Aller au contenu principal

Projection
L’agriculture de conservation : le public urbain conquis

La projection du film « Bienvenue les vers de terre » a permis d’échanger avec les urbains sur les pratiques agricoles.

Jérôme Grellier (au centre) et les membres du groupe Sol vivant ont pu échanger avec le public sur les questions de l’agroécologie, du travail du sol ou encore de l’utilisation du glyphosate.
© Philippe Bidet-Emeriau

On a refusé du monde, le 27 novembre, pour la projection du film « Bienvenue les vers de terre », au cinéma Le Familia de Thouars. Les agriculteurs du groupe Sol vivant, créé en 2009 et initiateur de la soirée, étaient dans leurs petits souliers face à une salle bondée.

Les Causses aveyronnaises, où fut tourné le film de François Stuck, présentent de fortes similitudes avec les terres calcaires et caillouteuses thouarsaises. La cause est entendue : l’agriculture de conservation, basée sur le semis direct, le couvert végétal et la diversité des assolements, proscrit le labour et tout travail mécanique. Les vers de terre enrichissent le sol par la dégradation continue de la matière organique et en améliorent la structure par leurs galeries.

« Le sol est une réserve biologique gratuite », souligne Jérôme Grellier, le président de Sol vivant, en introduction du débat. La recherche suit-elle ?, interroge un spectateur.  « Oui, selon Sarah Singla, l’agricultrice interviewée dans le film et présente à la soirée. Stéphane Le Foll a introduit le concept de l’agroécologie dans l’enseignement agricole il y a une dizaine d’années. Les chambres d’agriculture et les coopératives s’y mettent aussi… Le paquebot prend le virage ».

« Pourquoi ne pas aller plus loin vers l’agriculture biologique ? », suggère un autre spectateur.  L’agricultrice est sceptique. « Le passage de herse, nécessaire en agriculture biologique contre les adventices, détruit les glomalines, sécrétions des vers de terre essentielles pour le complexe argilo-humique ».

La question du glyphosate s’invite alors dans le débat. Sarah argumente : la première révolution agricole du néolithique utilisait le feu pour détruire les adventices. Le labour, pilier de la seconde révolution agricole, consiste à enfouir les mauvaises herbes. L’actualité pointe leurs impasses : feu de forêt en Amazonie, érosion des sols nus. « Pour détruire ponctuellement le couvert végétal il reste la chimie, mais à dose réduite. Sans le glyphosate, l’agriculture de conservation est compromise », estime-t-elle. Position jugée alors un peu radicale par un agriculteur bio dans la salle.

Mais alors, comment élargir votre audience au-delà des 4 % ? « Les agriculteurs ont peur de l’inconnu, du regard du voisin, estime Jérôme Grellier. Quand le père dit non, il est difficile de s’y opposer. Aussi, notre démarche s’appuie sur le groupe, on va les uns chez les autres. Le plus fort du groupe ne sera jamais plus fort que le groupe ». Un débat passionné et argumenté où les agriculteurs de Sol vivant et de la société civile ont pu trouver des points de convergence.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

L'Ukraine et son agriculture face à la guerre
Nicolas Turquois et Pascal Lecamp, se sont rendus en Ukraine avec une délégation du MoDem. Les cinq jours sur place ont permis…
Louis Gemot, Thomas Vezien, Jack-Yves Mehée, Mathéo Mounier sont élèves au lycée de Venours.
Aprèm'technique à Venours

Dans le cadre du projet d'information et de communication qu'ils doivent réaliser pour leur BTS ACS'AGRI, Louis Gemot,…

Karine Desroses regrette cette suppression de fonds nationaux dédiés à la formation professionnelle, dans le contexte d'augmentation du taux de chômage.
500 sessions de formation suspendues en région
La semaine dernière, la Région avait réuni les organismes de formation et acteur de l'emploi et de la formation professionnelle,…
Les élus ont investi la cantine du collège de Latillé au moment du repas 100% local.
Le goût du local jusque dans les cantines
Pour mettre un peu plus l'accent sur leur démarche d'achat de produits locaux, 38 cantines inscrites sur Agrilocal ont participé…
Les vergers d'oliviers sont mis en palissage, comme des vignes.
Oliviers : une diversification adaptée à la Vienne ?
Après une intervention lors du forum des opportunités qui avait suscité l'intérêt de plusieurs agriculteurs, la chambre d…
Alexandre Humeau ( à droite) a jugé vendredi après midi les animaux qui concourraient pour leurs qualités bouchères.
Deux juges de la Vienne officient au Sommet de l'élevage

Pour Alexandre Humeau, c'était une première. L'éleveur de Limousines de Dienné est juge officiel de la race depuis plus de 15…

Publicité