Aller au contenu principal

Prévention
Un incendie tous les neuf jours

En Deux-Sèvres, un incendie se déclare en moyenne tous les neuf jours dans un bâtiment agricole. Le commandant du Sdis 79 Aurélien Dumas et l'assureur Bertrand Pétorin rappellent les points importants pour limiter les risques.

Le Sdis 79 est intervenu sur 40 feux de bâtiments agricoles en 2022, et 26 de janvier à septembre 2023.
© Flavien Coutin / SDIS 17

Les risques de la profession agricole sont importants face aux incendies.

Ces six dernières semaines, six sinistres sont survenus dans des hangars à fourrages, de stockage d'engrais et des élevages du département, provoquant des pertes d'animaux et des blessures pour un exploitant. Le commandant Aurélien Dumas, chef du groupement Gestion des risques du Sdis 79, préconise quelques consignes de sécurité en matière de stockage :

Stocker séparément les matériels agricoles et les matières inflammables, tels que les fourrages, les engrais et les hydrocarbures ;

Activer les coupe-batteries des matériels qui en sont équipés ;

- Les engrais et les hydrocarbures sont particulièrement incompatibles et peuvent occasionner des risques explosifs, compliquant la gestion des feux. Leurs lieux de stockage doivent donc être éloignés.

En cas d'incendie, la propagation de l'incendie est un risque majeur. " Les nouvelles constructions de bâtiment de fourrages doivent respecter une distance réglementaire d'au moins 15 m des autres édifices (selon la nature et les volumes stockés), afin de créer une zone coupe-feu ", précise le commandant. Une zone de rétention des eaux d'extinction est aussi à prévoir pour éviter les pollutions du milieu en cas d'incendie. Il est préférable de consulter le Sdis au moment du montage du dossier d'urbanisme.

Des extincteurs pour réagir vite

En cas de départ de feu, les extincteurs permettent de réagir rapidement. " Les extincteurs doivent être vérifiés annuellement ", précise Aurélien Dumas. Des formations, sur le choix et la manipulation de ces équipements (dispensées par le Sdis par exemple), sont conseillées.

Pour limiter au maximum les accidents, l'électricité doit être contrôlée annuellement par thermographie, par un bureau de contrôle agréé (Apave ou Socotec par exemple). L'entretien général du bâtiment est également important. " Plus une installation est propre et sans stockage anarchique, moins le risque de propagation est important ", fait valoir le commandant Dumas. " Enfin, tous les travaux par points chauds (soudure, meulage…) sont à proscrire dans les lieux de stockage des fourrages ".

Fourrages et électricité en cause

Bertrand Pétorin, agent général de l'assurance Mutuelle de Poitiers à Magné, identifie deux causes principales de sinistres incendie : l'échauffement du foin et l'inflammation des installations électriques. " Je conseille de placer des sondes automatiques connectées, permettant la mesure en continu de l'échauffement des fourrages, afin de limiter le premier facteur. La vérification annuelle des installations électriques doit être réalisée. C'est notamment une obligation réglementaire pour toutes les exploitations employant des salariés ".

Les bâtiments photovoltaïques sont également des constructions vers lesquelles les assurances portent leur attention. " La profession exige actuellement des contrats d'entretien pour les plus grosses installations, mais il est probable que la demande s'étende bientôt à toutes les installations, au regard des montants importants des sinistres dans ces cas-là ".

Bien s'assurer

Parmi de nombreuses options, deux éléments sont à regarder en priorité dans un contrat d'assurance, rappelle l'assureur : "Vérifier que la surface du bâtiment assurée corresponde bien à la réalité et être vigilant sur le capital déclaré, qui doit être en adéquation avec le réel. D'une manière générale, précise-t-il, je conseille de faire le point sur les contrats tous les deux ou trois ans et d'informer son assureur dès qu'une modification est apportée au bâtiment ".

" En cas de sinistre incendie, le plus important est de maintenir la continuité de l'activité, avec le remplacement rapide d'un équipement, ou l'hébergement des animaux. La souscription d'une option de frais supplémentaires d'exploitation va permettre d'indemniser les frais de délocalisation temporaire de la production. Par ailleurs, la garantie perte d'exploitation me paraît indispensable pour une activité d'élevage et permet de couvrir les pertes en cas d'arrêt de la production ".

 

En cas d'incendie

- Si le feu est naissant, utiliser l'extincteur. Si l'action de l'extincteur ne permet pas d'éteindre le feu
  immédiatement, appeler le 18 ou le 112 ;
- Lors de l'appel aux secours, se laisser guider par l'opérateur. Indiquer les risques particuliers du site :
  présence de produits phytosanitaires, d'engrais, d'animaux, ainsi que les éventuels
  risques de propagation. Ne raccrocher que lorsque l'opérateur le signifie ;
- En attendant les secours, mettre en sécurité les personnes en premier lieu. N'essayer d'évacuer les
 animaux que si cela ne présente pas de danger ;
- Aller au-devant des secours pour les accueillir et les guider ;
D'une manière générale, attendre les secours sans se mettre en danger.

 

 

Lire aussi les conseils d'un maitre d'oeuvre.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Un collectif s'est constitué pour faire une offre de rachat de la Ferme de la Combe.
Adriers : une vente d'exploitation controversée

Membres de la Confédération Paysanne 86, adhérents de l'association des Prés survoltés, élus et particuliers : ils…

Roxane et Abdarrahman Wadih dans le food-truck : "Chez Wadih cheese naan".
Un food-truck aux saveurs indiennes débarque à Barbezieux
Abdarrahman Wadih lance son food-truck de naans, une spécialité de pain indien, à Barbezieux. Ouverture prévue le 13 mai.
Vendredi dernier, Hervé Jacquelin constatait que le niveau du Salleron était plutôt haut.
Hmuc : des objectifs inatteignables ?
Si l'étude Hmuc de la Creuse était appliquée, plusieurs rivières de la Vienne auraient déjà été en alerte. C'est le cas du…
Lionel Simon (2e à gauche), entouré de ses salariés : Dylan Jaulin, Flavie Gourbault, Floriane Cousineau.
"Je fais du lait en individuel avec des salariés"

Suite au départ de son associé, Lionel Simon, à La Peyratte, a choisi de garder le troupeau laitier et d'organiser la main d'…

Pour Julien Dupuis, de l'Earl La Mardière à Saivres, la collaboration avec le restaurant O La Vache représente autant une amitié professionnelle forte qu'un débouché intéressant.
O' La vache, la belle histoire de l'éleveur et du restaurateur

La brasserie conviviale, zone Mendès-France à Niort, rouvrira le 3 juin. Depuis 2019, elle met à la carte de la viande…

Le site Soignon de Saint-Martin-de-Saint-Maixent arrive à saturation de sa capacité de production.
Eurial déménage son usine de fromages de chèvre

Le déménagement de l'usine Soignon de Saint-Martin-de-Saint-Maixent, appartenant à la coopérative Eurial (…

Publicité