Mobilité rurale : des solutions en marche
Vivre en milieu rural, c'est souvent être un peu loin de tout. Pour garder ses habitants, le sud Vienne a déjà mis en place plusieurs solutions de mobilité.
"Les élus doivent se demander ce qu'il est possible de faire pour inciter les citoyens à utiliser des modes de déplacements dans le cadre de la transition énergétique. C'est un ensemble de solutions pour faciliter les déplacements des habitants" affirme Jean-Guy Valette, maire de Genouillé. Dans le cadre du contrat de ruralité, une plateforme de covoiturage est en projet dans le village. "C'est une manière d'officialiser une situation qui existe déjà. La place de l'église est utilisée chaque jour par des automobilistes qui se rejoignent pour partir ensemble à Ruffec par exemple" confirme l'élu. Le transport solidaire est aussi une solution de mobilité. L'association Cif-SP est à la manœuvre sur 32 communes du Civraisien pour, en 2025, 192 bénéficiaires et 28 chauffeurs volontaires pour un peu plus de 1 000 demandes et 455 000 km parcourus. L'association Cicérone, à Civray et Charroux, est aussi fer de lance de la mobilité avec son service de location de scooters (4 dont 3 électriques), d'une voiture et d'un vélo électrique, dans le cadre d'un emploi, une formation ou de démarches administratives. La démarche est aussi soutenue par les fonds européens. En 2025, c'est 710 jours de locations avec un accompagnement vers des solutions plus pérennes.
Transport à la demande
Le constat en milieu rural est clair pour les élus dont Sylvie Coquilleau, maire de Payroux et vice-présidente de la communauté de communes en chargé des questions de mobilité : "la mobilité, c'est un droit fondamental pour vivre dignement sur un territoire rural et une clé de l'accès aux soins, à l'emploi et à la vie sociale". Ainsi le Tadi (Transport À la Demande Intercommunal) permet de venir chercher les personnes à domicile dans une vingtaine de communes du Civraisien en ayant réservé la veille (* au 0 970 870 870). En 2024-2025, 116 personnes ont ainsi été transportées (101 en 2023-24) pour un peu plus de 2 800 kilomètres parcourus.
Et le train ?
Puisque la ligne de TER entre Poitiers et Angoulême passe de fait dans le Sud Vienne, utiliser les équipements en place pourrait permettre des offres de mobilité en plus. C'est le cas notamment à Blanzay, où le train s'arrête actuellement dans les deux sens de circulation, matin et soir, dans la gare d'Epanvilliers. "On aimerait qu'il y ait deux arrêts le matin, et deux arrêts le soir, pour plus de flexibilité" explique Jean-Claude Provost, 1er adjoint de la commune. Des discussions sont actuellement en cours avec la SNCF, qui semble plutôt favorable au principe. La commune envisage également la mise en place d'un parking, sur un terrain qui lui appartient. Une offre de mobilité qui pourrait concerner les salariés, mais pas seulement. "Aller faire des courses ou aller à un rendez-vous à Poitiers ou à Angoulême, ça pourrait être possible grâce à ce TER. On entend souvent qu'en milieu rural, on pollue trop car on prend la voiture. Mais il faut bien qu'on se déplace. Et il n'y a pas de ligne de car".
Un des plus jeunes candidats
Raphaël Rembeault à 24 ans. Il avait tout juste la majorité quand il a été élu au conseil municipal d'Anché en 2020. Il est devenu adjoint en 2023. "J'ai grandi à Anché. Je connais bien la commune et j'y suis profondément attaché. Je me suis plongé dans les dossiers un peu compliqué et l'année dernière, celui de l'école m'a beaucoup occupé. L'école que nous partageons avec Voulon était menacée par la fermeture d'une classe". L'élu repart pour ces élections avec sa jeunesse parce qu'il pense que "le conseil municipal doit être représentatif de tous les habitants pour répondre à leurs attentes car nous n'avons pas tous les mêmes façons de vivre, travailler, bouger. Je repars avec autant de niaque pour défendre les communes rurales. Je trouve que les communes sont dessaisies de plein de sujets alors qu'on a besoin d'elles sur pleins d'autres. Il faut être combatif aujourd'hui pour défendre la ruralité".
Ce qu'il attend de son maire
Hervé Bernardeau est le président de la Chemise Verte, association qui organise le festival Au Fil du Son, à Civray. "J'attends du soutien et de l'accompagnement, pour faire vivre la commune".
Un accompagnement à la fois financier, mais pas seulement. "On a aussi besoin de logistique, et de présence. Pour un club de foot, voir les élus au bord du terrain, c'est important".
Pour le festival en tant que tel, la mise à disposition d'équipement est indispensable, ou la préparation des chemins et parkings sont aussi pour lui primordiaux. "Je remarque que dans les petites communes, l'investissement est souvent très important. L'esprit vivant d'une commune est souvent véhiculé par son maire. Soutenir les associations, ça donne une impulsion importante".
Agriculteur et engagé
À Blanzay, Jean-Claude Provost, éleveur caprin et bovin, est impliqué depuis ses trente ans dans le conseil municipal. "À l'époque, c'était naturel pour un agriculteur d'être au conseil municipal. Sur 15 élus, dans mon premier mandat, on était 14 agriculteurs". 31 ans plus tard, et alors qu'il est actuellement 1er adjoint, il se lance cette année en tête de liste, dans la continuité d'Isabelle Surreaux, la maire actuelle. "Notre profession nous permet d'être plus facilement disponibles. S'il y a une urgence, on peut plus facilement se déplacer". Selon lui, il est important qu'il reste des agriculteurs dans les conseils municipaux des petites communes. "On connaît le territoire. Et les besoins du monde rural. Par exemple, mettre des ralentisseurs partout, ça peut parfois poser problème pour le passage des tracteurs."