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Une nouvelle convention pour favoriser la transmission

Les partenaires du Point Accueil Installation Charente-Maritime se sont réunis à Saintes pour signer la nouvelle convention de l'organisme, récemment labellisé PAIT.

Pour le président du PAI17, Arnaud Dubois, «c’est bien d’avoir des parcours, mais si derrière il n’y a que peu de foncier...»
Pour le président du PAI17, Arnaud Dubois, «c’est bien d’avoir des parcours, mais si derrière il n’y a que peu de foncier...»
© AC

Organismes professionnels agricoles, collectivités locales, établissements bancaires et assurances ou encore organismes syndicaux : ils étaient nombreux à avoir répondu présent à l’invitation du Point Accueil Installation Charente-Maritime, qui présentait lors de sa réunion annuelle des structures partenaires le 9 novembre à Saintes la convention tripartite (Point Accueil Installation / Chambre d’agriculture 17 / Structure partenaire) pour la période 2018-2020. L’occasion idéale pour faire un point sur l’activité de l’interlocuteur des porteurs de projets agricoles.
En tout, depuis le début de l’année 2018, 22 dossiers DJA (Dotation jeunes agriculteurs) supervisés par le PAI17 ont été déposés à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), et dix autres devraient l’être dans les prochaines semaines. Un nombre non négligeable que souligne le président de l’association, Arnaud Dubois. «Dans la région, c’est nous qui accueillons le plus», rappele-t-il. Mais ces chiffres sont à relativiser quand on découvre l’ensemble du travail réalisé par l’animatrice du PAI17, Nathalie Duchiron, qui a délivré pas moins de 136 autodiagnostics depuis le début de l’année, dont 99 lui ont été retournés.

Des profils variés

Les candidats qui la contactent ont pour certains des profils bien différents de l’image qu’on se fait souvent d’un jeune agriculteur. Ils sont rarement tout juste sortis de l’école  : la plupart ont entre 25 et 40 ans, avec un âge moyen de 27 ans. «Mais on peut être porteur de projet jusqu’à 55 ans !», souligne Arnaud Dubois. Si la parité n’est pas encore la règle, elle progresse, avec une proportion 2/3-1/3 entre hommes et femmes. Surtout, une part croissante est constituée de personnes en reconversion professionnelle, des étudiants de master aspirant à la vie au grand air aux chômeurs qui espèrent trouver dans ce secteur l’emploi qu’ils ne peuvent occuper ailleurs. D’où, parfois, un manque d’expérience agricole qui rend d’autant plus nécessaire l’accompagnement. «Il y a trop de gens qui veulent improviser, et derrière... Les échecs se voient toujours, dans les campagnes», commente Arnaud Dubois, qui y voit une raison de plus à la mission du PAI17 : «les installations aidées, 95 % sont toujours là 5 ans après.»
Les projets sont eux aussi variables. «Le maraîchage, aujourd’hui, est la première production dans l’accueil», explique-t-il. Viennent ensuite  des plans d’installation en grandes cultures et viticulture, deux domaines où il y a le plus de concrétisation. Les projets en aviculture ou en caprin sont souvent de plus petite taille, et une plus grande part de leur production est destinée à la vente directe. Viennent enfin les élevages bovins, en viande et en lait : 3 à 4 % des dossiers, dans un contexte difficile qui motive peu de jeunes. Enfin, il y a quelques projets littoraux, de saliculture, ou plus originaux, comme le récent engouement pour la spiruline. «Faut être ouvert...», sourit Arnaud Dubois.

Un département (trop ?) attractif

Fait intéressant, 44 % des candidats à l’installation ont le foncier nécessaire. Souvent, il est issu d’un héritage, ou appartient à un autre membre de la famille qui ne l’exploite pas. Un atout certain, car les porteurs de projets - souvent individuels, les sociétaires ne représentant que 13 % des dossiers - ont parfois bien du mal à trouver les terres nécessaires. «Le problème, c’est qu’on a un département hyper attractif, où beaucoup de jeunes veulent s’installer», confie Arnaud Dubois. Et tous ne trouveront pas la parcelle nécessaire. «Quand le foncier est disponible, il y a dix candidats dessus !»
Un constat renforcé par la seconde partie de la réunion, où la parole était aux représentants des structures partenaires. Ainsi, Hervé Lalanne, représentant de la MSA a apporté ses propres chiffres sur l’agriculture en Charente-Maritime, confirmant l’érosion du nombre d’exploitations agricoles au profit de surfaces plus grandes. Du côté de la SAFER, «sur l’année 2017, on a rétrocédé 989 hectares, dont 40 % d’installation», a indiqué Marie Mongin. Pour lui, «le poids du bâti alourdit les projets d’installation». Autres sujets abordé, le nombre de «rêveurs» aux projets peu réalistes, ou la morosité de certains secteurs. «On parle beaucoup de la motivation et du problème du foncier», résume finalement Michel Amblard, vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime. «Comment articuler les deux ? Je n’ai pas la solution, mais il faut soulever cette question.» Malgré ces inquiétudes sur l’avenir du métier, les partenaires ont tous signé la convention 2018-2020.

 

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