Chasse : vers une modification de la contribution territoriale dégâts
Face à la hausse des dégâts de sangliers, la fédération des chasseurs des Deux-Sèvres se voit dans l'obligation de faire davantage contribuer les territoires et de revoir son modèle de mutualisation établi depuis 2020.
Face à la hausse des dégâts de sangliers, la fédération des chasseurs des Deux-Sèvres se voit dans l'obligation de faire davantage contribuer les territoires et de revoir son modèle de mutualisation établi depuis 2020.
La fédération des chasseurs des Deux-Sèvres (FDC 79) a eu beau repousser l'échéance, les chiffres de la campagne 2025-2026 ne lui laissent plus guère le choix. Avec une explosion du nombre de prélèvements de sangliers (près de 4 700, contre 3 300 de moyenne sur les quatre dernières années), les indemnisations aux agriculteurs ont augmenté proportionnellement, laissant une ardoise estimée à 330 000 €, contre 240 000 € en 2024-2025.
Trop pour les finances de la structure, qui compte sur la contribution territoriale dégâts pour régler la note et qui a donc, lors de son assemblée générale, jeudi 16 avril à Bressuire, décidé d'une hausse de la contribution de base (50 ou 65 cts de l'ha contre 30 cts actuellement, non entérinée à l'heure du bouclage) assortie d'une contribution en fonction des dégâts payés aux exploitants sur son territoire, par tranche de 1 000 ha.
La fin de la mutualisation, donc, qui se base sur les dégâts depuis le 1er juillet de l'année précédente et qui sera réévaluée chaque année. Cinq tranches ont été établies, de 750 € de dégâts pour 1 000 ha chassables jusqu'à 6 000 € et plus. " Dans certaines ACCA, cette décision pourra influer sur le nombre d'adhérents car cette augmentation risque, à terme, de se répercuter sur le prix des cartes ", déplore Frédéric Audurier, le directeur de la FDC 79.
Volonté de se recentrer sur le petit gibier
Cette décision s'inscrit dans un contexte compliqué pour les chasseurs, échaudés par l'obligation de payer l'intégralité des dégâts de gibier alors que 30 % du territoire n'est pas chassable (bords de grandes routes, zones de réserve naturelle comme à Thouars), ainsi que la fin du plan d'accompagnement de l'État depuis trois ans, qui représentait tout de même 40 000 € localement.
De plus, ils commencent à exprimer une lassitude sur la chasse au sanglier, alors que le petit gibier souffre. " Le lièvre continue de baisser pour la troisième année consécutive avec 10 000 prélèvements en 2024-2025, contre 11 000 l'année précédente. On n'observe pas non plus d'évolution notoire favorable pour la perdrix, malgré deux implantations dans les Giasc. Enfin, 105 chasseurs ont fait le vœu lors de l'AG que la poule faisane ne soit plus tirée afin de développer les populations sauvages ", détaille Frédéric Audurier.
Enfin, la fédération a la volonté de créer une société commerciale proposant des prestations de service dans le domaine environnemental, afin de répondre à des appels à projets inaccessibles en tant qu'association. Une manière de renouveler son image auprès du grand public et de diversifier les sources de financements.