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Les secrets du changement climatique 12/12
Changement climatique et agriculture : que retenir ?

Nous voici parvenus au terme de notre série "Les secrets du changement climatique" entamée il y a un an. L'occasion de passer en revue les caractéristiques majeures du changement climatique en Nouvelle-Aquitaine ainsi que ses principales conséquences sur notre agriculture régionale.

Avec 14,03°C de température moyenne annuelle en France, l'année 2025 s'inscrit parfaitement dans la trajectoire de réchauffement rapide que connaît notre pays depuis les années 1970.
Avec 14,03°C de température moyenne annuelle en France, l'année 2025 s'inscrit parfaitement dans la trajectoire de réchauffement rapide que connaît notre pays depuis les années 1970.
© Données : Météo France.
Réalisation : Frédéric Levrault.

Depuis le début des années 1970, notre région se réchauffe à peu près au même rythme que le reste de la France métropolitaine, à savoir + 0,4°C par décennie, ce qui équivaut à + 4°C par siècle. Cette vitesse de réchauffement - presque 2 fois plus rapide que la vitesse moyenne de réchauffement de notre planète - s'observe dans une grande partie de l'Europe, ce qui fait dire de notre continent qu'il est un des "hots spots" du changement climatique.

8 km par an

La vitesse de réchauffement que nous connaissons en région depuis un demi-siècle équivaut - dans un climat fictivement stable - à un déplacement de 8 km par an vers le sud que ferait une ferme néo-aquitaine. En 50 ans, cela représente la bagatelle de 400 km ! Illustration frappante de l'augmentation de la température, cette analogie ne doit pas être étendue aux précipitations, dont les évolutions temporelles et les variations spatiales sont très différentes de celles de la température.

Température et précipitations : trajectoires différentes

Si la température augmente de façon impressionnante depuis plusieurs décennies en Nouvelle-Aquitaine, tel n'est pas le cas des précipitations. Qu'il s'agisse des cumuls annuels ou des cumuls saisonniers de pluies, aucune évolution nette depuis 1960 n'apparaît à ce jour dans la quasi-totalité de notre région.

La demande climatique s'accroît

Composante importante du bilan hydrique et pourtant invisible, la demande climatique (évapotranspiration) s'est nettement accrue au cours des décennies écoulées. L'augmentation de température en est la principale cause. En conséquence, la dégradation des conditions hydriques constatée ces dernières décennies résulte de l'augmentation de la demande climatique et non pas de la diminution des pluies, ces dernières demeurant plutôt stables jusqu'à présent.

Changement climatique: jusqu'en 2050 au minimum

D'ici le milieu du XXIe siècle, l'évolution climatique à venir en région est déjà largement écrite, compte tenu du délai de mise en place des réductions d'émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette évolution climatique est à l'image de celle que notre région a déjà connue au cours des décennies écoulées : poursuite de l'augmentation de température, relative stabilité des cumuls annuels et des cumuls saisonniers de précipitations, poursuite de l'augmentation de la demande climatique (évapotranspiration).

Températures côté chaud et côté froid

L'augmentation de la température (déjà observée mais aussi à venir) ne se limite pas à l'augmentation des températures moyennes. Elle concerne aussi les "extrêmes" du thermomètre. Ainsi depuis 1970 en Nouvelle-Aquitaine, le nombre de jours chauds (>= 25°C) par an a été multiplié par presque 2, tandis que le nombre de jours de gel (= 0°C) par an a été divisé par presque 2.

Ces trajectoires vont se prolonger pendant quelques décennies au moins. En conséquence, de grandes parties de notre région connaîtront à terme un climat dépourvu de toute gelée, tandis que les vagues de chaleur apparaîtront tous les étés d'ici quelques années.

Filières agricoles : toutes concernées

Le changement climatique a d'ores et déjà des conséquences visibles sur la totalité des productions agricoles végétales et animales de Nouvelle-Aquitaine : plafonnement du rendement du blé tendre par une augmentation des jours échaudants, avancement de la date de débourrement et de floraison des vergers et des vignobles par des sorties d'hiver plus précoces, augmentation de la consommation en eau des cultures irriguées ou non irriguées par une augmentation de la demande climatique, étalement des floraisons par un manque de froid hivernal, multiplication des blocages physiologiques par de très hautes températures, avancement de dates de récolte par une augmentation des sommes de température, irrégularités de production d'herbe par une alternance d'années sèches et d'années humides, baisse de production laitière par des vagues de chaleur, etc.

La liste est trop longue pour être dressée ici de façon exhaustive... mais c'est bien l'ensemble de la production régionale qui est concernée, et non une filière plutôt qu'une autre, ou une pratique plutôt qu'une autre.

Ne pas miser sur une pause

Quiconque miserait sur la stabilisation prochaine du climat pour s'épargner une réflexion sur l'adaptation ferait une grave erreur. Les effets du changement climatique sur l'agriculture et l'élevage vont continuer à se manifester en Nouvelle-Aquitaine, de plus en plus fréquemment et avec davantage d'intensité. L'adaptation de l'agriculture régionale - qui est à la fois nécessaire et d'ores et déjà engagée - va devenir de plus en plus importante pour continuer à produire de l'alimentation et créer de la valeur dans les territoires. Plus les agriculteurs auront une vision complète et claire des évolutions climatiques à venir dans leur territoire, plus ils seront en capacité d'identifier les orientations à prendre individuellement et collectivement en matière d'adaptation.

L'adaptation : déjà beaucoup d'actions...

De très nombreux leviers d'adaptation ont d'ores et déjà été identifiés et testés en agriculture et en élevage : en céréaliculture avec des variétés tolérant mieux le stress thermique, en viticulture avec des techniques de taille limitant la consommation d'eau, en cultures de printemps avec des modes de pilotage d'irrigation plus performants, voire la réutilisation d'eaux de stations d'épuration, en élevage avec des compositions spécifiques de prairies résistant mieux aux sécheresses, en élevage toujours avec des bâtiments d'élevage conçus pour mieux supporter la chaleur estivale, etc. Ce laborieux travail d'identification et de test de voies d'adaptation vise à trouver des solutions aux défis que le climat actuel impose à l'agriculture et à l'élevage.

... et encore beaucoup à inventer

Dans les prochaines décennies, le climat de notre région continuera d'évoluer, notamment dans ses composantes thermique et hydrique.

Certaines des adaptations précédemment identifiées pourront alors atteindre leur limite. De nouveaux choix productifs devront alors être envisagés pouvant impliquer de nouveaux itinéraires techniques, de nouvelles espèces cultivées, ou encore des évolutions des cahiers des charges des appellations. Entre adhésion à un "nouveau monde climatique" et regret du "climat d'avant", l'état d'esprit dans lequel la sphère agricole régionale abordera cette transition - au-delà des questions techniques et économiques - sera déterminant pour la réussite de cette transition agricole.

Fin de cette série d'articles sur le changement climatique et son impact sur l'agriculture. Vous pouvez retrouver l'intégralité des articles dans notre dossier

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