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Biométhane
Champion du bilan carbone, le Methane Power doit faire ses preuves

Le 21 juin se tenait un essai particulier sur le site de Metha Gâtine, à Pompaire : le T6.180 Methane Power, premier tracteur non diesel pleinement homologué (New Holland), était testé par la chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine.

© Chloe Poitau

Ils ont fait un aller-retour de Pompaire à Saint-Maixent-l’École (50 km avec remorque) sans encombre : Didier Langlois, technicien machinisme à la chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine, et Nicolas Morel, directeur commercial carburants alternatifs chez New Holland, ont testé, le 21 juin, le tracteur biométhane T6.180 pour le compte de la région Grand Est. Le site de Metha Gâtine leur permet de disposer d’une station de remplissage biométhane.

« Nous avons déjà livré sept modèles en France, et une vingtaine va arriver chez les concessionnaires », chiffre Nicolas Morel. Avant de détailler à qui s’adresse ce tracteur 100 % biométhane : « Aux agriculteurs méthaniseurs bien sûr, en particulier pour écrêter leur production en injection. Il donne de bons résultats pour le binage et l’épareuse particulièrement ».

Plutôt destiné au transport

Si un plein de méthane (fait en huit minutes maximum) permet jusqu’à sept heures d’autonomie, ce n’est pas tout à fait vrai quand le T6.180 est utilisé pour des travaux du sol (herse rotative, déchaumeur…).

L’autonomie descend alors à quatre heures. « En termes de polyvalence, il y a encore des choses à faire. Certains réclament plus de puissance. Nous ne sommes qu’au début de la gamme », précise Nicolas Morel. Didier Langlois complète : « Pour les travaux des champs, il va falloir améliorer les variations de régime. Pour le transport, notamment de tonnes à lisier, il est plus adapté ».

Pour le spécialiste machinisme, le tracteur biométhane est idéal pour des agriculteurs évoluant dans un rayon de 5 à 10 km autour d’une borne de recharge, ou souhaitant l’utiliser en commun, en Cuma par exemple. La question des stations de recharge est plus politique : des projets sont en cours en Deux-Sèvres pour 2023. « Les gros sites méthaniseurs s’équipent eux-mêmes. Une station peut coûter entre 20 000 € (petite station privée) et 900 000 € (grande station publique) selon les projets », expose Nicolas Morel.

Lire aussi : Près d’un an d’activité pour Métha Gâtine

Bilan carbone négatif

Là où le T6.180 affiche une nette différence, c’est en termes d’impact sur l’environnement. « Le rejet d’1 kg de biométhane équivaut à 80 kg de CO2. En fait le bilan carbone du Methane Power est négatif, on peut dire qu’il dépollue en roulant. On peut éviter les rejets fugitifs en collectant le biogaz avec une couverture de fosse à lisier – puis en filtrant le méthane –, profiter des réseaux existants ou opter pour une solution de bouteilles de gaz portées », décrit le commercial.

L’atout est aussi pour le porte-monnaie, à l’heure où les cours du gaz font un sacré bond vers le haut. « Cela permet d’être indépendant des cours mondiaux, et puis cette solution participe au stockage de carbone. Qui lui-même peut être valorisé financièrement ».

Le T6.180 coûte en moyenne 20 % plus cher que sa version diesel. Un outil de simulation, sur le site de New Holland France, permet de projeter les économies possibles à réaliser grâce au biométhane. Les usages du tracteur, sa localisation vis-à-vis d’une unité de méthanisation et le prix de l’énergie entrent en ligne de compte pour faire son choix.

Faire le plein : Le plein se fait en à peine huit minutes. Une heure de production d’un petit méthaniseur suffit pour faire un plein du tracteur. Les concessions Gonnin Duris en sud Deux-Sèvres, et Semat, au nord, seront progressivement formées à ce type de matériel.

Des questions d’usages et de sécurité

© Chloe Poitau
Avec 6 cylindres et 150 chevaux, le T6.180 Methane Power propose deux emplacements de stockage du biométhane : entre les roues, à la place des réservoirs diesel et AdBlue (grande polyvalence mais autonomie limitée) ou bien entre les roues et à l’avant dans un châssis (grande autonomie mais seuls les outils arrières peuvent être attelés). « Le choix revient à chaque utilisateur », souligne-t-on chez New Holland. Les systèmes de sécurité sont en tout cas multiples pour prendre en compte les risques liés au gaz : fermeture automatique des bouteilles à l’arrêt du moteur ou en cas de rupture de tuyau, brûlage du gaz en torchères en cas d’incendie… Dernière particularité à noter : un système de dépollution plus simple, ne nécessitant pas d’AdBlue.
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