"Un coup d'arrêt à la machine infernale"
Début janvier, Sébastien Lecornu a fait plusieurs annonces concernant l'eau et l'irrigation. Le point avec Laurent Sourisseau, en charge de la commission juridique à l'Adiv, sur ces mesures, et ce qu'elles changent dans la Vienne.
Pouvez-vous nous rappeler les mesures annoncées par le premier ministre début janvier ?
Ces annonces ont été faites par Sébastien Lecornu, sur X, le 5 janvier, et elles faisaient suite à une intervention d'Arnaud Rousseau. Quatre mesures ont été annoncées, dont deux à moyen terme, comme une demande de remontée des projets de réserves qui sont bloqués. Cette remontée doit être faite avant le 15 février par chaque Préfet. Dans la Vienne, aucun dossier n'est concerné. Certains projets n'ont pas abouti, mais à cause du financement, ou de recours qui sont en cours. Autre annonce : la refonte de la participation des agriculteurs au sein des organismes de gestion de l'eau, comme les Sage, les comités de bassin, ou le programme Re-Sources.
Quelle est cette représentativité actuellement dans la Vienne ?
Au sein du Sage Clain, l'agriculture représente 4 voix sur les 57 votants, alors que dans le même temps, 80 % des décisions prises par cette structure concernent l'agriculture, qu'il s'agisse de quantité ou de qualité des eaux.
Quelle représentativité espérez-vous ?
Des propositions vont être remontées, et nous, ce qu'on aimerait, c'est une minorité de blocage, avec l'entrée dans le Sage de structures économiques agricoles, comme des coopératives, ou les représentants des filières agricoles.
Il y a aussi eu des annonces à très court terme, voire immédiates ?
Oui, la première, c'est le moratoire sur les décisions, comme Hmuc. Tout est suspendu jusqu'à l'adoption d'une loi spéciale pour l'agriculture, qui devrait se faire au printemps.
Ce qui signifie que la Clé du Sage Clain est suspendue ? C'est une décision qui vous satisfait ?
Oui, mais malheureusement, l'EPTB n'en tient pas compte. Des réunions se tiennent, effectivement sans prise de décision, mais un tel moratoire devrait aussi figer les discussions. Nous avons fait remonter cette situation au cabinet du ministère.
Il y a aussi eu une annonce concernant les volumes ?
Oui, et c'est la plus importante de toutes : elle prévoit la suspension immédiate de tous les textes qui gèrent les volumes. Ce qui signifie que ce sont les textes 2025 qui s'appliquent. Je le redis, c'est vraiment important. C'est comme mettre un coup d'arrêt à la machine infernale. Je dirais qu'aujourd'hui, on a une prise de conscience de l'État sur ces points-là. Malheureusement, l'administration locale n'applique pas ce qui a été décidé. Les 4 Sage que compte le département (Clain, Vienne, Vienne Tourangelle et Creuse Gartempe) ne se sont pas arrêtés...
Êtes-vous plus optimiste que l'année dernière, à la même date ?
Sur les recharges en eau, elles sont moins favorables que l'année dernière. On est dans une situation juste moyenne. Mais effectivement, nous avons eu des décisions fortes, il faut désormais qu'on travaille, sereinement.