Santé : les élus locaux aussi à la manœuvre
Ce n'est pas nouveau, le sujet de la santé est sensible et les élus locaux sont le relais de l'Agence régionale de santé pour porter la politique de santé sur leur territoire. En pays loudunais, un contrat local de santé est à l'œuvre, sur la base d'un diagnostic réalisé en juin 2023.
La densité en médecins généralistes dans le Loudunais est inférieure de plus d'un tiers aux moyennes départementales et régionales. C'est un des constats dressé par le diagnostic de juin 2023, qui a permis d'établir le Contrat local de santé (CLS). Un des outils à la disposition des élus pour "améliorer, pour toute personne vivant sur le territoire de la Communauté de Communes du Pays Loudunais, notamment les plus vulnérables, l'accès à une offre de santé globale". Des axes d'actions stratégiques sont ensuite déclinés : l'attractivité, la promotion de la santé, l'autonomie des personnes âgées ou en situation de handicap, la santé mentale et le cadre de vie. Et des actions concrètes sont menées, à l'instar des maisons de santé, souvent mises en place par les conseils municipaux. On en compte quatre : à Loudun, Les Trois-Moutiers, Moncontour et Monts-sur-Guesnes. Et d'autres seraient en projet. Depuis 2023, les professionnels de santé du territoire ont mis en place une Communauté professionnelle territoriale de santé du Loudunais (CPTS). Un outil associatif cette fois, indépendant des élus mais qui est une pierre de plus à l'édifice de l'offre de soin, et qui est soutenue par des nombreux partenaires, et dont l'objectif est de promouvoir les soins primaires et accompagner les professionnels de santé libéraux du territoire dans leurs exercices, améliorer l'organisation des parcours de soins autour des patients ; améliorer l'accès, la qualité et la pertinence des soins dans une approche populationnelle, améliorer et organiser la réponse aux besoins de santé sur le territoire ; contribuer aux actions de santé publique sur le territoire ; organiser une offre de soins en cas de survenue d'une crise sanitaire grave. D'autres associations sont parfois aussi à l'œuvre, notamment en soutien aux personnes atteintes de maladies chroniques. Plusieurs existent dans la Vienne, mais le programme d'éducation thérapeutique en polypathologies à domicile ne devrait plus être financé par l'ARS à partir du mois de juillet. Le sénateur Bruno Belin, qui est également pharmacien dans le territoire Loudunais (à Monts-sur-Guesnes), a interpellé la ministre de la santé à ce sujet. "Ce dispositif (...) permet une amélioration significative de la qualité de vie des patients et de leurs aidants, tant sur le plan physique que psychologique." rappelle-t-il. Enfin, les élus peuvent impulser d'autres projets, conjointement d'ailleurs avec d'autres territoires. En loudunais, avec le territoire de Grand Châtellerault, un conseil local de la santé mentale du nord-Vienne, va ainsi voir le jour à partir de juillet prochain.
Une des plus jeunes candidates
À tout juste 29 ans, Mathilde Gaudicheau se présente cette année sur une des listes aux Trois-Moutiers. "J'ai toujours voulu participer pour faire aboutir des projets" explique la jeune femme, "ça me permettra de voir une autre facette de mon métier". Depuis 6 ans, la candidate est en effet secrétaire de mairie en Indre-et-Loire, et avait travaillé avant dans différents postes dans la fonction publique. Une profession qui fait que Mathilde Gaudicheau connaît déjà particulièrement bien le fonctionnement d'une mairie. "Au fil des années, j'ai l'impression que tout devient un peu plus compliqué pour un conseil municipal de faire aboutir ses projets. Mais ça ne me décourage pas, au contraire !"
Agriculteur et engagé
L'engagement, c'est loin d'être quelque chose de nouveau pour Bruno Lefebvre. L'agriculteur de Curcay-sur-Dive a en effet été élu en tant que parent d'élève, président du foot (et bien d'autres !), avant de rejoindre dans les années quatre-vingt-dix l'équipe municipale de sa commune, en tant qu'adjoint. Le mandat suivant, en 2001, c'est lui qui conduit la liste et qui est élu maire. Cette année encore, il se présente, avec 10 candidats, dont 2 autres agriculteurs, mais ne souhaite plus siéger à la Communauté de communes (dont il est actuellement l'un des vice-présidents). "Ce sont des mandats très complémentaires, mais très chronophages". L'agriculteur avoue que ces mandats l'ont obligé à prendre un salarié sur l'exploitation qu'il a avec son fils (une peupleraie). "Sans mon fils, ça n'aurait pas pu être possible". Un engagement qui exige selon lui de "faire des concessions", mais pour lequel il ne ressent pas d'usure. "Il faut accepter de donner de sa personne, surtout dans des petites communes comme la nôtre, car on fait un peu tout, en tant que maire. D'ailleurs, cela demande beaucoup de travail, pour connaître le fonctionnement, les textes de loi. On n'est pas maire directement, on le devient". Et quand on lui demande si cet engagement lui a donné des compétences qui lui servent sur son exploitation, il répond que c'est le contraire. "Quand il faut négocier un nouveau tracteur pour la commune, c'est moi qui y vais, avec un autre agriculteur de ma liste !"
Les attentes d'une association
Le recyclarium est le nom de l'association qui porte la recyclerie installée à Angliers. Auparavant nommée Le Silo, l'association est né en 2017 et était installée d'abord à Monts-sur-Guesnes puis à Loudun.
Marie-Pierre Albert est l'une des déléguée de l'association. "Mes attentes dans le cadre de nos actions seraient sans doute d'être considéré comme un partenaire des élus et des collectivités. L'an dernier, le recyclarium a collecté tout de même 32 tonnes de déchets mais nous avons l'impression d'être cvus comme des concurrents des brocanteurs ou des associations caritatives. Nous sommes ni l'un ni l'autre mais nous participons à notre échelle à la politique de réduction des déchets et les élus devraient mieux le prendre en compte". Le recyclarium compte 180 adhérents.