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Congrès Fnsea
Christiane Lambert défend « le vrai visage de l’agriculture »

La première journée du congrès national du syndicat a commencé au Gaec du Petit Chauveux, où se sont rendus représentants et élus, ce mardi matin. Bien-être animal, rémunération et installation ont été au cœur des échanges.

Au Gaec du Petit Chauveux, Christiane Lambert s'est rendue le 21 septembre pour visiter une ferme typique du département avant le congrès de la Fnsea.
© Léa Calleau

Quoi de mieux qu’une visite de ferme pour ouvrir le 75ème congrès de la Fnsea ? Le Gaec du Petit Chauveux, situé au nord de Niort, a accueilli mardi 21 septembre, au matin, une petite foule. Préfet, présidente du département, maire de Niort, délégué à l’agriculture de la région Nouvelle-Aquitaine et représentants syndicaux sont venus en nombre pour découvrir cette exploitation représentative de la ferme Deux-Sèvres, en polyculture élevage, avec 700 chèvres alpines et 60 mères parthenaises. Sur une surface agricole utile de 388 ha, les quatre associés y cultivent 110 ha de fourrages pour une alimentation la plus autonome possible.

Christiane Lambert, très attendue, a apprécié d’avoir le temps de découvrir l’agriculture du coin à son arrivée dans le département. Interrogée sur le virage pris par le monde agricole ces dernières années, trop lent au goût de certains, la présidente de la Fnsea invite à « prendre le temps de regarder que l’agriculture se transforme. Cette ferme est très différente de celle que j’ai visité la semaine dernière. Notre agriculture française est reconnue précisément pour cela, pour sa diversité ». À ses yeux, le changement est intégré par les agriculteurs, qui subissent injustement des critiques venant d’une population de plus en plus éloignée des réalités agricoles.

Nous avons besoin d’expliquer ces choses, de dialogue, soutient-elle, afin de montrer le vrai visage de l’agriculture ».

Plébisciter l’installation en société

Avec une alimentation sans OGM ni huile de palme, du lait collecté par la laiterie locale de Sèvre & Belle, des aménagements récents favorisant une meilleure ambiance de bâtiment… le Gaec du Petit Chauveux répond à de nombreuses attentes de la société. Audrey Pelletier, la dernière associée intégrée au Gaec, en 2020, retrace son parcours jusqu’à son installation.

Pour Jean-Pierre Raynaud, délégué de la région à l’agriculture, et Samuel Hérault, président de la section caprine de la Fnsea, l’installation sociétaire est une bonne solution qui nécessite d’être valorisée : « Les jeunes veulent s’installer seuls, sans se rendre compte de la charge de travail que cela implique, alors que des sociétés se retrouvent avec des places vacantes.

De tous les éleveurs, l’éleveur caprin est celui qui a la plus lourde charge de travail. On finit par aller chercher du lait à l’étranger, plus cher que celui produit en France », déplore Samuel Hérault.

Bien dans ses bottes

Pour Christiane Lambert, la question de la rémunération est sous-jacente : « Alors que 45% des agriculteurs ont plus de 50 ans, il y a un vrai besoin d’attirer des jeunes et de faire en sorte qu’ils aient des conditions de travail agréables et une rémunération satisfaisante ». Le président des Jeunes Agriculteurs des Deux-Sèvres, Thomas Gaillard, abonde en ce sens : « La question de la rémunération est prégnante quand nous parlons de notre métier à un public jeune. Un agriculteur bien dans ses bottes et prêt à investir, ce n’est possible qu’avec des revenus ».  

Si le foncier n’est pas le premier frein dans ce territoire, c’est le montant de l’investissement qui est rédhibitoire pour beaucoup de candidats à l’installation. « Il n’est pas rare d’avoir des dossiers à 200 000€ et ça monte jusqu’à 700 000€, précise Thomas Gaillard. C’est triste à voir quand une personne reprend un cheptel et des bâtiments, mais que la rentabilité n’est pas là. La ferme finit par s’effondrer ». Comme les portages pour faciliter l’accès au foncier, des fonds de portage devraient être mis en place pour aller chercher du capital social, suggèrent certains.

De l’eau pour les fourrages

Pour sécuriser l’alimentation des troupeaux, avec des terres calcaires et séchantes, les agriculteurs ont misé sur l’irrigation. Elle concerne 50 ha, principalement dédiés aux cultures de luzerne et de maïs. « Ça nous assure une alimentation de qualité malgré les années rudes et les sécheresses », soutient Olivier Marceau, l'associé en charge des grandes cultures.

Avec cette question vient celle des réserves de substitution, brûlante en cette semaine où les opposants au projet ont appelé à manifester dans le centre-ville de Niort. « L’agriculture a toujours utilisé de l’eau pour irriguer, rappelle Christiane Lambert.

Le sujet est devenu polémique dans ce département à tort. Sans irrigation, dans une ferme comme celle-ci, il n’est plus possible de nourrir les chèvres avec les fourrages produits sur place ».

Lire aussi Stockage de l’eau : une solution soumise à interprétations

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