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Politique
Les ruralités, des nids à idées

Le Conseil régional et l’association Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine ont organisé le troisième Forum européen des ruralités, le 5 juillet, dans la Creuse.
 

Le Conseil régional assure avoir la volonté d’aller plus vers les communes de moins de 2000 habitants.
© territoires.nouvelleaquitaine.fr

Le temps passe si vite. Il y a trois ans, lors du dernier Forum européen des ruralités en présentiel à La Souterraine, en Creuse, le maire de la ville, Étienne Lejeune, s’inquiétait de la situation économique locale avec l’usine GM & S. Elle était en passe de fermer, traduisant presque deux décennies de déclin industriel. Aujourd’hui, au moment d’accueillir les 170 participants au forum, Étienne Lejeune s’est réjoui de l’arrivée d’une grande entreprise de la maroquinerie avec beaucoup d’emplois à la clé. « C’est un joli coup du destin, se félicite-t-il. Cela traduit nos choix d’engager notre territoire dans une profonde mutation ».

Urbain et rural : équilibrer les fonds

Pour bien comprendre l’enjeu d’un forum consacré aux ruralités, il faut savoir que l’espace rural occupe 50 % de la surface de la région Nouvelle-Aquitaine et abrite 51 % de la population totale. La politique rurale a été inscrite dans les règlements du Conseil régional. En clair, cela se traduit par plusieurs appels à projet qui ont, au final, abouti au financement et à la réalisation de quelque 360 projets dans les douze départements de la Nouvelle-Aquitaine. « Nous avons voulu poursuivre et compléter le travail du cluster ruralités », souligne Laurence Rouède. La vice-présidente régionale en charge du développement, de l’équité des territoires et des contractualisations définit la politique de la Nouvelle-Aquitaine en faveur du rééquilibrage territorial : « Penser loin, agir près ».

En conséquence, après les appels à projets, le Conseil régional choisit la contractualisation. Il y aura deux vagues, 2023-2025 et 2026-2028, et « nous nous attacherons à deux grands axes : les transitions, quelles qu’elles soient, et la ruralité, avec la volonté d’aller plus vers les communes de moins de 2 000 habitants », précise Laurence Rouède. Cette volonté se traduit dans les fonds, qui seront fléchés à parité entre urbain et rural. En revanche, ils doivent être consommés pour que la région continue d’en bénéficier. Le message est clair : aux communes rurales d’avoir les idées, les financements suivront.
 

Rendre publics les cahiers de doléances

Qui a oublié la crise des Gilets jaunes, mouvement de protestation né à l’automne 2018 ? Certainement pas les maires ruraux qui, au paroxysme de la crise, en décembre 2018, ont ouvert des cahiers de doléances pour, en quelque sorte, « éteindre l’incendie », comme l’exprime Didier Le Bret. Ce dernier, ancien diplomate et ambassadeur de France en Haïti, était invité par le Forum européen des ruralités, à La Souterraine, pour évoquer les grandes lignes de son livre « Rendez les doléances », un ouvrage qui porte le même nom que l’association qui demande à l’État de respecter son engagement de l’époque de rendre publics et accessibles ces cahiers citoyens.
Quelque 22 millions de Français vivent en milieu rural et, au moment de la crise des Gilets jaunes, la moitié des 36 000 communes françaises ont ouvert un cahier de doléances. « Le mot-clé qui émerge, c’est : J’existe, dévoile Didier Le Bret. C’est une France qui est sortie d’une forme d’invisibilité ». Ces cahiers traduisent, aujourd’hui encore, les sujets de préoccupation des Français, notamment de ceux qui vivent en milieu rural.
Il y est surtout question du pouvoir d’achat. « Ça va bien au-delà de ce qu’on met dans le caddie, il est plutôt question de pouvoir de vivre », précise Didier Le Bret. Les mobilités, et on se rappelle que le coût des carburants était le point de départ du mouvement, sont au cœur des préoccupations. « Avec cette impression qu’on leur impose des mesures punitives et des questions d’équité : pourquoi un smicard paye la même amende que quelqu’un qui gagne 10 000 euros par mois » ?
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