Grand Châtellerault contre les violences intrafamiliales
En mars, Vivian Bourdeau a été élu maire de Savigny-sous-Faye. Au sein de la communauté de communes de Grand Châtellerault, il est chargé d'une nouvelle délégation : l'égalité hommes-femmes et lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales en milieu rural.
En mars, Vivian Bourdeau a été élu maire de Savigny-sous-Faye. Au sein de la communauté de communes de Grand Châtellerault, il est chargé d'une nouvelle délégation : l'égalité hommes-femmes et lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales en milieu rural.
Comment le maire d'une commune de 383 habitants (Savigny-sous-Faye), prend en charge une nouvelle délégation au sein de la communauté de communes de Grand Châtellerault : l'égalité hommes-femmes et la lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales ?
Je savais que c'était une volonté de Cyril Cibert, élu président de Grand Châtellerault. J'avais envie de m'investir sur cette question. Je lui ai dit que j'étais intéressé pour prendre en charge cette nouvelle délégation. Un chargé de mission va aussi être affecté pour m'aider à organiser les actions à mettre en place.
C'est un sujet qui vous tient à cœur. Vous avez été touché par ces drames ?
Oui. Mon fils a été violé par un cousin quand il avait 5 ans. Aujourd'hui il a 8 ans et continue d'être suivi psychologiquement. Le jugement a été rendu l'année dernière. Et puis, un peu plus loin dans la Vienne, mais aussi dans une commune rurale du département, une amie a été assassinée par son conjoint avec arme à feu. C'est donc en effet un sujet sur lequel j'ai envie d'agir concrètement.
Cette délégation contre les discriminations et les violences intrafamiliales en milieu rural et pour l'égalité hommes-femmes, c'est une façon d'engager les élus sur ces questions. Pourquoi c'est important ?
Parce que dans les petites communes, les maires sont souvent les premiers alertés par les habitants. C'est important que l'on sache comment en parler avec les victimes et comment les aider et vers quelles structures les orienter. Et il y a des spécifiés du milieu rural à prendre en compte. L'isolement des victimes dû à l'éloignement, mais aussi le fait que tout le monde se connaisse augmentent les difficultés de parler sans la peur d'être jugé, qui va de pair avec une culture du silence. Et il y a bien sûr la question de la mobilité et de l'éloignement des structures d'aide. Cette semaine, à l'occasion de la conférence des maires de Grand Châtellerault, j'ai pu rencontrer Dominique Chappuit qui est chargée du dispositif Erre au sein de l'association des maires ruraux de France. C'est une action que l'on va développer dans Grand Châtellerault.
En quoi consiste ce dispositif Erre, et pourquoi ce nom?
Erre siginfie "Élu.e rural.e relais de l'égalité". Il s'agit d'abord de désigner dans nos conseils municipaux des élus référents sur cette question. Et donc, dans un premier temps, nous allons constituer un réseau d'élus qui seront ensuite formés sur les discriminations et les violences intrafamiliales, mais aussi sur les questions de discriminations et d'égalité hommes-femmes. Il s'agira de nous former à accueillir la parole des victimes mais aussi à connaître les structures vers qui les orienter. Des documentations existent et elles seront distribuées dans les mairies. Je pense aux violentomêtre, aux listes de numéros de téléphone utiles ou aux flyers sur la santé des enfants exposés aux violences conjugales. Nous avons aussi la plateforme Qare qui permet de parler à un psychologue en urgence. Il y a plein de choses qui existent mais il faut les rendre visibles dans le territoire.
Le second axe du dispositif va plus loin encore ?
Oui car il s'agit de s'appuyer sur un diagnostic territorial pour analyser les besoins et les risques dans notre territoire. Des conventions seront signées avec les acteurs publics (préfecture, gendarmerie, procureur) pour fluidifier les remontées d'informations. Enfin, le dispositif prévoit le lancement d'une cellule d'écoute intercommunale à destination des maires. Nous avons la volonté de mettre en place toutes ces actions d'ici la fin de ce mandat.