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Le beurre au prix qu'il valait

Simples questions à... Joseph Giraud, directeur du syndicat des laiteries Charentes-Poitou

Joseph Giraud.
Joseph Giraud.
© AC

Le beurre AOP Charentes Poitou est présent dans le stand Nouvelle Aquitaine et au concours général lors du salon de l’agriculture. Raison de plus pour demander au directeur du syndicat des laiteries si la crise du beurre est maintenant du passé ?
Nous n’avons pas de crise en termes de qualité. Je serais plus prudent pour dire que la pénurie de beurre de l’an dernier est terminée. Nous avons moins de stocks que l’an dernier à la même époque, mais des pays grands producteurs de lait sont en forte diminution. Dans le même temps la consommation continue de progresser. Cela nous laisse à penser que la situation en termes de beurre risque d’être plus dure qu’elle n’a été l’an dernier.

Le prix général du beurre a augmenté, c’est intéressant à long terme…
C’est toujours intéressant que la valeur de la matière première augmente. Mais ce qui est dangereux, en face de l’augmentation importante du beurre, nous avons une forte dégradation de la valeur de la matière protéines. Si l’an dernier, nous étions autour de 1700-1800 euros la valorisation du lait écrémé en poudre, là nous sommes sur des niveaux très bas. Nous craignons que dans la pleine période, au printemps, le lait écrémé n’ait pas une grande valeur. Nous avons un mix produit qui est plutôt en train de se dégrader. Lorsque l’on augmente de façon très significative comme cela, certains clients peuvent être tentés de s’orienter vers d’autres alternatives, vers d’autres matières grasses. Cela aurait des conséquences à moyen et long terme.

Existe-t-il des craintes dans la production de beurre dans la région ?
Pas plus chez nous qu’ailleurs. L’année dernière, nous n’avions pas eu de crise de la production. Chez nous, la restructuration laitière s’est faite et ceux qui restent en place, qui ont fait des investissements continuent. Le problème de la rentabilité de l’agriculture est général au secteur, avec en plus des contraintes en élevage, mais en termes de rémunération ou de revenu, la production céréalière n’attire pas autant que certains le pensaient, il y a quelques années.

Le beurre AOP a-t-il été impacté par cette crise du beurre ?
Pour nous, beurre d’appellation cela a été une bonne valorisation. Mais comme tous les autres beurres. Quant à rester à ce niveau de prix, cela dépend des négociations. Les clients qui ne voudront pas acheter à ces prix-là seront exclus des marchés et cela permettra de monter le prix de valorisation moyen. Si l’an dernier, les pénuries ont existé, c’est surtout car la grande distribution faisait pression pour ne pas acheter le beurre au prix qu’il valait…

Cela a-t-il changé vos rapports avec la GMS ?
Trop tôt pour le dire. Nous allons faire le point sur ce sujet. Les négociations restent toujours aussi difficiles. Les produits laitiers sont pourtant des produits d’appel. Cela alimentera nos discussions lors de l’assemblée générale du syndicat des laiteries, fin mars.

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