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Regards en arrière, coup d’œil en avant sur un syndicalisme d’équipe

Pas facile de lever le voile sur la PAC 2020. Henri Brichard l’a fait devant les adhérents : beaucoup d’incertitudes encore.

© AC

L’après-midi fut dense. Dire toutes les actions menées, opportunes comme celle de Brouage («deux bouillées de joncs détruits») ou moins efficace comme celle de l’emmurage de la DDTM, raconter les multitudes de réunions de concertation, de mises au point, de montage des dossiers ou de crises pour la gestion de l’eau, c’est décrire le quotidien de la FNSEA 17 et de ses élus dans diverses instances. L’assemblée générale de la FNSEA 17 s’est tenue, lundi à Saintes, sous un ciel neigeux. Chaque section ou thématique a fait longuement le point sur les «acquis» ou les «revendications», dénoncé quelques aberrations ou incohérences de gouvernance ou de gestion des dossiers. Faut de nouveau s’arrêter sur la quête toujours repoussée de la parité des retraites comme le soulignait Michel Pelletier, souffler à la pause dans le régime des complémentaires santé, remettre sur le tapis l’âpreté des négociations sur l’encadrement et le calcul des fermages, dresser un portrait peu reluisant des marchés des grandes cultures à coup de prix bas, d’attaques contre les intrants dont le glyphosate ou de très décriée SIE, sans parler de la campagne «difficile» d’irrigation en bute avec des restrictions «mal venues» ? Il faudrait y ajouter les griefs sur le prix du lait, toujours aussi bas, l’absence de vision à long terme des laiteries en lait de chèvre, le «viande bashing» de la filière animale pourtant fière de sa déclinaison locale de circuits courts avec la GMS, ou bien la «bonne entente» entre administration et syndicaliste sur les structures même si on critique un schéma régional des structures «déconnecté de la réalité du terrain.» C’est sans compter la longue litanie des «dossiers» environnementaux où sout une «révolte générale qui nous prend aux tripes» : SNA, MAE, définition des cours d’eau, directive nitrates, ZNT… Cédric Tranquard,  fraîchement élu président de la FNSEA 17, mâche ses mots avant de les prononcer à la tribune. Biaise souvent avec de l’humour pour que la pique porte. «Continuer et ne rien lâcher» semble être sa devise.

+ de 17 dans l’assiette


Si Julien Rouger, président des JA 17 insistait sur le renouvellement des générations, il souhaitait aussi la «mise en cohérence» et de la cohésion entre les différentes structures syndicales. Il est vrai que la perspective des élections aux Chambres d’agriculture va installer l’idée d’une vision agricole départementale. Et l’annonce faite à la tribune par Luc Servant, président de la Chambre d’agriculture, de la mise en place d’une «marque Le 17 dans l’assiette» devrait «faire évoluer les mécanismes.» Il annonçait un travail avec chaque filière où «la profession doit anticiper, réorganiser pour approvisionner les attentes locales.» Siégeant à l’APCA, il constate un déclin français : «la France s’efface de plus en plus, exporte de moins en moins. Enlever les vins et le cognac des exportations... »
Si les chantiers ne manquent pas au syndicalisme, entre Etats généraux de l’Alimentation, alternatives phytos, contrats de solutions, tous les intervenants à la tribune soulignaient cela comme des défis. Luc Servant veut «décortiquer les coûts de production» soulignant que la «baisse des prix en grandes cultures, c’est le revenu d’il y a dix ans.» Il appelait aussi de ses vœux une autre formule des mesures agro-environnementales : «il faut réécrire autre chose avec une obligation de résultats.» Il vient de sillonner la France pour expertiser la gestion de l’eau et s’étonner de la cristallisation départementale que ne porte pas un projet politique : «pourtant avec un portage public et financier collectif.»

 

Les modes d’action

Cédric Tranquard, déçu de l’absence des parlementaires, trouvait «intéressant, constructif l’axe de la concertation avec la nouvelle équipe de la DDTM.» Il revient sur la dynamique syndicale  : «mieux vaut labourer un marais que d’embêter le public. Nous allons continuer sur des actions de ce type. Sur les zones défavorisées nous avons commencé avant les autres, nous sommes à 95  % écoutés.» Le président de la FNSEA 17 concluait : «on peut se féliciter de s’être bien battu chez nous, mais en Deux Sèvres ils perdent 9 M€ pour 1500 agriculteurs. C’est l’agriculture régionale qui en pâti.» Sur l’éclaircissement promis par Emmanuel Macron pour l’agriculture, il inverse le qualificatif  : «ça s’assombrit plutôt  ! Comment faire de la vente directe des céréales ? Faisons en sorte que les produits de Charente-Maritime soient reconnus. Commençons par une production avec une marque, et élargissons. Mais nous ne valoriserons pas tous les produits faits chez nous de cette manière. Il faut continuer à se battre pour accéder au marché mondial et continuer à exporter. La Pallice est une aubaine pour nous. Félicitons-nous d’avoir des outils pour exporter.» Cédric Tranquard marquait le pas : «les retards de paiements ont insisté les centres de gestion pour précipiter à l’abandon des exploitations. Nous avons crié, crié depuis 3 ans, nous avons eu gain de cause. Mais certains sont restés en rade : ils ne se relèvent pas !» Il imagine un recours juridique pour mise en difficulté, hors de capacité de production, pour des engagements non respectés.

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