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Paroles de JA
Ancien infirmier, Joachim est passé du soin des Hommes à celui de la terre

Joachim Salem a abandonné son métier d’infirmier pour reprendre, il y a un an, l’exploitation céréalière de son oncle à Saint-Ignat et faire ainsi perdurer la ferme familiale transmise depuis plusieurs générations.

Joachim Salem s'est installé en Auvergne en céréales, sur 42 ha dont 8 irrigués.
© Mélodie Comte

Ce n’est ni la pandémie de la Covid-19, ni la crise hospitalière qui ont conduit Joachim Salem à abandonner son métier d’infirmier pour celui d’agriculteur. Le jeune homme de 33 ans mûrissait depuis longtemps le projet de rejoindre son oncle sur son exploitation céréalière de Saint-Ignat. Le décès soudain de ce dernier a contraint Joachim à prendre rapidement une décision : reprendre seul la ferme familiale ou la perdre.

Au soin de la terre familiale

Joachim Salem est installé depuis maintenant un an sur l’exploitation de 42 ha. Avant de devenir agriculteur, cet ancien infirmier a exercé son métier en Suisse pendant sept ans, avant de revenir en France. Il se rapproche alors du bastion familial de Saint-Ignat en devenant infirmier libéral à Ennezat. « J’ai fait deux mois »! Bien que son métier devenait pesant, « le travail est complexe, c’est dur psychologiquement », il n’avait pas envisagé d’en changer aussi rapidement.

« J’avais évoqué avec mon oncle de prendre sa suite à sa retraite, dans trois ans. J’imaginais alors avoir le temps de me former, de pouvoir compter sur son soutien et peut-être continuer mon métier d’infirmier à mi-temps ». Malheureusement, le décès soudain de ce dernier a précipité les objectifs du jeune homme. « Mon oncle n’avait pas d’enfant. Nous, la famille, n’avions pas le désir de vendre, d’abandonner notre patrimoine ». Joachim prend alors la décision radicale de devenir agriculteur à temps plein.

Courir plusieurs lièvres à la fois

Commence pour le jeune homme un parcours intense. Il doit dans un premier temps se plier aux démarches administratives. « Faire les bulletins de mutation pour les terrains a été long et délicat. Les propriétaires ne me connaissaient pas ».

Joachim Salem se voit également contraint de reprendre des études. « Je n’avais aucun diplôme agricole en poche ». Il s’oriente vers un Bac pro agricole par correspondance avec « trois semaines en présentiel à Vesoul (Haute-Saône) et huit semaines en stage dans une exploitation de l’Allier ». En juin, il terminera son cursus, mais poursuivra sur des formations professionnelles supplémentaires (Ecophyto, arboriculture...) à la chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme.
Dans le même temps, Joachim s’occupe de l’exploitation de 42 hectares sur le modèle de son oncle. Maïs semence, maïs consommation, blé et tournesol en sont les cultures principales. Une première année particulièrement intense à laquelle Joachim dit s’être attendu.

Un soutien inattendu

Malgré tout, Joachim Salem sait s’entourer. Il a pu compter sur le soutien de collègues voisins, « des amis proches de mon oncle ainsi qu’à moi, toujours prêts à me donner des conseils ou un coup de main ». Joachim va même plus loin : « sans eux j’aurais arrêté, car ce n’est pas possible d’avoir un tel projet sans connaissance ni expérience ».
Afin de pallier ses manques, il a également intégré le Geda Maringues Avenir auquel son oncle était adhérent. « J’apprends énormément de choses grâce à ce groupe dans lequel il y a aussi beaucoup de partage d’expériences ». Joachim Salem a rejoint dernièrement le syndicat des Jeunes Agriculteurs pour, là encore, faire des rencontres.

Retrouvez tous les portraits des nouveaux installés dans notre dossier.

Sa première année d’installation a été intense, « je soufflerai quand j’aurai terminé mon bac en juin prochain ». Joachim réfléchit déjà à diversifier les productions de son exploitation. « Avec seulement 42 hectares, ce n’est pas possible d’avoir un revenu uniquement à partir des cultures céréalières. De plus, j’ai dû investir sur l’exploitation pour renouveler du matériel et rénover les bâtiments ».

Le jeune agriculteur va développer la production d’ail, échalote et oignon ainsi que la pomme de terre ou encore les légumes de plein champ. « Je vais installer aussi 1 200 m2 de serres et planter un verger. J’ai également le projet de faire des gîtes ».
Les épreuves et la charge de travail n’ont pas entamé son enthousiasme face à ce nouveau métier. « C’est glorifiant de produire ses céréales et confortable d’être son propre chef ».

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