

Derrière lui trône un tableau retraçant en photos son arrivée à la ferme. La date du 1er janvier 2021 y est inscrite en gros et fait mémoire du jour où il est devenu le gérant des 180 brebis Vendéennes et des 300 chèvres Saanen du lieu.

Toutes les expériences comptent

Pour arriver là, Victor est passé par de nombreux chemins : stage en élevage bovin allaitant, salariat en bovin lait, puis en grandes cultures avant d’être ouvrier chez le constructeur de matériel Monosem. « J’avais vu partir le troupeau laitier de la ferme où je travaillais. Ça a été un gros coup dur, j’ai dû faire une pause avec les animaux ».

Quelques années plus tard, il retravaille en élevage, d’abord sur un projet de Gaec qui n’aboutit pas, puis à mi-temps entre deux exploitations. « J’étais bien mais je n’avais pas la main sur les choses, et j’avais envie d’avoir des responsabilités ».

Le stagiaire d’un voisin à Pompaire parle de ce jeune motivé à son patron, Jean-Marie Passebon. C’est finalement la ferme de cet éleveur que reprend Victor en quatre ans. « Autant de temps, c’était la transmission rêvée, surtout pour s’installer en individuel. Six mois de parrainage ne suffiraient pas. Là, j’ai vu les bonnes et les mauvaises récoltes, les contraintes sanitaires, etc. »

A force d’observation, l’éleveur a par exemple décalé ses lots de mises bas : « Avant, les chèvres et brebis mettaient toutes bas en même temps. C’était beaucoup de travail et de risques de maladies. Maintenant, les mises bas durent quatre mois en tout, mais selon une meilleure organisation ».

« Je pourrais payer un salarié »

A cette période de l’année, Victor va d’ailleurs entrer dans le rush des mises-bas. Pour la mener au mieux, il fait appel au service de remplacement (SR) 79 qui lui envoie Lucie Gaillard, une employée en CDI aguerrie à cette mission.

« C’est dommage, je pourrais payer un salarié mais je n’en trouve pas, se désole Victor. La conjoncture est bonne, je vends des agneaux comme jamais vu avant, et la filière lait de chèvre reste dynamique. Mais trouver quelqu’un de polyvalent et de qualifié est dur ».

Sur ses 56 ha dont 45 en prairies permanentes, le jeune homme vit enfin son rêve d’avoir sa ferme. Il estime son autonomie à 75% (des trèfles violets et de la luzerne sans apport d’azote, un peu de ray-gras et 10ha de céréales autoconsommées). Ses projets d’avenir : continuer comme ça, peut-être s’associer mais surtout, dans l’immédiat, accueillir son deuxième enfant qui devrait naître sous peu.

Cette ferme était la bonne, avec une gestion saine, des outils de travail en état mais pas surestimés. Il y avait le juste équilibre : de quoi travailler tout de suite et de quoi améliorer un peu pour l’avenir », témoigne le jeune éleveur.

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