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Rentrée 2022
« Les jeunes cherchent du concret »

Au sein des MFR de Charente-Maritime, le secteur agricole connaît un regain d'intérêt, constate la directrice de la fédération départementale, Valérie Chevalier.

Les MFR continuent leur mission éducative tournée vers le monde et vers les autres. « L’engagement et l’écocitoyenneté sont les moteurs de nos projets », assure Valérie Chevalier, directrice des MFR 17.
© Kévin Brancaleoni

Les huit MFR de Charente-Maritime accueillent pour cette rentrée 950 élèves en formation initiale. « 2022 est un bon cru », observe Valérie Chevalier, directrice de la fédération départementale. « L’apprentissage continue de progresser. Le nombre d’élèves en 4ème et 3ème est en hausse, tout comme les sections professionnelles CAP, Bac pro. »

Cet engouement est directement lié à l’alternance pour la directrice du réseau départemental : « Les jeunes (et les familles) recherchent le concret de l’expérience professionnelle. Ils veulent mettre les pieds plus vite dans la réalité du métier. » La génération actuelle a bien conscience que l’orientation choisie à 14 ans pourra changer et que des formations sont accessibles tout au long de la vie professionnelle. « Il y a un effet lié à la crise du Covid : les jeunes veulent être autonomes plus vite. Les filières professionnelles, l’alternance et l’apprentissage ont été revalorisés. Ils ont l’avantage d’insérer dans la vie sociale et économique plus facilement et rapidement », rapporte Valérie Chevalier.

Deux nouveautés sont à noter cette année : le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) s’ouvre à l’apprentissage et le nouveau BTSA développement et animation des territoires ruraux (DATR).

La filière agricole en nette progression

Les formations en agriculture connaissent « la plus belle progression ». « Alors qu’il y a dix ans, on disait que cette filière était en perte de vitesse, il y a aujourd’hui un regain d’intérêt des jeunes vers le bac pro CGEA », observe-t-elle. « Les agriculteurs ont besoin de main-d’œuvre et prennent des apprentis. Ce sont beaucoup de jeunes qui ne sont pas issus du milieu agricole. Ils s’orientent en majorité vers le salariat. Leur idée n’est pas de s’installer, pour le moment. »

Plus largement, les métiers de la nature et du vert ont le vent en poupe. « Les jeunes se posent des questions : comment transformer la nature ? Comment le faire en prenant en compte les enjeux de l’écologie, du développement durable, des circuits courts ? Ils se destinent à être des agents d’entretien de la nature, tout en ayant la capacité de produire. On a un peu de relève qui s’assure ! » se réjouit Valérie Chevalier.

Le sanitaire et social toujours en désaffection

Alors que les établissements sanitaires et sociaux ont un besoin permanent de recruter, les jeunes se sont détournés de cette filière « depuis cinq ans ». « Quand on écoute la profession, ce n’est pas tant le manque de reconnaissance salariale, mais bien la dégradation de la qualité de vie au travail qui est à l’origine de la pénurie de main d’œuvre. Les équipes sont pressurisées pour obtenir du rendement, ce qui va à l’encontre de la bienveillance au cœur de leur métier. Tout ça joue sur l’attraction des jeunes dans cette filière. »

Ces formations attirent davantage les adultes. « Ils ont un niveau bac ou certains ont même commencé des études supérieures. Ils ne voient pas toujours où ça peut les conduire. Ils se tournent alors vers une formation spécifique pour découvrir un métier qui a du sens. » Les reconversions sont aussi nombreuses en cette période post-Covid, mues par la volonté de « vivre autrement », d’autant plus que dans ce secteur, « les employeurs sont prêts à embaucher dans le monde rural. »

Le rendez-vous emblématique qui réunit toutes les MFR est donné à Pons, à la fin du mois de janvier 2023, pour une nouvelle édition après deux années sans rassemblement.

À noter : les portes ouvertes 2023 auront lieu les 25 février et 18 mars au sein des 8 MFR de Charente-Maritime.

 

Première rentrée pour Maxime Gacher

Nouveau directeur de la MFR Saint-Genis-de-Saintonge, Maxime Gacher connaît bien les lieux. En 2014, il est sorti diplômé de cette même MFR, où il a par la suite enseigné le commerce et la gestion pendant quatre ans. En cette rentrée 2022, il remplace Jacques Chevalier, promu au poste de directeur départemental en Charente.
D’élève à directeur, la transition a été « curieuse au début » pour Maxime Gacher, qui en voit néanmoins tous les aspects positifs : « Je connais la MFR par cœur, sous tous ses angles. Avoir été élève et formateur me donne une vision globale. » Il souhaite pérenniser ce qui a été mis en place par son prédécesseur et continuer à porter les valeurs des Maisons Familiales et Rurales : « Notre mission est de faire des jeunes des adultes responsables, en mettant l’accent sur l’autonomie. L’accompagnement va au-delà des cours, on est présent quand ils cherchent un logement, pour leurs démarches administratives… qu’ils soient prêts à entrer dans la vie active à la fin de leur parcours. »

Reprendre les bonnes habitudes

En tant que « relais des parents », les formateurs assurent aussi un rôle d’éducateur, encore plus nécessaire pour des jeunes qui se sont éloignés de l’école pendant la crise Covid. « Ils ont perdu l’habitude d’être à l’école, d’être assis et attentifs. Ce n’est pas une généralité, mais certains ont souffert des cours en distanciel et ils ont manqué des choses. » Le taux de réussite au bac s’élève tout de même à 96 % pour les formations en services à la personne.
La MFR Saint-Genis-de-Saintonge ouvre deux nouveaux BTS à la rentrée : développement et animation des territoires ruraux ; univers jardin et animaux de compagnie. Le second a pour but de répondre à la forte demande des entreprises implantées dans le territoire autour de l’extérieur et de l’animalerie.
L’établissement accueille environ 160 élèves, un effectif en hausse. « Nous avons beaucoup travaillé pour attirer de nouveaux élèves et nous souhaitons aller encore plus loin », affirme Maxime Gacher. La structure arrive tout de même au maximum de ses capacités : « Nous avons racheté un bâtiment récemment, qui doit faire l’objet d’aménagements. »

 

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