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Les maires ruraux bien décidés à écrire le futur

Quand on évoque les maires, ce sont évidemment les élections municipales de 2026 qui viennent à l'esprit. Lors de leur congrès national, qui s'est déroulé la semaine dernière au Futuroscope, les maires ruraux ont voulu voir plus loin, assurant que "le futur s'écrit au village".

Les maires ruraux avaient déjà tenu leur congrès national dans la Vienne (à Monts-sur-Guesnes en 2011). Mais ce qui était une première, c'est la venue lors de cet événement de tant de personnalités politiques : les députés et sénateurs de la Vienne, évidemment, élus du Conseil départemental et de Grand Poitiers aussi, ainsi que Gérard Larcher, président du Sénat et surtout Yaël Braun Pivet. " C'est la première fois qu'un président de l'assemblée nationale est présent à ce congrès" s'est-elle étonnée pendant son discours. Un éloignement envers les élus locaux qu'elle essaie de gommer en multipliant les visites de terrain depuis son élection à la présidence. Interrogée sur le sujet, Yaël Braun Pivet se dit opposée à un retour de la possibilité d'être à la fois maire et député. "Je suis contre le cumul des mandats. Les députés doivent l'être à plein temps, mais ils doivent effectivement garder leur ancrage local". Françoise Gatel, ministre démissionnaire de la ruralité au moment du congrès, était aussi présente. Un "contexte inédit" comme l'a souligné Michel Fournier, président de l'association des maires ruraux de France, qui s'est félicité de cette affluence. "Nous sommes à un moment crucial, avec notamment la réforme du statut de l'élu, qui doit consolider les avancées de ces dernières années. Mais il est inutile de faire l'éloge des maires, si l'esprit comptable bercysien oublie ces mandats. Vu de nos campagnes, les représentants ont une conception assez étonnante du faire ensemble" a lancé le maire de Châtel-sur-Moselle, dans les Vosges.

Mac-Gyver de la démocratie

Selon lui, "l'engagement devrait être une priorité nationale, car les élus locaux sont les seuls à représenter la stabilité dont on a besoin". Et de rappeler que ce sont bien dans les communes rurales qu'il y a "l'eau, la forêt, la terre, l'alimentation" mais que la DGF ne prend pas ces éléments en compte, en retenant uniquement le nombre d'habitants, et pas les surfaces de chaque commune. 

Le chef d'orchestre de la journée, Cyril Cibert, s'est lui aussi félicité de la présence de tant d'élus locaux et nationaux. Maire de Chenevelles, il est aussi président de l'association des maires ruraux de la Vienne, et c'est lui qui a travaillé, depuis près d'un an, à l'organisation du congrès. "Nous, les maires ruraux, nous sommes les Mac-Gyver de la démocratie. Mais on a besoin d'être accompagnés pour continuer". Et de proposer que tous les sénateurs et députés viennent passer quelques jours dans des communes rurales. L'élu, qui est notamment à l'origine du Pass Mobilité ou des Fiertés Rurales dans sa commune avait aussi souhaité associer la jeunesse à l'événement, en invitant notamment 16 élèves en 1re bac pro CGEA à participer à la journée du vendredi. "C'est important pour nos jeunes de voir comment se passent les débats au national" assure Alexandra Mesrine, animatrice à la MFR. Les débats du samedi étaient d'ailleurs axés sur cette thématique, et les Jeunes Agriculteurs de la Vienne étaient invités à y participer. L'occasion d'échanger avec de nombreux élus sur des sujets cruciaux : le renouvellement des générations en agriculture,  la souveraineté alimentaire,  l'installation des jeunes et plus largement, la place de l'agriculture dans la vitalité des communes rurales. "Nous restons mobilisés pour renforcer le lien entre jeunes agriculteurs et élus locaux. Nous savons que l'avenir de la ruralité passe par une agriculture forte, durable et incarnée" ont-ils notamment expliqué.

Forte présence locale

Les maires ruraux de la Vienne étaient évidemment nombreux à participer à ce congrès, mais aussi plusieurs structures locales, en tant qu'exposants. Parmi les stands, la gendarmerie de la Vienne ( qui présentait l'accompagnement qu'elle peut réaliser pour la sécurisation), Eaux de Vienne, la MSA Poitou, le CAUE de la Vienne, Dove Buster (entreprise de Châtellerault qui propose des solutions de dépigeonnage, notamment aux collectivités), mais aussi Clémence et Antonin (en photo avec Gérard Larcher et Cyril Cibert, lors du passage des élus sur son stand). "On est très présents sur le grand ouest. On sait que les maires ruraux se battent pour préserver des services dans leur commune, et notre solution peut les aider" explique Stéphane Omer. Son entreprise, basée à Neuville-de-Poitou, propose du portage de repas à domicile, et se développe sous forme de franchise. "Nous sommes en train de nous déployer sur La Rochelle et Angoulême. Quand on arrive sur un territoire, on peut ensuite rayonner et aller partout".

Les discours

Yaël Braun Pivet et Gérard Larcher ont chacun évoqué les maires ruraux dans le contexte actuel lors de discours à la mi-journée de vendredi. "Une enquête de Cevipof montre que le maire est l'élu dans lequel les Français ont le plus confiance" évoque Yaël Braun Pivet. La présidente de l'assemblée nationale a notamment évoqué la nécessité de simplifier des procédures mais aussi la réforme en cours sur le statut de l'élu. "La loi a été votée à l'unanimité à l'assemblée nationale et est désormais dans la navette parlementaire. Je pense qu'elle sera adoptée dans les prochains mois". À quelques mois des élections municipales, elle a aussi évoqué la nécessité de voir plus de femmes s'engager. "Actuellement, seulement 20 % des maires sont des femmes. Mesdames, briguez la première place !". Une notion d'égalité qu'elle étend à la ruralité. "Nous devons agir pour offrir une égalité des chances à tous, y compris entre urbain et rural. Cela passe par un accès égal aux études supérieures, aux commerces...". C'est Gérard Larcher qui a clôturé les discours, et a évoqué les "sujets d'inquiétude pour le budget 2026." Face au déficit, le président du Sénat estime que les efforts demandés aux collectivités ne devraient pas excéder les 2 milliards d'euros. Selon lui le "grand souffle de la décentralisation se fait attendre", et une grande réflexion "sur les sujets de ruralité" devrait être menée.

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