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Une "Maison de la truffe" germe en Charente

Le syndicat des trufficulteurs de Charente voudrait créer une Maison de la truffe dans la ferme des Bouchauds à Rouillac. La communauté de communes de Rouillac est partante et voudrait l’englober dans un pôle touristique. Reste à trouver les financements du projet et là, c’est une autre histoire.

Régis Mesnier, trufficulteur de Saint-Cybardeaux, hygromètre à la main.
Régis Mesnier, trufficulteur de Saint-Cybardeaux, hygromètre à la main.
© Fabienne Lebon

La viticulture cognaçaise a trouvé son pendant agricole, la trufficulture. C’est tout du moins ce que pense Régis Mesnier, président du syndicat des trufficulteurs de Charente. « La trufficulteur charentaise, dont les travaux se marient bien avec ceux de la vigne, s’est beaucoup développée ces dernières années. J’en veux pour preuve les 1 000 hectares plantés ces 10 dernières années. Ce développement, on le doit à la Chambre d’agriculture, qui a dédié une technicienne, Sandrine Fizzala, à cette production. Mais aussi à la renommée du marché aux truffes de Jarnac, créé en 2004 et repertorié sur le plan national par FranceAgriMer ». Pour Régis Mesnier, cela fait beaucoup de bons points pour la production charentaise, pratiquée par 250 adhérents du syndicat sur 800 hectares. Reste, pour lui, à transformer l’essai et faire de cette diversification, une vraie filière économique. « Toutes les régions où la trufficulture est pratiquée ont un musée. Mais ce n’est pas ce qu’on voulait faire. Notre ambition, depuis que cette réflexion est née dans le syndicat il y a deux ans, c’est bien de construitre une filière agricole à part entière : de la production, à la commercialisation, en passant par la transformation et la conservation ». Sauf que ce pôle économique de la truffe, qui suppose des locaux comprenant un atelier de transformation, une boutique de vente, un parking, en plus d’un terrain d’expérimentation, a besoin d’un lieu capable de l’accueillir. « A Jarnac, ce n’est pas possible : le marché de la truffe se trouve en plein centre-ville et on ne peut y accoller une parcelle pour mener des essais ou des installations techniques et commerciales supplémentaires ». Parmi tous les partenaires rencontrés pour présenter le projet (Pays Ouest-Charente, Département...), la communauté de communes du Rouillacais y a vu une jolie complémentarité avec les associations déjà présentes sur la ferme des Bouchauds (centre d’interprétation gallo-romain, office de tourisme et Maisons paysannes). « Ce projet me semble intéressant dans la mesure où il complète la ferme des Bouchauds en en faisant un pôle associant terre et histoire. Voilà qui correspond bien à notre territoire, explique Christian Vignaud, le président de la communauté de communes du Rouillacais. Cerise sur le gâteau : le projet intéresserait aussi « deux gros pépiniéristes », dévoile Christian Vignaud sans en dire plus.



Réhabilitation de la ferme des Bouchauds


Mais si le projet est ambitieux, il est aussi coûteux, car « il suppose d’achever la réhabilitation de la ferme des Bouchauds » reprend Christian Vignaud, sans donner de chiffres sur les coûts de rénovation.

Autre grain de sable en perspective, la Charente-Maritime concocterait de son côté un projet similaire dans les cantons voisins. « Il faudrait faire vite maintenant pour activer le projet et ne pas se faire doubler sur la ligne d’arrivée » insiste Régis Mesnier. Pour cela, il propose de réunir toutes les collectivités partenaires pour définir « un chef de projet ». Au hasard (!), il verrait bien le Département s’emparer de ce projet économique. Soulignant au passage que François Bonneau, l’actuel président du Conseil départemental, est d’abord un élu du « cru ». Mais c’est oublier que le patron de l’institution départementale vient aussi d’annoncer un vent de rigueur budgétaire…

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