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Burger à emporter : quels prix au kg dans la Vienne ?

La qualité des produits alimentaires fait actuellement beaucoup parler. Puisque c'est souvent le côté financier qui est avancé par les consommateurs dans les choix qu'ils font, la rédaction a testé 6 burgers à emporter dans le département, pour vérifier le prix au kilo de ces aliments.

© Elisabeth Hersand

Difficile de comparer un burger d'un fast-food et celui d'un restaurateur. Notamment parce que la taille varie de façon très importante. Mais puisque ce sandwich est très consommé en France (1,7 milliard se sont vendus en 2024 dans l'hexagone), l'offre est partout extrêmement importante. Si les chaînes sont très présentes dans la Vienne, y compris en milieu rural (10 McDonalds ; 3 Quick et 2 burgers King), les restaurateurs sont aussi nombreux à en proposer, sur place, mais aussi à emporter. Alors, pour comparer, on a décidé d'acheter le burger emblématique de ces 3 marques connues (Le Big Mac, le Giant et le Whooper), et de comparer leur prix au kilo à celui de burgers à emporter proposés par des restaurateurs qui utilisent de très nombreux produits locaux: la Cuisine de Comptoir, à Poitiers, mais aussi le food-truck My Burger, qui est notamment présent à Vouneuil-sous-Biard, Fleuré ou Fontaine-le-Comte; ainsi qu'avec un burger tout prêt, acheté en grande surface, de la marque Charal. Des achats qui ont été faits sans prévenir les restaurateurs (qui ont été recontactés le lendemain), pour être sûr d'acheter ce qui est réellement vendu. Et de façon étonnante, ce ne sont pas les deux burgers locaux, réalisés de façon artisanale, qui sont les plus chers au kilo (voir le détail dans l'image ci-dessus). Celui d'Olivier Leclerc, à la Cuisine de Comptoir est même le 3e moins cher.

Produits locaux

Dans son restaurant, ce dernier utilise en très grande majorité des produits locaux, et applique la même règle à ses burgers (il a d'ailleurs baptisé l'un d'eux "It's not a fucking Big Mac", et c'est celui que nous avons choisi). "J'achète ma viande Limousine uniquement à la boucherie Point. Clairement, la seule chose qui n'est pas locale, c'est le cheddar" explique le restaurateur. Une volonté du local partagée par Manuel Marsilla et Yann Guérin (MY Burger), qui fabriquent pratiquement chaque élément des burgers qu'ils vendent dans leur food-truck. "Le pain est fait par un artisan local, nous travaillons avec des maraîchers, et nous achetons de la viande localement ou en France. Nos burgers sont à 90 % locaux."

Alors, certes, le prix d'un burger seul reste plus cher que celui constaté dans les chaînes de restauration rapide, mais il est rare que les consommateurs se contentent d'un seul Big Mac, Whooper ou Giant, puisqu'ils sont beaucoup plus petits. "Vous ne prenez que ça ?" nous a systématiquement demandé le personnel de McDonalds', Burger King et Quick lorsque nous sommes repartis avec un seul burger. Au final, en prenant 2 Whooper, un client s'en sort pour 13 euros, et dispose de 546 g de nourriture. Et ajoute souvent une frite (autour de 3 euros). Le burger d'Olivier Leclerc, payé 14,90 euros, fait lui 560 g, et pour ne rien cacher, est presque difficile à terminer.

Autre analyse réalisée par la rédaction : le poids de la viande, qui est l'élément le plus cher dans ces burgers. Chez les deux restaurateurs indépendants, elle représente plus de 40 % du poids total du burger (42 % à MY Burger et 48 % à la Cuisine de Comptoir), alors que dans les chaînes, cette part est moindre (26 % à Quick, 31 % à Burger King, 38 % pour le burger Charal et 41 % à McDonald's). Le tout avec des viandes dont l'origine varie, mais reste tout de même européenne (de la France à la Pologne, en passant par l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Irlande ou l'Autriche). Autant dire que le prix de revient de ces chaînes est forcément bien plus bas que celle de deux restaurateurs locaux (qui mettent plus de viande, dont le prix doit être supérieur), et leur marge bien plus élevée.

À noter que Charal utilise de la viande uniquement française, mais que le burger est un produit décongelé, qui ne contient pour cette raison que le pain, la viande, du fromage et une sauce. Impossible de le manger sans ajouter quelques feuilles de salade ou des cornichons. Son prix au kilo ne tient donc pas compte de ces ajouts.

Au final, sans même parler du goût de ces burgers (lire nos commentaires dans l'encadré), la comparaison est instructive, et assez contradictoire avec ce que semble penser le consommateur: non, manger des produits locaux transformés par un restaurateur ne coûte pas forcément plus cher que dans les chaînes de restauration rapide.

 

Et le goût ?

Au-delà du prix et de l'origine des produits, le goût est évidemment important. Voici les commentaires d'un jeune de 20 ans, Baptiste, pour chacun des burgers, selon le même ordre que l'illustration ci-dessus (c'est-à-dire du moins cher au plus cher).

Charal : le burger est assez petit (impossible de ne manger que ça !), et tous les éléments sont assez mous, et fades, même après avoir ajouté de la salade, de la sauce et des cornichons. Note: 2/10

Burger King : la sauce est plutôt bien, et le burger est bien rempli. Note: 6,5/10

Cuisine de Comptoir : on sent bien le goût de la viande et de la sauce, qui ne coule pas. On sent des produits de qualité, et il y a les mêmes ingrédients à chaque étage : toutes les bouchées ont le même goût. Niveau taille, un burger, c'est largement suffisant. Note: 10/10

McDonald's : ensemble bon, mais le steak est trop cuit, et n'a pas de goût. Note: 5,5/10

MY burger : C'est un bon burger, assez classique, mais tout est maîtrisé. La cuisson de la viande est parfaite. Note: 8/10

Quick : le steak est trop cuit, la sauce est plate, sans beaucoup de goût et le burger est un peu sec. Note: 4/10

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