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« Vers la nécessaire mutation de l’agriculture des Deux-Sèvres »

La coopérative Sèvre et Belle inaugurait son nouveau silo mercredi 26 juin. La mise à l’honneur de ce nouvel outil industriel aura permis aux politiques d’insister sur le travail entrepris par les acteurs du monde agricole pour améliorer les pratiques.

Les politiques s’accordent sur la qualité du projet de réserves de substitution de la Sèvre niortaise. Un outil pour engager l’agriculture dans le changement.
Les politiques s’accordent sur la qualité du projet de réserves de substitution de la Sèvre niortaise. Un outil pour engager l’agriculture dans le changement.
© C.P.

À quelques mètres du nouvel outil inauguré mercredi 26 juin par la coopérative Sèvre et Belle, Alain Rousset ne manquait pas de rappeler à son auditoire son attachement à l’agriculture. D’ailleurs, sur les territoires de Poitou-Charentes et du Limousin, « les aides à l’agriculture ont été multipliées par deux », argumentait le président de la région Nouvelle-Aquitaine, poursuivant : « il n’y a pas d’amour sans engagement ».

Lié par ses origines à ce secteur économique, tout comme au secteur industriel d’ailleurs, assurait Alain Rousset, « c’est avec plaisir » qu’il était en Deux-Sèvres ce matin en présence d’Isabelle David, le préfet du département, et Gilbert Favreau, le président du Conseil départemental.

L’inauguration du nouveau site de stockage de Sèvre et Belle, sur la commune d’Aigondigné, lie effectivement les deux centres d’intérêt de l’élu. « Ici, deux cellules de 4 100 tonnes chacune permettront la collecte, le stockage et le tri de blé tendre destiné à une filière industrielle locale », précise Médéric Brunet, le directeur de la coopérative qui, depuis dix ans, s’engage dans la production tracée de céréales et oléoprotéagineux de qualité.

Remplacer le soja brésilien

L’outil qui aura coûté 2,8 millions d’euros, dont 548 000 € financés par le fonds européen de développement régional dont la région est autorité de gestion, présente un débit de vidange de 200 tonnes par heure. Cet équipement est un atout de plus pour valoriser la production agricole du secteur pour un usage régional – la part meunière régionale représente plus de 50 % des volumes traités – mais également une valorisation à l’export via la Sica La Pallice, qui approvisionne des pays européens proches.

Dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise Dupont de Melle, l’outil sera au service d’une filière industrielle de blé tendre cultivé sur le territoire. Cette production viendra remplacer le soja brésilien utilisé actuellement. « Ce nouveau silo illustre parfaitement votre volonté à accompagner, avec un grand volontarisme et une grande détermination, la nécessaire mutation de l’agriculture en Deux-Sèvres », se réjouissait Isabelle David, le préfet, avant de se dire rassurée de constater, à travers toutes les interventions de la matinée, que les initiatives départementales, régionales et étatiques, convergent vers un même objectif : « le développement de productions de qualité, respectueuses de l’environnement dans une démarche de circuit court ».

Économe en eau

Les attentes sociétales qui ont pu être exprimées dans le cadre des Egalim sont entendues, se félicitait le préfet. La création d’Aquitabio, en début d’année, par Sèvre et Belle et huit autres coopératives de la région, est une nouvelle illustration de l’engagement du secteur privé dans ce mouvement. Le travail des coopératives sur l’utilisation raisonnée des produits phytosanitaires, leur engagement dans la recherche de solutions pour sécuriser la production sans assécher le milieu, et plus encore en période d’étiage, était largement applaudi au cours des discours de la matinée. Les soutiens au projet de réserves de substitution de la Sèvre niortaise ont été nombreux. Gilbert Favreau évoquait « la capacité d’adaptation de l’agriculture » ; Alain Rousset témoignait « d’une incompréhension envers ceux qui font une opposition systémique à un projet économe en eau, sous contrôle des institutions publiques et mis en oeuvre par des agriculteurs qui ne pratiqueront pas l’agriculture traditionnelle ».

Une adhésion qui laisse de beaux espoirs. À ce jour, la région n’a toujours pas validé l’ensemble des financements pour lesquels elle est attendue. « Oui, convient Alain Rousset. En temps voulu, ça viendra », confiait-il en aparté. Pas d’histoire d’amour sans engagement, affirmait l’élu au début de son intervention. Son soutien public ici exprimé doit-il être entendu comme une promesse ?

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