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Syndicalisme
« Vous, hommes politiques, êtes responsables du marasme actuel »

L’agriculture traverse la plus grave crise de ces trente dernières années selon les syndicalistes. La FDSEA demande des aides d’urgence et le retour aux mécanismes d’intervention.

Vendredi, l’appel à manifester à Poitiers le 16 octobre a été réitéré. En attendant 
cette action, la FDSEA et les JA ne siégeront plus en CDOA.
Vendredi, l’appel à manifester à Poitiers le 16 octobre a été réitéré. En attendant
cette action, la FDSEA et les JA ne siégeront plus en CDOA.
© DR

 

«La FDSEA et les JA ne siégeront plus en CDOA. Ils déclineront toute invitation adressée par les services de l’Etat. » Cette décision concertée des syndicats s’applique depuis le vendredi 25 septembre, lors de la rencontre entre la FDSEA, les JA et les élus, et jusqu’au 16 octobre date de la manifestation nationale lancée par la FNSEA. 

Sur l’exploitation du Gaec Chaigne Desnoue, le secrétaire général de la préfecture prend note. La mise en place de la cellule de crise multiproductions, deuxième demande formulée quelques instants plus tôt par Patrice Coutin, président de la FDSEA, « sera étudiée avec sérieux par madame la préfète », assure Jean-Jacques Boyer, son représentant. 

Ce matin, à quelques mètres des vaches de l’exploitation de polyculture-élevage à Saint-Pardoux, le ton est grave. Anthony et Guy Desnoue, son père, présentent l’exploitation, ses productions. Activité laitière, atelier viande, production céréalière… « Aujourd’hui rien ne va », regrettent les exploitants. Ils comparent les chiffres de l’étude prévisionnelle d’installation réalisée par Anthony à l’automne 2008 et les cours sur les marchés actuels. Au lieu de 320 euros les 1000 litres de lait, les associés doivent composer avec 260 euros. Au lieu des 120 euros la tonne de céréales, ils doivent faire avec 100 euros. Il n’y a que les cours du maïs qui semblent se tenir à 90 euros la tonne. Mais sur cette production la question est moins le coût que la quantité. « La sécheresse pourrait nous priver d’un tiers de la récolte. » 

Ici, comme partout en Deux-Sèvres, et partout en France, l’agriculture traverse une crise « la plus grave des trente dernières années, Bruno Le Maire lui-même l’affirme », reprend Patrice Coutin. Depuis des mois déjà, « la FDSEA et les JA interpellent les pouvoirs publics, dénoncent les comportements commerciaux abusifs qui privent de marges les agriculteurs au profit des distributeurs, exigent la remise en place des mécanismes d’intervention ». En vain. « Pour sortir l’agriculture du désarroi dans lequel elle se trouve, il faut agir et vite. Les trésoreries sont vides. Il faut écrire une politique claire qui donne de nouvelles perspectives à l’agriculture toutes filières confondues. » 

Ce vendredi matin, c’est aux politiques que la centaine de syndicalistes réunis s’adressait. Des politiques venus en petit nombre. Le président de la FDSEA jugeant 

« déplorable » l’absence de la région Poitou-Charentes et du département des Deux-Sèvres. « Vous êtes responsables du marasme actuel », pointait-il du doigt dénonçant « l’abandon des mécanismes de régulation » et « les changements de discours qui caractérisent plus d’un élu. Sur le terrain ou à Paris, vos positions ne sont pas les mêmes ».             


 

Les revendications de la FDSEA

A court terme : obtenir une année blanche pour les annuités et les cotisations sociales, obtenir le remboursement de la taxe foncière sur le non bâti et de la TIPP, décrocher une exonération de la taxe carbone, une réduction du coût du travail pour faire face aux distorsions sociales, faire sanctionner les comportements abusifs dans les pratiques commerciales, arrêter les contraintes franco-françaises, tenir les engagements sur les retraites. 

Pour l’avenir : remettre la régulation au cœur de la PAC, lutter contre les distorsions de concurrence sur les moyens de production, obtenir la mise en place d’outils pour gérer les risques agricoles (assurances, organisation de filières), trouver une place conséquente pour l’agriculture dans le grand emprunt.


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