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Une aide nécessaire mais pas suffisante

Fin février, le ministère de l'Agriculture a annoncé la mise en place d'un fonds d'urgence destiné aux céréaliers. Le point sur le déploiement de cette aide avec Aurélie Fleury, présidente de la FNSEA de la Vienne, qui a rencontré l'administration pour avoir des précisions.

Aurélie Fleury estime que cette aide ne résoudra pas les difficultés de nombreux agriculteurs.
Aurélie Fleury estime que cette aide ne résoudra pas les difficultés de nombreux agriculteurs.
© Elisabeth Hersand

Ou en est-on du fonds d'urgence céréales et protéagineux dans la Vienne ?

Les demandes sont en cours, et sont possibles jusqu'au 20 mars à minuit*. Elles se font uniquement par internet. Dans le département, 202 dossiers avaient été déposés lundi 2 mars, lorsque je suis allée rencontrer l'administration, avec Emmanuel Bigot et Pierre-Yves Thirouin.

Pourquoi une telle rencontre ?

Pour comprendre comment allait se déployer ce fonds, mais aussi pour faire part des difficultés ou des incohérences. À l'échelon national, cela représente 40 millions d'euros, dont 5 pour la prise en charge de cotisations MSA. Parmi les conditions pour toucher cette aide, il faut par exemple que les céréales représentent 50 % de l'assolement en 2023, 2024 et 2025. Le souci, c'est qu'avec les conditions climatiques, certains ont changé leur assolement et ne vont pas atteindre ce seuil. Nous avons demandé que ce soit l'assolement sur plus d'années qui soit pris en compte, mais ce n'est visiblement pas possible. En revanche, certaines jachères pourraient être comptabilisées. La priorité est donnée aux jeunes et nouveaux installés ainsi qu'aux installations individuelles. L'objectif était aussi d'obtenir des précisions sur certains aspects, afin de pouvoir relayer ces informations auprès des agriculteurs.

Pourquoi ? Il y a des conditions compliquées ?

Il faut par exemple que la perte d'EBE de 2024 soit supérieure à 50 % par rapport à la moyenne 2019-2023 (pour les jeunes installés, c'est 20 %). Selon la date de clôture comptable de son exploitation, il faudra donc absolument transmettre ses soldes intermédiaires de gestion à l'administration. J'incite tous ceux qui veulent déposer une demande à bien vérifier leur date de clôture. Autre précision : puisqu'il s'agit d'une aide de Minimis, il ne faut pas dépasser le plafond (qui est de 50 000 €) sur 3 ans pour être éligible. L'administration pense que peu d'agriculteurs de la Vienne devraient atteindre ce plafond.

De combien sera cette aide, et quand sera-t-elle versée ?

Le montant est de 40 000 000 euros. Ce qui pour de nombreux agriculteurs permettra juste de boucher une partie du trou. C'est presque dérisoire. Nous n'avons pas d'assurance sur la date de versement, mais il se pourrait que ce soit après le mois d'avril.

Ce fonds est-il très attendu ?

Il est nécessaire et effectivement, très attendu. Il y a de plus en plus de factures impayées auprès des coopératives, des concessionnaires ou des entrepreneurs des territoires. Plusieurs propriétaires nous ont aussi parlé de fermages impayés. C'est très inquiétant.

* Demande à réaliser avant le 20 mars sur https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/35-fonds-urgence-cereales-2026

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