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"Les animaux étaient comme foudroyés"

Éleveur en Wallonie, mais aussi salarié dans une école agricole en Belgique, Aurélien Evrard a vu les cheptels des deux sites, ovins et bovins, être touchés par le sérotype-3 de la FCO. Malgré le vaccin, des traitements antibiotiques ou anti-inflammatoires, les dégâts sont très importants.

Aurélien Evrard élève des Texel en Wallonie. 
Aurélien Evrard élève des Texel en Wallonie. 

En Belgique, le sérotype-3 est apparu au début de l'été. "Il y avait eu des cas en Hollande en 2024, et un cas à 60 km de chez moi en juin, mais on a à peine été avertis" regrette l'éleveur. Dans son exploitation située à 30 km de la frontière française, il élève une centaine de Texel. Il travaille aussi dans une école agricole qui a 30 brebis Ile de France et 60 vaches laitières. "Dans l'école, nous avons vacciné fin juin, avec un rappel 4 semaines plus tard, et dans mon exploitation, j'ai vacciné il y a 3 semaines". Comme en France, le vaccin n'est pas obligatoire et est payant, entre 3 et 4 € la dose. Dans les deux cheptels, les premiers cas se sont déclarés après la vaccination. Une vache laitière sur quatre a été impactée, avec des baisses de production importantes: de 35 à 5 litres pendant plusieurs jours. "Il y a eu aussi des avortements, et une des vaches a vêlé hier avec trois semaines d'avance. Je ne suis pas sûre qu'elle entre en lactation...". Dans son exploitation, 20 des 100 brebis ont été touchées, et 7 agneaux nés en avril sont morts. "J'allais les voir le matin, ils étaient plutôt bien. Et le soir, ils étaient morts. Comme foudroyés". Plus de quinze jours après, certains animaux sont encore très affaiblis, ont des problèmes de locomotion ou de pattes comme paralysées. Aurélien Evrard pense devoir les euthanasier. Et surtout, de nouveaux cas se déclarent encore. "On a eu un cas hier à l'école sur une brebis, qui a avorté. Elle avait encore 40 °C de température ce matin". Une contamination qui continue, certainement parce que le moucheron culicoïde, qui transporte la FCO, est encore très présent. "Hier soir, je voyais des nuées importantes dans les champs. Tant qu'on ne passera pas en dessous des 15°C, on en aura!". Après le coût de la vaccination, mais aussi des différents traitements qu'il a dû faire pour sauver les animaux, l'éleveur s'inquiète aussi pour la fertilité des animaux, qui va certainement être affectée. "Je pense que je vais essayer de les tester rapidement". Dans un centre d'insémination en Bleu Blanc Belge situé à proximité de son exploitation, et où les taureaux sont prélevés deux fois par semaine, l'infertilité est avérée. "Pour certains taureaux qui sont très demandés, il va finir par y avoir des manques". 

Face au mur

Alors quand on lui demande comment il voit l'avenir, Aurélien Evard ne sait pas trop quoi répondre. "J'hésite à vendre une partie des agneaux qui ont été sevrés en juillet. C'est difficile de faire son travail en sachant qu'on est impuissant! On est face au mur. Mais à part essayer de sauver les animaux qui sont malades, on ne peut rien faire. On doit continuer".

L'éleveur ajoute quand même être "un peu fâché" avec l'administration, qui n'a pas prévenu très rapidement ni permis de vacciner plus tôt. "On ne peut pas savoir si une vaccination plus précoce aurait permis d'éviter ça, évidemment". Mais une vaccination qui serait intervenue un mois plus tôt aurait forcément permis que la période de 3 semaines pour atteindre l'immunité soit respectée.

Aurélien Evard croise désormais les doigts pour que les nouveaux cas ralentissent, et qu'un rappel soit disponible en 2025.

 

Lier également l'article sur la progression des 2 sérotypes en France, ainsi que les témoignages d'éleveurs de la Vienne

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