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Vie rurale
Le Petit Camion sillonne la campagne charentaise

À bord de son camion chargé de victuailles locales, Amaury va de ville en village, de Thézac jusqu’à Tonnay-Charente. Ses missions : créer du lien et promouvoir les petits producteurs.

Amaury Hardy ne souhaite pas négocier les prix avec les producteurs. Pour que son commerce fonctionne, il a besoin de faire du volume et cherche donc souvent de nouveaux producteurs.
© Léa Calleau

Le froid mordant ne dissuade pas les habitants de Champagne de faire leur marché au Petit Camion, une épicerie itinérante, en ce matin de janvier. Le thermomètre affiche -4°C, mais il en faut plus pour dissuader la clientèle fidèle d’Amaury Hardy, à la tête du camion. « On ne vous a pas vu la semaine dernière, vous nous avez manqué » ! le taquine Mme Mottais. « J’ai pris une semaine de repos, c’est la première depuis que j’ai commencé », lui répond Amaury, qui a lancé son entreprise en septembre 2021.

Ils passent ensuite aux choses sérieuses : « Je vais vous prendre du camembert, vous m’en mettez la moitié, c’est possible ? Il vous reste des côtes de porc ? - Mme Bouessant a pris les dernières, mais il reste des filets mignons et des saucisses. » Le panier d’osier se remplit en fromages de La Vache Charentaise et de la chèvrerie de Saint Jean d’Angle, en légumes de La Gripperie et en conserves du Canard Saintongeais. Sont aussi exposés sur les étalages des jus de fruits, des bières et des produits secs divers et variés, tous issus du département.

Changement de vie

Ingénieur à Toulouse pendant dix ans, Amaury Hardy a changé de voie quand il a emménagé en Charente-Maritime, où sa femme avait trouvé du travail. « Je fais attention à ce que je mange, à consommer local. En arrivant ici, j’ai fait le tour des fermes et des magasins de producteurs. J’ai trouvé qu’il en manquait en petite campagne ».

Fort de ses convictions, Amaury veut changer les choses à son échelle. Il lance une étude de marchés auprès des maires, des producteurs et des riverains, avant d’établir un business plan. Il quitte son travail au mois d’avril, sa nouvelle activité démarre cinq mois plus tard.

Habitué à voyager dans un van aménagé, il savait déjà que son épicerie serait mobile : « J’ai contacté les Court-Circuités du Bocal, des marchands de vrac à La Rochelle qui ont arrêté leur activité. J’ai repris leur camion et aménagé avec du bois, selon mes envies ». Une vitrine réfrigérée sert à maintenir les produits frais. « Je vends 80% de frais. J’ai dû ajouter un deuxième frigo pour les stocker. »

Je travaille avec des producteurs dans un rayon de 50 kilomètres autour du Gua, là où je vis."

Exception faite des bananes et clémentines, la majorité des produits sont locaux : « Je travaille avec des producteurs dans un rayon de 50 kilomètres autour du Gua, là où je vis, explique-t-il. La Vache Charentaise et Bléo sont les plus éloignés. »

Un commerce itinérant de proximité

A Champagne, il n’y a pas de commerce. « On doit prendre la voiture pour aller à Pont-l’Abbé-d’Arnoult, ou à Saint-Agnant. Sinon, on va dans les grandes

surfaces à Rochefort », témoigne une habitante qui apprécie de pouvoir faire ses courses à pied. Pour le maire du village, Romuald Clochard, il n’était pas possible d’installer un commerce pour éviter la concurrence avec les communes voisines. « Nous avons différents services mobiles sur la commune, comme le bus France Services ou le camion du Cœur. L’épicerie d’Amaury est agréable à voir, c’est bien de faire tourner les producteurs des environs », le soutient-il.

Je viens aussi pour le contact avec Amaury. Il est bien ce petit ! "

Venir à pied est un plaisir, mais ce n’est pas le seul. « Je viens aussi pour le contact avec Amaury. Il est bien ce petit ! » lance Mme Mottais, qui n’a pas manqué une tournée du Petit Camion chaque vendredi depuis septembre. Pour l’épicier, ce lien avec les clients est essentiel, la plupart étant des personnes âgées, parfois peu mobiles. A l’arrière du camion, il stocke des produits d’hygiène pour proposer un large choix de produits de première nécessité.

À l’avenir, Amaury veut étendre son offre à d’autres publics : « Des jeunes et des familles apprécient ce que je fais, mais ils ne sont pas disponibles lorsque je passe dans la journée. » Il compte bientôt lancer un site internet qui permettra de passer des commandes en ligne. « Avec le site, je voudrais cibler les gîtes pour les touristes. Quand on est en vacances, on n’a spécialement envie de faire les courses et on apprécie de goûter les produits locaux », relève-t-il. Le jeune commerçant a encore « mille idées en tête ».

Pour suivre son aventure, rendez-vous sur Facebook @Le Petit Camion, votre épicerie itinérante.

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