Un robot adopté par les chèvres... et les éleveurs !
Romain Delaunay et Benjamin Peronnaud, éleveurs caprins à Juignac, ont fait l'acquisition il y a deux ans et demi d'un robot d'alimentation. Un véritable allié pour gagner du temps et de la production sur la ferme.
Les chèvres le reconnaissent et l'attendent. L'éleveur le surveille du coin de l'œil. Mais il n'a pas vraiment de doute quant à son fonctionnement. Il lui arrive même de ne pas y penser. "Le robot, il nous fait gagner du temps. Il fait tout tout seul. Ou presque", décrit Romain Delaunay, éleveur caprin à Juignac, en Sud Charente. Le jeune homme de 39 ans, installé avec ses parents depuis 2010, s'est associé avec Benjamin Peronnaud, 32 ans, qui a repris les parts parentales de l'exploitation en 2023. Les deux associés comptent en moyenne sur l'année 330 chèvres, de race alpine. "On fait beaucoup d'inséminations artificielles, à peu près 60 %. On sélectionne beaucoup". Ils cultivent près de 120 hectares, en maïs, blé, tournesol, luzerne, ray gras, foin de prairie. "Nous sommes à peu près autonomes en fourrage en nous arrangeant avec les voisins. On garde du maïs en autoconsommation et la paille, sinon on vend tout". 100 % du lait part en laiterie, chez Terra Lacta. "Cela dépend des années, mais on tourne aux environs de 1 100 kg de lait par chèvre par an".
Investissement évident. Avec l'arrivée de Benjamin en 2023, l'acquisition d'un robot d'alimentation s'est avérée une évidence. "Avoir un salarié, fiable et efficace, ce n'est pas toujours simple. Le robot permet de gagner en temps et aussi en production. On peut être aux champs, ou occuper à une autre tâche, sans se soucier de donner à manger". Bien sûr, pour accueillir ce nouveau système, il a fallu réaliser les aménagements : un local abrité pour les fourrages et autres compléments alimentaires, installer une base où vient se raccorder électriquement le robot et où il fera son remplissage, couler les bétons de circulation de la machine, implanter au sol des plaques qu'elle va suivre, poser des portes automatiques, etc. "Au total, cela nous a coûté 250 000 euros TTC. Nous avons bénéficié de 30 000 euros grâce au PCAE de la Région, détaille Romain Delaunay. Mais cela vaut le coup !".
La mise en route a eu lieu en octobre 2023. "Avant de démarrer, il faut apprendre à programmer les dosages. Le support Lely nous a aidés dans cette étape, notamment avec le concours d'un technicien nutritionniste". Le sol de l'espace de stockage de foin est quadrillé par des lignes rouges, identifiées par le grappin qui vient chercher le dosage programmé de luzerne, ray gras. "Depuis le bureau à côté, sur ordinateur, tout le mélange est paramétré. Le robot ajoute les concentrés, les compléments alimentaires, la mélasse, l'eau". En quelques minutes, il a préparé la ration. Il glisse ensuite doucement et silencieusement vers la chèvrerie pour distribuer l'alimentation. "Il est équipé de différents capteurs. En cas de choc, il s'arrête. Dans la chèvrerie, il suit les barrières à la distance que l'on veut". Bien habituées, les chèvres trépignent en le voyant arriver. Ils passent le long de l'enclos délivrer l'aliment. "Si ça coule trop vite, il accélère. Sinon il ralentit. Une fois qu'il a donné à manger, il repasse pour pousser le foin". L'éleveur déplore quelques pannes, jamais bien longues, grâce à un service assistance réactif.
Agrandissement. En aucun cas, Romain Delaunay ne reviendrait en arrière. Au contraire, avec son associé, "nous sommes en train de construire un prolongement de la chèvrerie pour doubler notre troupeau en fin d'année".
Les travaux comprennent également une nouvelle salle de traite (roto de 66 places) et une nouvelle laiterie. Le robot sera évidemment un atout clé du projet. "Le prix du lait de chèvre est correct. C'est le moment de voir plus loin !"