Département : un budget toujours contraint, mais à l'équilibre
La veille du vote du budget du Conseil départemental, Alain Pichon ne cachait pas que l'exercice n'avait pas été simple. "Il faut absolument une réforme de la fiscalité, pour le financement des solidarités" détaille le président du Département. Cette année encore, le taux d'épargne brute de la Vienne (rapport entre l'épargne brute d'une Collectivité et ses recettes réelles de fonctionnement) est inférieur à 7%. "On fait partie des 54 départements, en grande difficulté. 70% de nos dépenses sont liées aux solidarités, et ne sont pas compensées par l'État. Au final, on ne fait que subir". La baisse importante des DMTO en 2023-2024 (taxes perçues principalement lors de la transmission d'un bien immobilier) avait aussi à l'époque également contribué à limiter les recettes. Pour 2026, le Département table sur une hausse de cette ligne de 1%, notamment parce que le taux a progressé. "Les recettes de fractions de TVA et les dotations de l'État sont les mêmes qu'il y a 5 ans" constate Claude Eidelstein, vice-président en charge des finances, qui fait remarquer qu'entre-temps, l'inflation est passée par là. Au final, les recettes de fonctionnement atteignent 486 millions d'euros. Côté dépenses, le volet fonctionnement (454 millions d'euros) progresse de 3,8% (pour atteindre 310,14 M€) et est en majorité (à plus de 68 %) composé des actions de solidarité (enfance famille pour 72,76 M€; insertion pour 88,51 M€; bien vieillir pour 85,06 M€ et handicap pour 63,81 M€) ; et le volet fonctionnement s'établit à 106,60 M€ (en hausse de 3,9 %). "En 2026, nous avons un gros chapitre avec la déviation de Lussac-les-Châteaux qui atteint 16,50 M€ sur les 34 millions consacrés aux routes départementales" explique Claude Eidelstein. "De gros efforts ont été faits" se satisfait Alain Pichon, en évoquant par exemple les baisses de subventions auprès des associations. Mais aussi la mise en pause en 2025 des Heures Vagabondes. Pas d'édition prévue non plus cette année, "mais on envisage de reprendre en 2027, sous une autre forme". Un budget que le président du Conseil départemental définit comme "lucide et ambitieux". Et de rappeler les 3 priorités qui ont guidé les élus dans leurs choix : "protéger les plus fragiles, avec 315 millions d'euros ; soutenir les territoires avec 106 millions d'investissements qui bénéficient souvent aux entreprises locales ; et préparer l'avenir avec 33,20 millions d'euros pour l'éducation, la jeunesse et l'épanouissement, dont 21 millions d'euros pour les collèges".