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FDSEA
Une réunion éclairante sur les OGM

Lors de son conseil d’administration, lundi, la FDSEA a invité ses adhérents à un exposé suivi d’un débat sur les OGM, dans le but d’apporter un éclairage sur leur intérêt et les risques éventuels, inhérents à toute nouvelle technologie de ce type.

«Les OGM, on en parle souvent sans trop savoir de quoi il s’agit ». Avec son équipe, Philippe Moinard, président de la FDSEA, a voulu apporter un éclairage sur ce dossier souvent passionnel, comme en  témoigne l’actualité.
Mardi 20 novembre,à Chatillon-sur-Thouet, près de 200 administrateurs et adhérents de la FDSEA étaient invités à débattre du sujet à partir de l’intervention de Christian Huygues.
Le chercheur à l’INRA de Lusignan a volontairement limité ses propos à l’application de cette biotechnologie au monde végétal. Or le sujet s’étend aussi à l’industrie chimique, puisque 75% des médicaments sont élaborés à partir « de matériaux génétiques modifiés d’une manière qui ne peut s’effectuer naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle », selon la définition officielle des OGM.
Produits de la haute technologie, objets d’enjeux financiers et économiques considérables, leur développement a commencé il y a une dizaine d’années. Ils couvrent aujourd’hui 100 millions d’hectares dans le monde, soit quatre fois la SAU de la France. Ils sont surtout cultivés aux États-Unis mais aussi en Argentine et au Brésil. La raison est relativement simple : cette technologie ne peut être développée que par des sociétés fortement capitalisées, disposants de moyens de recherche tout aussi importants et parce que le soja OGM résistant aux herbicides est leur principal débouché. Viennent ensuite le maïs, (123 millions d’hectares sur 144 millions d’hectares cultivés dans le monde), le coton, (espèce qui reçoit le plus de produits phytosanitaires) et le colza. Les travaux et applications se concentrent également sur la tolérance aux ravageurs, aux basses températures… avec de meilleurs résultats que pour la tolérance à la sécheresse. Des avantages nutritionnels sont également recherchés ou des essences forestières pauvres en lignine.
Les polémiques actuelles ne prendraient pas une telle importance si, comme le disait Jean-Marie Gautier, de Saint-Georges-de-Noisné, l’opinion publique n’était en proie à des peurs, « véhiculées par de pseudos scientifiques ce qui fait qu’on entend plus les anti que les pro. Les comportements alimentaires sont beaucoup plus dangereux que les OGM », complétait-il. Un paradoxe de plus, alors que tout le monde ou presque est pour le progrès, « tout en surfant sur l’irrationnel et le traditionnel », lorsque  fabricants et consommateurs plébiscitent les AOC, relève de son côté Christian Huygues.
Le handicap des OGM n’est-il pas d’être apparus après les affaires du sang contaminé, de l’amiante ou de l’ESB ? Ces crises sanitaires ont jeté un trouble dans la crédibilité des hommes politiques, des industriels mais aussi des scientifiques. Pour la FDSEA, il est temps de remettre de l’ordre dans le débat et d’en finir avec la polémique. « Les scientifiques doivent nous éclairer et les politiques décider », rappellent les responsables professionnels. Comme la FNSEA, ils s’insurgent contre les destructions d’essais en plein champ qui ne peuvent qu’accroître la dépendance des agriculteurs français vis-à-vis des États-Unis.
Certains dans la salle, ont trouvé cette présentation présentant trop à leur goût, les OGM comme « une catastrophe ». « Ce sont des outils comme les autres », estimait Pierre Trouvat. Christian Huygues en convenait, rappelant que « ce n’est pas l’outil qui fait l’erreur, mais celui qui l’utilise ». Raison de plus, soulignait un jeune agriculteur pour s’en servir, persuadé que les filières OGM, non OGM et bio peuvent coexister sur le terrain. Les multiplicateurs de semence en font tous les jours la démonstration. « Ce sera au consommateur de choisir en connaissance de cause », disait-il.

La FNSEA demande un cadre réglementaire et des moyens

102 millions d’hectares d’OGM ont été cultivés dans le monde en 2006. L’Europe reste à l’écart de ce mouvement avec environ 54 000 ha de maïs OGM semés en 2007 en Espagne et 19 816 ha en France, contre environ 5 000 ha en 2006. La Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne concentrent plus de la moitié de cette surface. « Les essais, mais aussi depuis 2006 les cultures commerciales d’OGM, parfaitement légales, font l’objet de destructions régulières »,  relève la FNSEA, qui lors du Grenelle de l’environnement, a formulé plusieurs requêtes.
- Définition d’un cadre clair pour la coexistence des cultures OGM et non OGM.
- Garanties et encouragements de la recherche et de l’expertise française.
- Définition d’une politique européenne harmonisée.
- Adoption d’une loi sur les OGM, avec une haute autorité et une représentation pluridisciplinaire.
- Mise en place d’un régime d’indemnisation en cas de préjudice économique pour un producteur non OGM.
- Transparence et protection des essais.
- Etablissement de distances d’isolement entre cultures OGM et non OGM.
- Évaluation des coûts/bénéfices des OGM sur les plans économique et environnemental.

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