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Les secrets du changement climatique 1/12
Notre région se réchauffe : oui, mais à quelle vitesse ?

Année après année, les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine s'en rendent bien compte : les printemps sont plus doux qu'autrefois, les vagues de chaleur estivales plus fréquentes, et les hivers moins rigoureux. Autrement dit, notre climat se réchauffe. Certes, mais des éléments plus précis permettent-ils de savoir à quelle vitesse ce changement affecte notre région ?

La réponse est oui. Un premier aperçu de ce réchauffement nous est donné par la température moyenne annuelle, c'est-à-dire la moyenne des températures des 365 (ou 366) jours composant chaque année civile. Où que l'on se trouve en Nouvelle-Aquitaine, cette température s'est accrue depuis 1970 à une vitesse proche de + 4 °C par siècle ! A ce rythme, Poitiers a connu en moyenne ces dix dernières années la température que connaissait Biarritz dans les années 1970 : 13,1°C ! De même, Bordeaux avec 14,9°C en moyenne au cours des dix dernières années, a dépassé la température que connaissait Saragosse dans les années 1970 : 14,7°C !

 

 10 km
      C'est – traduite en déplacement virtuel vers le sud – la vitesse à laquelle se déplace une ferme de Nouvelle-Aquitaine, sous l'effet de l'augmentation de température induite par le changement climatique.

Cette impressionnante vitesse de réchauffement est-elle une particularité de notre région ? En aucun cas : le même rythme est constaté dans la plus grande partie de l'hexagone, et même de l'Europe de l'Ouest. Les territoires Néo-Aquitains sont donc exposés depuis un demi-siècle au même "dérapage thermique" que ceux d'Occitanie ou de Centre Val-de-Loire. Un deuxième regard sur cette augmentation des températures, consiste à analyser les températures élevées, celles que l'on rencontre généralement entre le printemps et l'automne. Ainsi, si l'on dénombre chaque année les jours où la température atteint ou dépasse 25°C (appelés "jours chauds" par les climatologues) on s'aperçoit que ceux-ci ont presque doublé en cinq décennies. Une multiplication des jours chauds qui n'est évidemment pas sans conséquences sur la croissance des cultures, ou sur la production de lait ou de viande.

Des jours de gel deux fois moins nombreux

Un troisième éclairage consiste à compter les jours de gel par an, c'est-à-dire ceux dont la température minimale est inférieure ou égale à 0°C. Pas de surprise, ils se raréfient : environ deux fois moins nombreux que dans les années 1970. A Limoges par exemple, il y avait en moyenne 49 jours de gel par an dans les années 1970. Il n'y en a eu que 27 par an en moyenne durant la décennie 2015-2024. Force est donc de constater que le froid est en train de disparaître de notre région. D'où les faibles qualités de floraison des arbres fruitiers rencontrées ces dernières années.

Dernier point à éclaircir : nos saisons se réchauffent-elles à la même vitesse ? Eh bien non ! En Nouvelle-Aquitaine, l'hiver est la saison qui se réchauffe le moins vite (environ + 3°C par siècle), les trois autres se réchauffant à un rythme compris entre + 4 et + 5°C par siècle suivant la localisation. Pour autant, aujourd'hui comme autrefois, le cycle saisonnier demeure inchangé sur le plan thermique : une saison chaude (l'été) et une saison froide (l'hiver) séparées par deux saisons intermédiaires (le printemps et l'automne). Mais, chacun l'aura compris, aujourd'hui les termes "saison froide" et "saison chaude" n'ont plus tout à fait le même sens qu'autrefois ! Actuellement, notre agriculture régionale produit donc lait, viande, céréales, fruits et autres légumes sous un climat devenu 2°C plus chaud qu'il y a un demi-siècle. Ce constat étant fait, chacun s'interroge légitimement sur la suite : les mêmes productions agricoles pourront-elles être maintenues dans un demi-siècle sous un climat 2°C plus chaud qu'aujourd'hui?

Retrouvez les autres épisodes de cette série dans notre dossier

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