Aller au contenu principal

Valoriser des débouchés pour les producteurs

Magasins et marchés de producteurs, vente à la ferme… les circuits courts sont pour les producteurs, un moyen de valoriser leurs productions et d’entrer en contact avec le client final. Encore faut-il s’y retrouver, que l’on soit agriculteur ou consommateur.

Le magasin de producteurs, comme « Coccinelle et Coquelicot » à Angoulême, est un outil important dans la diversification des débouchés.
Le magasin de producteurs, comme « Coccinelle et Coquelicot » à Angoulême, est un outil important dans la diversification des débouchés.
© Alexandre Veschini

Les circuits courts, un vaste programme. La notion répond à plusieurs demandes : celle du consommateur qui veut consommer davantage localement et mieux sourcer ses achats ; celle du producteur qui veut se faire connaître - lui et sa production - et qui cherche également à valoriser sa production en limitant les intermédiaires qui apportent parfois peu de valeur ajoutée. « Du circuit court, ce n’est pas que la production et l’agriculteur du village d’à côté. C’est aussi avoir un magasin qui se fournit directement auprès d’un producteur », explique Patrick Blainville, chargé de développement des magasins de producteurs « La Belle Fermière » (Ruelle-sur-Touvre et Ruffec). L’enseigne vend par exemple du champagne « en circuit court », production qu’on peut difficilement lancer en Charente. Il explique : « Pas d’intermédiaire, le producteur nous fournit directement. » Pour le reste, ce sont les producteurs associés et des apporteurs, souvent des agriculteurs du cru, qui complètent l’offre de produits.


Un outil à maîtriser. Les magasins de producteurs, un nouvel eldorado ? « Les marges sont très faibles », tempère Patrick Blainville. Alors pourquoi se donner autant de mal à courir les marchés ou à s’organiser entre producteurs pour ouvrir ses magasins. « C’est un nouvel outil. En s’associant, les producteurs peuvent attaquer un marché qui leur serait inaccessible seul. » Un nouvel outil qu’il est parfois difficile de maîtriser. Dans un premier temps, il faut que tous les producteurs associés soient d’accord aussi bien sur la répartition des tâches que des frais ou des gains. Ensuite, le commerce c’est un métier. Il faut pouvoir maintenir une activité qui corresponde également à des horaires acceptables pour la clientèle. Les tentatives de magasins gérés uniquement par les producteurs se sont parfois soldées par des échecs.À deux pas de la Chambre d’agriculture de la Charente, le magasin de producteurs « Coccinelle et Coquelicot » est tenu par des salariés. Les périodes de confinement ont donné un coup de boost à certains magasins de producteurs. Mais une accélération qui a été de courte durée, d’après les salariées. « J'ai l'impression que les gens sont revenus à leur façon de consommer d'avant », note Cathy Guitonneau. « Nous avions des achats en grosse quantité mais ça s'est calmé », précise Hélène Maufroy. Un son de cloche différent du côté de la Belle Fermière. Pour Patrick Blainville, « à Ruelle, où il y a beaucoup d'entreprises, c'est une clientèle qu'on a perdue avec le télétravail. Sur Ruffec, c’est différent, la clientèle cherche du produit brut. A Ruelle, c’est plus de la conserve ou du plat préparé. » Chaque magasin de producteur est différent, avec une clientèle différente. Le circuit court reste une opportunité, mais loin d’une recette.

Retrouvez notre supplément de 12 pages sur les circuits courts dans La Vie Charentaise du vendredi 26 novembre 2021

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Karine Desroses regrette cette suppression de fonds nationaux dédiés à la formation professionnelle, dans le contexte d'augmentation du taux de chômage.
500 sessions de formation suspendues en région
La semaine dernière, la Région avait réuni les organismes de formation et acteur de l'emploi et de la formation professionnelle,…
François Hollande a visité l'exploitation de la famille Hérault en présence de représentants des JA et de ma FNSEA 86, mais aussi de Cyril Cibert.
Les agriculteurs interpellent François Hollande
Alors que François Hollande effectuait un déplacement dans le Châtelleraudais, pour remettre sa médaille de l'ordre national du…
Les élus ont investi la cantine du collège de Latillé au moment du repas 100% local.
Le goût du local jusque dans les cantines
Pour mettre un peu plus l'accent sur leur démarche d'achat de produits locaux, 38 cantines inscrites sur Agrilocal ont participé…
Les vergers d'oliviers sont mis en palissage, comme des vignes.
Oliviers : une diversification adaptée à la Vienne ?
Après une intervention lors du forum des opportunités qui avait suscité l'intérêt de plusieurs agriculteurs, la chambre d…
Alexandre Humeau ( à droite) a jugé vendredi après midi les animaux qui concourraient pour leurs qualités bouchères.
Deux juges de la Vienne officient au Sommet de l'élevage

Pour Alexandre Humeau, c'était une première. L'éleveur de Limousines de Dienné est juge officiel de la race depuis plus de 15…

Plusieurs élus de Coulonges-les-Hérolles se sont mobilisés lundi en réaction aux dégâts du 17 octobre, ainsi que des habitants de la commune. 
Le 17 octobre, vu du rural
Si c'est dans les villes importantes que les mobilisations du 17 octobre ont dérapé, les ruraux se sentent aussi concernés.…
Publicité