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La Coopération agricole veut peser dans l’alimentation

Lors de son assemblée générale, La Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine a redéfini ses objectifs et entend être un acteur majeur d’une alimentation durable. 

© Myriam Robert

Que celui qui ne sait pas que la Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole d’Europe lève la main. Le sujet est d’importance et ce ne sont pas les élus de la Coopération agricole, réunis en assemblée générale le 25 mai à Bordeaux, qui diront le contraire. Denis Baro, le président de la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine (LCANA) indiquait : « LCA est un acteur majeur sur le territoire. Produire plus, mieux et durable, ça nous tient à cœur. Depuis deux ans, l’alimentation est devenue un sujet de plus en plus central. L’agriculture doit être un enjeu mondial, or elle est absente du débat au niveau national ».

Un regret pour le président en ces temps d’élections législatives alors même que les échanges de marchandises sont perturbés. « Je pense qu’il y a de la spéculation aujourd’hui, notamment sur les huiles. Il serait bien que l’Organisation mondiale du commerce remette un peu d’ordre dans la conjoncture actuelle  ».

La sécurité alimentaire en question
 

Matthieu Brun, directeur scientifique de la fondation Farm et docteur en sciences politiques, a tracé la cartographie des nouveaux enjeux mondiaux. « Le conflit en Ukraine est un précipitateur des crises environnementales et économiques ». Et de souligner une tendance plus profonde : « L’indice des prix de la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) augmente. Ce n’est pas nouveau. Ce conflit remet sur le devant de la scène les enjeux de sécurité alimentaire qu’on avait oubliés ».

Après avoir pointé la crise de l’offre due au changement climatique, le chercheur a démontré les liens étroits entre géopolitique et agriculture. « L’agriculture est l’un des premiers secteurs à stabiliser le monde et à le sécuriser ». Un avis partagé par Dominique Chargé, le président de la fédération nationale de la Coopération agricole. « La Covid-19 a révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Il va falloir reconsidérer leur maîtrise, même s’il n’y a pas de risque de pénurie en France à court terme ». L’inflation va rebattre les cartes lors des négociations commerciales. « Ces crises font suite à vingt ans de stabilité durant lesquels nous avons laissé les filières tomber dans le dogme du prix le plus bas. L’alimentation était devenue la variable d’ajustement du budget des ménages ».

Réorganisation du réseau
 

L’assemblée générale a été l’occasion de voter la nouvelle organisation de LCA, fondée sur trois axes : renforcer la communication et les partenariats sur le territoire, élaborer des stratégies de filière et accompagner les coopératives par la formation et le conseil. Des axes en vue d’adapter les outils coopératifs aux enjeux sociétaux qui renforceront ce modèle : agro-écologie, responsabilité sociétale des entreprises, souveraineté alimentaire. 

En ce sens, Denis Baro a évoqué un travail sur la ressource en eau mené en collaboration avec l’Occitanie ou encore un projet européen, Agro Smart Global, mené avec l’Espagne et le Portugal de 2020 à 2023. La Coopération a également intégré le réseau des coopératives viticoles qui, auparavant, faisait réseau à part, ce qui représente tout de même cinquante entreprises de la région.

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