Un nouveau préfet avec une "bonne appétence pour les questions agricoles"
S'il a cité en premier les questions de sécurité, le nouveau préfet de la Vienne, Charles Giusti a rapidement enchaîné avec l'agriculture, et bien plus longuement que le premier sujet, lorsqu'il a rencontré la presse pour se présenter, mercredi dernier. "J'ai une bonne appétence pour les questions agricoles, que je connais par ma famille, mais aussi par mon expérience de préfet en Aveyron, terre d'élevage, et dans l'Eure, où il y a beaucoup de grandes cultures. Les agriculteurs sont dans une situation loin d'être simple, et il faut trouver des solutions au niveau national, mais aussi localement." Un intérêt qui va le mener dès la semaine prochaine à aller visiter deux exploitations du département. "Ma méthode sera l'écoute, avant de décider" assure le préfet, qui annonce voir effectuer "du travail de terrain", et, qui est évidemment bien conscient de la problématique de l'eau. "Je veux me faire une idée pour répondre à cette problématique. Je sais qu'on a deux mondes qui ne se parlent pas". Charles Giusti dit vouloir privilégier le dialogue. "Deux radicalités qui s'affrontent, ce n'est pas très fertile", tout en assurant devoir faire preuve d'humilité. "Je n'ai pas la prétention de dire 'laissez-moi faire, je vais tout régler'. Je crois à la politique des petits pas, qui fait qu'on avance". S'il n'a pas vraiment donné son avis sur le principe du stockage de l'eau, il a en revanche répété à plusieurs reprises l'importance d'agir. "Il faut anticiper les évolutions qui vont arriver. Gouverner, c'est prévoir; et ne pas prévoir, c'est courir à sa perte" a-t-il ajouté en citant Émile de Girardin.
Quelques jours avant son départ, l'ancien préfet, Serge Boulanger ne cachait pas son regret de quitter la Vienne (où il n'est resté que 18 mois). Parmi les dossiers qu'ils l'ont particulièrement marqué, il citait notamment le travail mené contre les féminicides, les fermetures de classes, la mobilité, mais aussi l'agriculture et l'eau. "Je retiens que, même lors des tensions, jamais le contact n'a été rompu. Mais les problèmes ne sont pas résolus. Il faut pouvoir prélever, mais en toute petite quantité, pour stocker".