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Vigne : Organisation, formation et recherche face au dépérissement

Le plan national de lutte se déploie. Un colloque scientifique s’est tenu à Montpellier le début avril, donnant un aperçu.

Une problématique complexe, imputable à 72 facteurs.
Une problématique complexe, imputable à 72 facteurs.
© © Réussir

De l’organisation, de la formation et de la recherche face au dépérissement du vignoble. Ce sont les moyens qui ont été déployés par le plan de lutte contre ce phénomène insidieux, qui atteint le bois de la vigne, et qui est responsable d’une perte annuelle de rendement de 4,6 millions d’hectolitres de vin en France. Contre ce fléau, qui est «une problématique complexe», imputable à 72 facteurs, comme l’a rappelé Christophe Riou, directeur adjoint de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), il faut une multitude d’actions à mettre en oeuvre. «À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles», a-t-il résumé lors d’un colloque scientifique à Montpellier organisé le 4 avril par le Comité national des interprofessions viticoles (Cniv), qui a réuni environ 250 participants.

Les chambres et des réseaux de viticulteurs


La première ambition du plan est de placer les viticulteurs au coeur de la lutte contre les dépérissements. Déjà, 29 réseaux ont été créés par les Chambres d’agriculture en Charentes, Val de Loire et Rhône-Provence, rassemblant près de 300 viticulteurs échangeant sur les problèmes de longévité des ceps de vigne qu’ils rencontrent sur leurs parcelles et leur potentiel de production. Une enquête sur les pratiques viticoles, menée dans les trois régions du projet «mobilisation innovation vigneronne», a permis de recevoir plus de 500 réponses de viticulteurs.

Des hectares en plus pour des greffons


Ce colloque a été l’occasion de témoignages, tel celui de Jérôme Oberti, chef de culture du domaine Sainte-Roseline, qui a lancé «une vaste campagne de recépage» : on coupe le tronc de la vigne pour reformer un nouveau tronc, méthode qui contribue à lutter contre plusieurs champignons comme l’eutypiose, le BDA et l’esca.
Le plan de lutte concerne également les pépiniéristes viticoles qui ont des actions communes avec les viticulteurs. David Amblevert, président de la Fédération française de la pépinière française, a annoncé la récente mise en culture de 186 hectares supplémentaires pour la production de 50 millions de greffons par an. Le colloque a également donné la parole à un responsable de Sicavac, laboratoire oenologique de Sancerre, qui a mis au point un cahier des charges très strict pour la production de plants de très haute qualité. «Les greffons sont fournis par Sicavac aux pépiniéristes partenaires et la production est contrôlée six à huit fois par an lors des étapes clés», a témoigné Christophe Monget, de Sicavac.

Formation pour les viticulteurs, les salariés et... les formateurs


Un volet d’actions de formation s’adressera aux viticulteurs, aux salariés d’exploitation, aux techniciens, aux étudiants, et aux formateurs eux-mêmes, notamment sur la taille de la vigne. En 2017, l’organisme de formation des exploitants Vivéa a financé la formation de 500 personnes, tandis que le Fafsea (chargé de la gestion des fonds de la formation professionnelle continue pour les salariés de la production agricole) a financé celle de 800 salariés en 2016 et 2017. De plus, les chambres d’agriculture, sous l’égide d’un programme mené par l’APCA, ont pris en charge les formations de formateurs. Déjà 34 formateurs ont ainsi suivi trois sessions de deux jours chacune à Chablis (Yonne), Blanquefort (Gironde) et Orange (Vaucluse), a indiqué Thomas Mineur, de la Chambre d’agriculture de la Marne. Les thèmes de ces sessions peuvent concerner les stratégies des viticulteurs, le matériel végétal, les champignons, les bactéries (dont certaines sont bénéfiques), les virus.
Dans ce chapitre de la formation, Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, a signalé qu’il fait avancer au Fafsea le projet de deux certificats de formation pour ouvriers d’exploitations et de pépinières.

 

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