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Inquiétudes et mobilisations autour des écoles

Chaque année, le couperet des fermetures de classe tombe sur les écoles rurales. Les élections municipales retardent encore un peu cette échéance mais la thématique s'est invitée dans la campagne. Dans Grand Poitiers, les parents du pays mélusin se mobilisent depuis déjà quelques mois. Au sein des RPI Tercé/Pouillé/Jardres ou encore La Chapelle-Moulière/Liniers/Lavoux, on sera vigilant.

"On peut manier les chiffres comme on veut " affirme Matthieu Menaut, co-secrétaire de la FSU-SNUipp de la Vienne qui poursuit " il y a 300 écoles dans la Vienne, alors 900 élèves de moins c'est juste 3 élèves par classe". Le syndicaliste sait bien que la réalité est plus complexe mais c'est sa façon de dire qu'il ne partage pas les logiques mathématiques du Rectorat. Et encore moins quand, par voie de communiqué, il précise que la baisse aurait dû être de 148 postes pour l'académie pour correspondre à la baisse démographique. Ainsi dans la Vienne, la rentrée 2026 se fera avec 29 postes d'enseignants en moins. "L'année dernière on en perdait 10 et cela s'est traduit par 30 fermetures de classes. Si on suit cette proportion il y a de quoi être inquiet " souligne Matthieu Menaut. Inquiets, les parents des écoles du pays mélusin le sont depuis près d'un an, quand les maires avaient signé avec l'État un "engagement" sur la fermeture de 4 écoles du secteur d'ici deux ans (lire notre article du 30 juin). " C'est un travail qui a été fait sans concertation avec la plupart des conseils municipaux mais surtout sans les enseignants et représentants de parents d'élèves" regrette amèrement Julie Crenn, membre du Collectif de défense des écoles en Pays Mélusin. Elle a deux filles, en CM2 à Sanxay et en grande section à Curzay-sur-Vonne. Estelle Roy, dont les enfants, devenus grands, ont été scolarisés un temps à Jazeneuil, complète :" On a d'emblée l'impression d'être méprisés. Les petits villages sont touchés, (Sanxay, Curzay, Jazeneuil et Cloué) où il n'y a déjà plus rien". Une pétition a déjà recueilli un peu plus de 1 500 signatures et les réunions publiques se succèdent. La prochaine a lieu le samedi 7 mars à 10 h 30 à la maison des services de Lusignan. "On veut informer les habitants. La fermeture de quatre écoles ça signifie des enfants dans les transports près d'une heure matin et soir. C'est aussi plus d'enfants dans les classes des autres écoles. Il faut parler de la qualité de vie de nos enfants et des apprentissages" poursuivent les mamans qui relaient les inquiétudes présentes dans de nombreux villages de Grand Poitiers. À Tercé, Christine Polo-Cointre, première adjointe actuelle, brigue le mandat de maire pour succéder à Christian Richard qui ne se représente pas. Elle constate et s'inquiète : " Sur le RPI Tercé/Jardres/Pouillé, nous avons déjà perdu trois classes en trois ans et on entend parler d'une quatrième fermeture pour 2026. C'est ce qui fait vivre la commune et par ailleurs nous avons engagé de lourds travaux dans l'école les années passés, et donc de l'argent public. C'est compliqué de prévoir si l'année suivante on nous ferme des classes." Le sujet s'invite donc dans la campagne électorale. À La Chapelle-Moulière, en RPI avec Lavoux et Liniers, Alexis Lebond qui brigue le mandat de maire a rencontré début janvier le président du Sivos. "La prochaine fermeture serait à La Chapelle-Moulière. Il faut travailler sur l'attractivité de l'école notamment par le périscolaire pour faciliter la garderie. Il faudra aussi sans doute changer le mode de calcul du budget du Sivos qui est au prorata du nombre d'élèves par communes. Il faut enfin revoir la politique de construction de logements pour attirer de nouvelles familles". Le FSU/SNUipp a écrit récemment à tous les élus des communes du département pour répondre à certaines idées reçues, notamment sur les écoles rurales. Les prochaines décisions tomberont quelques jours après le deuxième tour des élections municipales.

 

Agricultrice et engagée

Maëlle Brachet a 35 ans. Elle a travaillé dans le marketing et a choisi de rejoindre son mari en 2023 sur l'exploitation céréalière de 370 hectares située à Pouillé, Tercé et Saint-Julien-l'Ars. " Madame la maire m'a sollicitée pour le prochain mandat sur la liste '2026, poursuivons ensemble' et j'ai accepté rapidement car je sais que l'on partage les mêmes valeurs de dialogue, de proximité et de bon sens qui sont aussi les racines du monde agricole. J'ai envie de porter la voix des agriculteurs de ma commune car nous faisons partie du paysage et de l'économie et j'ai envie de m'investir dans le dialogue et l'écoute". Élue au sein de la coopérative Terrena, Maëlle Brachet pense que c'est dans l'engagement des agriculteurs qu'il est possible de faire entendre leur voix. "Il y a beaucoup de sujets qui m'intéressent dans la vie de ma commune car je suis aussi jeune maman. Sur le PLUI je sais qu'il faudra travailler sur la préservation des terres agricoles autant que sur le développement de la commune".

 

Ce qu'il attend de son maire

Nicolas Ladjadj est le président du Football Club de Jardres, fort de 82 licenciés. Pour lui, un maire et son équipe municipale doivent apporter "un soutien matériel et logistique" aux associations comme la sienne, avec la mise à disposition d'équipements et l'entretien des infrastructures (terrains, vestiaires) par les services techniques. La communication est aussi un enjeu pour lui, le club comptant sur les réseaux municipaux pour relayer son actualité. Le volet financier est  également essentiel, via la subvention de fonctionnement annuelle et ponctuellement le financement de projets. Enfin, Nicolas Ladjaj défend un "partenariat stratégique" valorisant l'impact social du sport et son rôle moteur dans l'animation de la vie locale.

 

Une des plus jeunes candidates

Manon Mutel a 18 ans. Elle a grandi à Tercé et se présente sur la liste de Christine Polo-Cointre. "J'étais surprise qu'elle me le propose, mais je me suis dit que c'était une bonne idée. J'aime aider les gens et je pense aussi qu'avec tout ce qui se passe dans le monde, on doit agir à notre échelle et j'ai donc envie de participer à la vie de ma commune". Manon Mutel est étudiante pour devenir professeure des écoles. Elle aurait envie de travailler sur l'environnement dans sa commune avec "des jardins partagés, plus de poubelles de tri…". Si elle se décrit plutôt introvertie, cette expérience la surprend. "Je m'investis dans la campagne avec les autres colistiers. On échange sur nos idées. J'arrive à prendre la parole. J'y prends goût et je suis contente de le faire".

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