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Circuits courts
Agrilocal à l’honneur dans les cantines

L’association nationale organisait cette semaine son opération ‘‘Au pré de l’assiette’’ pour encourager les établissements à cuisiner avec des produits locaux. Six collèges de Charente-Maritime ont répondu présent.

Élus et partenaires d’Agrilocal ont pu découvrir le menu 100 % local du collège Raymond-Bouyer, le 12 octobre à St-Hilaire- de-Villefranche.
© K.B.

Longtemps mauvaises élèves en matière d’achats de proximité, les collectivités locales tentent, ces dernières années, de rattraper leur retard pour répondre aux contraintes de la loi Egalim (voir encadré)… et améliorer leur image. Dans ce contexte, le Département de la Charente-Maritime travaille avec l’association Agrilocal. Créée en 2013, cette dernière a développé une plateforme d’achat de produits locaux compatible avec les règles des commandes publiques, qui a été déclinée dans une trentaine de départements adhérents. « En Charente-Maritime, elle existe depuis octobre 2019 », explique Florence Brosselin, chargée de mission Agrilocal du Département. « Le déploiement s’est fait territoire par territoire. » L’approvisionnement local est soutenu via cet outil, mais aussi financièrement depuis la rentrée de septembre. « Le Département subventionne à hauteur de 25% les achats des collèges sur la plateforme », souligne la vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’Éducation, Caroline Aloé. À ce jour, 86 acheteurs y sont déjà inscrits, dont 29 collèges sur les 51 que compte la Charente-Maritime.

Valoriser le travail des cuisiniers

Pour valoriser la démarche, Agrilocal a organisé, du 11 au 15 octobre, l’opération nationale ‘‘Au pré de l’assiette’’. L’objectif, pour les établissements participants : proposer un repas 100 % local ou un mets local chaque jour, à partir des produits commandés sur la plateforme. 513 établissements s’y sont inscrits à l’échelle nationale. En Charente-Maritime, ils sont dix, dont six collèges. À Jean-Hay (Marennes), Bernard-Roussillon (Saint-Aigulin) et Léopold-Dussaigne (Jonzac), c’est le mets local quotidien qui a été privilégié. À Marc-Jeanjean (Matha), au collège de La Tour (Montguyon) et à Raymond-Bouyer (St-Hilaire-de-Villefranche), c’est plutôt un repas 100 % local qui a été choisi.


Dans ce dernier établissement, le déjeuner en question a eu lieu mardi 12 octobre, en présence d’élus et de partenaires du dispositif Agrilocal17. Le vice-président du Département en charge de l’Agriculture, Gilles Gay, a rappelé que cette initiative permettait de « promouvoir le patrimoine culinaire local », mais aussi de « valoriser le savoir-faire des cuisiniers ». Le chef Laurent Grolaud a pu ainsi témoigner sur son expérience en matière d’achats locaux, qui ont fait leur entrée dans cette cantine de 290 couverts il y a trois ans.

Au sein du collège, nous n’avons pas attendu la mise en place de la plateforme, mais nous y avons adhéré tout de suite », a-t-il indiqué. « En plus de ces achats, nous avons également du fait maison : nous fabriquons nos pâtisseries, nos entrées chaudes. »

La préparation des repas se fait généralement avec 24h d’avance, mais le travail commence en fait bien plus tôt. « En achetant des produits locaux, il faut travailler plus en amont, avoir environ un mois de prévisions. Après, nous avons une adaptativité importante… » Et, a-t-il ajouté, « il faut aussi que la direction soit un peu moins regardante sur les budgets alimentaires. Chez les distributeurs, un yaourt nature, c’est autour de 10 cts. Chez un producteur local, c’est quatre fois ce prix. » Au collège Raymond-Bouyer, ce surcoût a été en partie compensé par une diminution du grammage et une lutte renforcée contre le gaspillage alimentaire.

157 fournisseurs inscrits

Autre difficulté pointée par le chef Grolaud : la diversité des produits proposés. « Nous avons aussi des marchandises qui viennent de Charente et du sud Deux-Sèvres. On ne trouve pas de tout dans le département… » Une réalité soulignée aussi bien par Gilles Gay que par la représentante de la Chambre d’agriculture 17, la vice-présidente Muriel Penon. « Pour que ça fonctionne, il faut qu’il y a ait des agriculteurs au début de la chaîne », a-t-elle souligné. Actuellement, 157 fournisseurs sont inscrits sur la plateforme Agrilocal17, dont 24 ayant le label ‘‘+ de 17 dans nos assiettes’’. Ils proposent 593 références, dont 257 en agriculture biologique.

Magalie Gauthier, du Gaec des Lilas à La Chapelle-des-Pots, fait partie avec son mari et son beau-frère des producteurs inscrits. « Ça fait six mois que nous en sommes membres, et dans l’ensemble ça se passe plutôt bien », a-t-elle témoigné. « La Chambre d’agriculture nous a donné un bon coup de main pour nous y lancer. » L’exploitation fournissait déjà des établissements, dont le collège Raymond-Bouyer, en yaourts fermiers, mais la plateforme lui a permis de toucher encore plus d’écoles. « Les enfants sont aussi de futurs consommateurs charentais-maritimes », a rappelé Muriel Penon. « Avec ce dispositif, on commence dont leur éducation aux produits de qualité du territoire… »
 

Egalim : l’échéance se rapproche

C'est à partir du 1er janvier 2022 que les collectivités devront proposer dans leur repas au moins 50 % de produits de qualité et durables (Label rouge, AOC/AOP. IGP, HVE, ‘‘fermier’’…), dont au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique.

 

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