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La carte scolaire malmène encore les écoles rurales

La baisse démographique dans l'académie engendre des baisses de moyens dans les écoles à la rentrée 2025. Le projet de carte scolaire sera entériné le jeudi 13 février. 70% des fermetures de classe sont en rural.

Le recteur de l'Académie de Poitiers, Frédéric Périssat (à droite) a présenté les grandes lignes de la rentrée scolaire 2025. À suivre, les discussions autour de la carte scolaire dans les départements.
Le recteur de l'Académie de Poitiers, Frédéric Périssat a présenté les grandes lignes de la rentrée scolaire 2025. À suivre, les discussions autour de la carte scolaire dans les départements.
© Marine Nauleau

Si la rentrée scolaire 2025 a commencé à s'envisager en octobre dernier, sans budget de l'État voté, les premiers mois se sont déroulés dans l'attente des arbitrages sur les moyens alloués. Tout en prenant en compte des premiers objectifs : "Augmenter les capacités de remplacements dans les établissements pour permettre aux équipes de partir en formation et renforcer les moyens pour les besoins de l'inclusion " liste Frédéric Périssat, recteur de l'Académie de Poitiers qui a annoncé aussi des temps de concertation, lancés au niveau national et relayés dans les départements, notamment autour de la question de l'orientation. " On observe des ambitions moindres dans la projection que les élèves de notre académie ont par rapport à la continuité de leurs études. Il faut mieux informer sur les métiers et les formations" complète Frédéric Périssat. Les comités locaux école-entreprise permettront notamment de faire une photographie des métiers en tension et ceux en devenir. "Des évolutions sont forcément nécessaires en fonction des familles de métiers. Prenons par exemple l'automobile ou le numérique. Les réflexions auront lieu dans les bassins de vie " précise Frédéric Périssat. Mais quand on parle de préparation de la rentrée, c'est la carte scolaire qui est regardée de près et donc la répartition des moyens dans chaque département, suivant la démographie.

" Il ne faut pas que les communes lâchent"

Avec une baisse de 2525 élèves dans le premier degré pour l'académie (-1,3%), plus forte  qu'au niveau national (- 0,2%), 30 postes seraient supprimés dans l'académie. Ce sera -10 pour la Vienne (avec -607 élèves). 19 ouvertures de postes sont toutefois annoncés, dont 4 ouvertures de classes ( 0 dans le rural) ainsi que des postes de remplaçants et de personnels d'appui.

Côté fermetures : 36 classes dont 70% en rural. " On pense qu'il y a un peu de marge sur les fermetures. Il faut faire du cas par cas et c'est pour ça que les mobilisations sont importantes et qu'il ne faut pas que les communes lâchent leurs écoles " explique Julien Massé de la FSU-SnuiPP.

Des discussions autour de la carte scolaire étaient engagées toute cette semaine. Les décisions seront entérinées par le Conseil Départemental de l'Éducation Nationale (CDEN) jeudi prochain, 13 février.

Comment préserver l'attractivité d'une petite commune sans école?

Le Recteur de l'Académie l'avait prédit : "Il y aura des rassemblements devant les écoles rurales et des pancartes sur les grilles. C'est normal. Les habitants et les équipes municipales ont un rapport affectif avec leurs écoles ", ajoutant : "il faut comprendre que certaines situations ne permettent plus de garantir la réussite des élèves". Dès les décisions connues, parents et élus se sont mobilisés.

À Verrières, le maire Christophe Viaud a apporté ses arguments par courrier pour éviter la fermeture d'une classe. " On doit dire qu'on n'est pas content mais il faut surtout expliquer et argumenter. Ici nous avons investi 1,2 millions d'euros, notamment dans des travaux de sécurisation et de mise en accessibilité de l'école. Nous avons une classe Ulis et nous investissons aussi dans la formation de nos personnels. Je fais le lien avec la santé pour permettre de créer à Verrières un pôle de centralité pour le territoire avec des services. Je suis confiant. Je pense que nous serons entendus ".

À Moulismes, c'est l'école qui est en danger. Elle n'avait plus qu'une classe, de la petite section au CM2. La maire, Nathalie Tabuteau a bien conscience de cette spécificité mais refuse d'entendre que ces petites écoles ne garantissent pas la réussite des élèves. "Nos anciens élèves sont aujourd'hui nombreux en études supérieures. J'ai souligné aussi dans mon courrier à l'inspection qu'ici nous ne parlons jamais de harcèlement ou de violence, mais beaucoup plus d'entraide. Et comment préserver l'attractivité d'une petite commune sans école? ".

Autre exemple au RPI Tercé-Jardres-Pouillé. Une classe est sur la sellette et c'est sans doute une des 4 de Tercé qui va fermer. "Il n'y a que 3 classes à Pouillé et tomber à 2 semble difficile. Jardres a déjà connu une fermeture l'année dernière. Nous espérions être un peu tranquilles cette année car Tercé a investi quelques deniers publics dans l'école. Ce que nous craignons c'est de ne pas pouvoir développer nos communes avec ces fermetures" a souligné Christine Polo, 1ère adjointe de Tercé, chargée des affaires scolaires et par ailleurs présidente du Sivos du secteur (le Syndicat intercommunal à vocation scolaire) qui a toutefois obtenu un comptage des élèves à la rentrée.

La liste des projets des 37 fermetures et 4 ouvertures

Classes de maternelle : 3 ouvertures : Châtellerault : Souché (dédoublement GS), Poitiers : Micromégas, Ligugé : Bois Renard. 6 fermetures : Naintré : Anne Frank, Mignaloux-Beauvoir, Buxerolles : Simone Veil, Poitiers : Théophraste Renaudot, Biard : Jean Boriaud, Rouillé : Olympe de Gouges.

Classes d'élémentaire : 1 ouverture : Poitiers : Ernest Pérochon. 11 fermetures : Châtellerault : Jules Ferry, Lussac-les-Châteaux : Simone Veil, Poitiers : Micromégas, Chasseneuil-du-Poitou : Les Groseillers, Chauvigny : Jean Arnault, Dissay : Paul Émile Victor, Fontaine-le-Comte : Jacques Prévert, Saint-Georges-lès-Baillargeaux : Marcel Jolliet, Saint-Benoît : Ermitage, Lusignan : Léodile Béra, Voulon.

Classes de primaires: 13 fermetures : Cenon-sur-Vienne : Marcel Ribbe, Thuré : Anne Frank Besse, Archigny : Maxime Lefort, Boivre-la-Vallée : Louise d'Aubéry, Chiré-en-Montreuil : Antoinette Sauzeau, Château-Garnier,  Lathus-Saint-Rémy : Abel Thévenet, Marcay : Mariette et Henri Gauthier, Moulismes, Verrières : Jules Berry, Migné-Auxances : Limbre, Chabournay, Saint-Maurice-la-Clouère : Les Tilleuls

Classes RPI/RPC: 6 fermetures : Ayron-Chalandray-Maillé, Cherves-Cuhon-Vouzailles, Craon-Mazeuil, Jardres-Pouillé-Tercé, Cloué- Celle-Lévescault.

Classe "pôle éducatifs territoriaux": 1 fermeture : Charroux.

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