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Sèvre niortaise : le projet continue d'intéresser

La Coop de l’eau organise des réunions de terrain pour présenter le protocole dans les moindres détails connus. Elle invite les adhérents à confirmer leur engagement.

Le protocole d’accord est signé. « Maintenant il faut le faire vivre, le faire aboutir », pose Thierry Boudaud, vice-président de la Coop de l’eau.

L’élu professionnel le sait, l’enjeu est grand et la tâche s’annonce ardue. Ces dernières semaines, lors des trois réunions organisées par la Coop de l’eau sur le territoire du bassin de la Sèvre niortaise, pour préciser à ses adhérents les contours du compromis arraché fin décembre, les questions ont été nombreuses. « Certains nous félicitent, d’autres nous questionnent. Dans nos rangs, comme dans ceux de la fédération de la pêche, de Deux-Sèvres Nature Environnement ou de la députée Delphine Batho, le protocole bouscule. Le fait d’avoir réussi à trouver un consensus est une mini révolution. Il a fallu accepter certaines choses pour en obtenir d’autres. Il est normal que notre base nous interroge », expose le représentant des irrigants.

Le coût au mètre cube, les conséquences sur les coûts de production des modalités acceptées, les solutions pour les agriculteurs situés dans les secteurs où les réserves ont été abandonnées, le niveau d’engagement sur les changements de pratiques sont au coeur des préoccupations des adhérents. « Autant que possible, nous apportons des réponses. Il y a, et notamment sur la question du coût, des inconnues ». 17 centimes par mètre cube est le montant sur lequel travaille la Coop de l’eau. « Pour avancer, nous avons besoin que chacun confirme le volume dont il a besoin », encourage Thierry Boudaud. Effectivement, le projet doit être remodélisé selon les volumes arrêtés : 6,8 millions de m3 prélevés l’hiver et stockés en réserves, et 5,9 millions de m3 prélevés dans le milieu en période d’étiage. « Ces derniers jours, la moitié des adhérents s’est positionnée, a confirmé ses engagements », calcule Maud Bousquet, directrice de la Coop de l’eau. Un taux de retour significatif qui n’en rend pas moins urgent le positionnement de la seconde moitié. « À ce jour, personne ne nous a retourné son dossier avec la case désengagement cochée », poursuit-elle. Un signe positif ? Les responsables de la Coop de l’eau veulent y croire. Le projet continue d’intéresser. « 70 % des adhérents ont participé aux réunions organisées les 8 et 11 janvier », pointe Thierry Boudaud, certain que l’animation dans les territoires est nécessaire pour présenter en détail la contrepartie attendue. « Les diagnostics seront faits avant que les premiers coups de pelles ne soient donnés », confirme Maud Bousquet. À partir de ceux-ci, les adhérents, qu’ils pompent ou non dans les réserves, devront s’engager. Selon la situation de départ - surfaces engagées ou non dans des démarches qualités (Haute Valeur Environnementale ; AB ; MAEC) - ils seront amenés à modifier plus ou moins leurs pratiques : allongement des rotations des cultures, développement des techniques de luttes alternatives, réduction de l’IFT, autonomie fourragère, diversification des cultures, mise en place de cultures intermédiaires, plantation de haies, implantation de jachères, faune sauvage… Des engagements en faveur de pratiques que certains identifient comme composantes de l’agriculture du futur mais qui, chez d’autres, posent la question des surcoûts engendrés.

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