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Portrait
Une Saintongeaise en lice pour « Graines d'agriculteurs »

Installée depuis quatre ans dans une ferme à Saint-Sorlin-de-Conac, Amélie Teixeira est la seule Charentaise-Maritime à participer à ce concours national.

Amélie Teixeira, au milieu de ses vaches, dans sa ferme située à quelques mètres de l'estuaire de la Gironde.
Amélie Teixeira, au milieu de ses vaches, dans sa ferme située à quelques mètres de l'estuaire de la Gironde.
© Philippe Brégowy

À 25 ans, Amélie Teixeira possède une belle expérience des métiers de l'agriculture. Ses parents étaient déjà exploitants agricoles. « Ils possédaient des terres entre Mérignac et Le Barp en Gironde. Ils ont été expropriés en 2008 pour permettre l'extension d'une zone commerciale », raconte la jeune femme. Alors âgée de 8 ans, Amélie se souvient de ces moments difficiles. « Il nous a fallu beaucoup de temps pour trouver un terrain... Finalement, mes parents ont trouvé celui-là. » Située à quelques centaines de mètres de l'estuaire de la Gironde, cette ferme de 120 hectares (propriété du Conseil départemental de Charente-Maritime) est en plein marais. En 2021, la Saintongeaise s'est associée avec sa mère en créant le GAEC Charon. La mère et la fille sont les seules locataires du Département en terres agricoles. Les contraintes fixées par le Conseil départemental correspondent bien aux aspirations des deux femmes. « Le Département nous impose de ne pas cultiver de céréales, d'être très respectueuses de l'environnement », confirme Amélie Teixeira.

« Graines d'agriculteurs » : une opportunité

Le GAEC Charon a donc misé sur l'élevage. « Nous possédons 80 vaches normandes, des Blondes d'Aquitaine et des croisements INRA 95 pour la production de veaux sous la mère », détaille l'agricultrice saintongeaise. La situation financière de l'exploitation familiale est fragile. « C'est un peu juste pour deux salaires. Pour l'année prochaine, nous devrions élever des agneaux de bergerie. » 

Isolée géographiquement - le premier voisin se trouve à plus d'un kilomètre -, Amélie Teixeira ne l'est pas professionnellement.

 « Je me rends souvent à des évènements en lien avec l'agriculture. Et puis je fais partie des Jeunes agriculteurs de Haute-Saintonge, j'aime aussi recevoir des élèves pour leur faire découvrir mon métier », confie la jeune femme qui a failli se destiner à l'enseignement. « J'ai un baccalauréat littéraire et j'ai pensé devenir professeure. Mais l'amour des animaux et de la nature a vite pris le dessus. » La participation au concours « Graines d'agriculteurs » ? Une opportunité. « Les JA me l'ont proposé. Je me suis dit, pourquoi pas ? Je n'ai rien à perdre, et cela m'offre une visibilité », poursuit l'éleveuse.

Engagée pour la défense de la biodiversité

Nommé dans la catégorie biodiversité, le GAEC Charon est engagé dans ce domaine. « Nous avons planté des haies, des arbres. Les plants viennent d'ailleurs de la pépinière départementale. Nous utilisons le moins possible des antibiotiques pour nos vaches », détaille Amélie Teixeira qui voue une véritable passion pour ses bovins. 

« Elles ont toutes une cloche différente. Ma préférée ? C'est Toupie, une vache de race ferrandaise. Je suis allée la chercher dans le Puy-de-Dôme. Les veaux sous la mère, c'est dans le Sud-Ouest mais aussi là-bas », poursuit la jeune femme qui travaille exclusivement avec la coopérative agricole La Périgourdine.

 Épanouie dans sa ferme - « cette profession me laisse une belle liberté » -, Amélie Teixeira admet que la situation entre octobre et début avril n'est pas facile à vivre. « L'été c'est sympa, on croise des touristes qui se baladent à vélo ou à dos d'âne. L'automne et l'hiver, c'est beaucoup moins drôle. Pendant les tempêtes, on ne fait pas les fiers, on a un peu peur que la digue cède », souligne la jeune femme qui attend avec impatience le résultat du concours. 

 

Pour voter : https://graines-agriculteurs.fr/candidat/amelie-teixeira

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