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Entre agriculture moderne et mémoire historique

C'est dans le cadre de leur voyage de fin d'études que des étudiants de Venours ont mis le cap sur les Pays Bas. Une immersion de plusieurs jours, riche en découvertes agricoles, culturelles et humaines, qui a permis aux futurs professionnels du monde agricole d'élargir leur vision à l'échelle européenne.

À la fin du mois de mai, Gabriel Martin, Emmanuel Cailleton, Mathis Girault, Mathieu Girault, Sylvain Moreau, Clément Malicot, Arthur Ménage, Morgan Gaborit, Pierre Cailhol, Joris Jutan, Nathan Leboucher, Yann Essono, Alexandre Rossard, Lisa Richard, Fabien Potet et Mael Ledoux ont quitté le Poitou pour rejoindre les Pays Bas. Un voyage que ces élèves en BTS ACSE ont imaginé et financé eux-mêmes, en organisant plusieurs évènements.

Des terres entourées d'eau et maîtrisées par la technologie

Logés à l'auberge de jeunesse Meppel Inn, dans la ville du même nom, Meppel, située à une heure et demie au nord d'Amsterdam, les étudiants ont parcouru le pays entre terres agricoles, stations de pompage et sites historiques.

Dès leur arrivée, les élèves ont pu constater une particularité frappante de l'agriculture néerlandaise: les parcelles agricoles sont systématiquement délimitées par des canaux d'eau, véritables veines du territoire. L'eau y est présente toute l'année grâce à un ingénieux réseau de stations de pompage. L'une de ces stations a ouvert ses portes au groupe, l'occasion de comprendre un fonctionnement unique : l'activité principale s'y concentre en hiver, période pendant laquelle les employés, souvent pêcheurs de métier, délaissent leur canne pour surveiller et entretenir les installations.

Cette gestion millimétrée de l'eau n'est qu'une facette de l'intensité agricole néerlandaise. Les étudiants ont été frappés par "le contraste entre le prix du foncier plus de dix fois supérieur à celui pratiqué en France et la réalité économique des exploitations". Face à des coûts d'acquisition prohibitifs, "la quasi-totalité des terres est exploitée en fermage, un système où les agriculteurs louent leurs terres plutôt que d'en être propriétaires".

Un modèle intensif... aux limites perceptibles

Autre différence majeure : la fertilisation. "Aux Pays Bas, elle est presque trois fois plus importante qu'en France, conséquence d'un modèle de production animale très intensif. Mais cette intensification a ses revers. Le lisier excédentaire, par exemple, ne peut pas être simplement épandu. Il doit être transféré vers d'autres exploitations... en payant "! Une situation paradoxale pour les étudiants, habitués à voir en France des excédents de fertilisants organiques vendus, et non payés pour être évacués. Quant aux prix de vente des produits animaux, "ils restent relativement comparables à ceux pratiqués en France, ce qui interroge sur la rentabilité de ce modèle intensif face à ses contraintes environnementales et foncières".

Entre devoir de mémoire et découverte culturelle

Le séjour n'a pas seulement été agricole. Une visite poignante attendait les étudiants : celle du camp de Westerbork, tristement célèbre pour avoir servi de camp de transit durant la Seconde Guerre mondiale. Près de 107 000 personnes y ont été internées avant d'être déportées vers d'autres camps. Seules 5 000 ont survécu. Parmi les prisonniers figurait notamment Anne Frank, jeune figure emblématique de la mémoire de la Shoah. Un moment fort, empreint de silence et de réflexion.

Pour équilibrer les émotions, la journée s'est poursuivie par une visite plus légère mais tout aussi instructive : celle d'un moulin à vent traditionnel, toujours en activité. Grâce à une poignée de bénévoles passionnés, cette bâtisse historique produit encore 25 000 tonnes de farine par an. "Une belle démonstration du savoir-faire néerlandais, où tradition et efficacité ne sont pas incompatibles" commentent les étudiants.

Amsterdam, ville de contrastes et d'histoire

Le dernier jour était consacré à la découverte de la capitale néerlandaise, Amsterdam. Entre les ruelles pavées, les innombrables canaux et les bâtiments à l'architecture si caractéristique, les étudiants ont exploré plusieurs symboles forts : l'église Oude Kerk, plus vieille église de la ville, le Palais Royal situé sur la place du Dam, et bien sûr le marché aux fleurs, emblème de la culture hollandaise. Au-delà des découvertes, ce voyage d'étude a ouvert une fenêtre sur l'agriculture de demain. Les étudiants repartent avec une vision élargie, un meilleur anglais, des questionnements nouveaux et une curiosité renforcée pour les modèles agricoles européens. "Entre traditions bien ancrées et innovations audacieuses, cette immersion néerlandaise nous aura permis de mieux cerner les défis à venir... et de rêver, pourquoi pas, à une agriculture plus coopérative à l'échelle de l'Union Européenne". 

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